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Abécédaire de l'Espagne Atlantique

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1 juin 2016

Z comme Zoo

Bien qu’à proprement parlé nous n’avons pas visité de zoo, nous avons quand même pu apercevoir quelques animaux au sein de cette Espagne Atlantique.
Les cigognes nous ont accompagnés tout au long du voyage, nichées un peu partout, sur les toits, les poteaux, les cheminées.

 

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Avec elles, quelques rapaces, aigles ou vautours, ou plus humbles volatiles, ont déployé leurs ailes au-dessus de nos têtes.

 

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Des carcasses d’écrevisses gisaient dans l’endroit le plus improbable du monde, au beau milieu de ce désert saisissant des Bardenas Reales. Au cœur de l’Aude, au camping du Bout du Monde, nous en retrouverons dans nos assiettes mais aussi, bien vivants, dans le ruisseau qui coule juste en-dessous du camping.

 

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Au musée de la préhistoire de la Teverga, des bisons et des chevaux de Prjevalski, animaux que côtoyaient nos ancêtres, font l’objet d’un programme de réintroduction.

 

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Juste à côté, à la Senda del Oso, un parc naturel sert de refuge à des ours cantabriques qui viennent se nourrir à heures régulières auprès de leurs gardiens. Déception pour les gosses, lors de notre passage pluvieux, ils n’étaient pas au rendez-vous.


Sur le plancher des vaches, il est toujours agréable de les observer – les vaches – paître au bord de l’océan ou sur les hauteurs des Picos.

 

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Au sein des montagnes, les chèvres, peu farouches, viennent quémander un peu de nourriture auprès des randonneurs. Et quand on leur donne un peu de sel dans le creux de la main, leur trop plein d’enthousiasme fait marrer les gamins.

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Inutile de revenir sur les troupeaux de chevaux en liberté qui peuplent les sierras et ont alimenté la passion de Louna.

 

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Autour de l’Océan – et dedans – nous avons pu observer des goélands à foison, des cormorans huppés notamment dans la réserve des Iles Cies.

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Si nous n’avons pu avoir la chance de voir de gros mammifères marins, l’un d’entre eux s’est quand même retrouvé par hasard sur l’une de mes photos.

 

 

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Petits poissons genre gobies, mini crevettes, mollusques, coquillages, crabes, se retrouvent forcément partout sur la côte. On n’oublie pas le Roi du genre, le fameux poulpe qui a terminé dans nos assiettes de campeurs.

 

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Sur la plage des cathédrales, les rochers sont colonisés par les Percebes, les pouces-pieds dont les espagnols raffolent malgré son aspect étrange et un peu extraterrestre.

 

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1 juin 2016

Y comme Yourte

Après plus d’un mois de vadrouille dépaysante, et pour clore en beauté ce périple, nous avons rallongé un peu nos congés avec nos amis qui avaient loué une yourte dans un camping bien nommé : le Bout du monde. Deux dernières journées de farniente dans un camping aussi immense que tranquille. Ces deux belles journées nous ont permis de continuer un peu le voyage, de ralentir encore un peu plus le retour à la routine du quotidien. Les animaux de la ferme, les chevaux, le petit lac pour la pêche, un ruisseau à écrevisses, deux piscines, c’est tout ce qu’il fallait pour se reposer… des vacances. Avec pour décor les belles yourtes colorées, on avait même cette impression fugace que le temps s’était enfin arrêté, quelque part, entre ce Bout du Monde et la maison.

 

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1 juin 2016

X comme Xunta

Nous l’avons vu plus haut, le régionalisme en Espagne est fortement implanté. Il se traduit aussi dans l’administration par la présence de Communautés Autonomes. Nous sommes bien loin d’un centralisme à la française. Ces communautés, dont La Xunta de Galice, dispose de leur propre gouvernement avec un conseil exécutif et une assemblée législative. Symbole de ces autonomies, les langues locales sont officiellement reconnues comme des langues nationales du Royaume. Petit à petit le transfert des pouvoirs du gouvernement central se met en place, l’Espagne a ainsi un temps d’avance en ce qui concerne l’autonomie de ses régions. Ou faudrait-il parler de ses « nations » tant la frontière entre les deux peut paraitre floue ? Le débat alimente toujours les joutes politiques et le sentiment régional est plus vivace que jamais.

 

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31 mai 2016

V comme Vélo

Jamais sans mon bike, telle pourrait être ma devise en voyage. Sauf que cette année, j’ai innové, j’en ai embarqué deux, route et VTT. Alors, j’ai un peu alterné les sorties. Avec le père, nous avons fait un petit tour dans le désert des Bardenas, 15km assez facile mais de toute beauté dans ce décor féerique. Un véritable petit paradis pour explorer à vélo.

 

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Sur la côte Cantabre et Asturienne, une trentaine de kilomètre de balade côtière, sur de larges chemins à partager avec les pèlerins de St-Jacques, dégageant des vues magnifiques sur les falaises, naviguant au creux des landes ou de forêts d’eucalyptus, remontant le long de lignes de crêtes au-dessus de Llanes.

 

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J’ai enfourché le vélo de route d’Oyambre jusqu’à Santillana del Mar, sur la route en corniche. Une montagne russe qui coupe les pattes, fait jouer du dérailleur et permet rarement de prendre son rythme de croisière. Pour revenir au camping, il a fallu grimper à plus de 300m par-dessus les collines du côté de Cabezon de la Sal où je me suis fait humilier à la pédale par un gars en VTT.


Un aller-retour à Sotres dans les Picos. Une montée de 15km en deux paliers pour atteindre ce magnifique village à plus de 100m d’altitude, ceint par les sommets calcaires de ce beau massif. Une première partie raide, avec des passages à plus de 12%, puis une partie roulante, à flanc de coteau, dans un paysage minéral enchanteur. Enfin, un dernier raidard pour atteindre le village, un kilomètre où la pente avoisinent les 20%. Quelques semaines plus tard, Sotres sera l’arrivée d’une étape de la Vuelta, Comillas-Sotres dominée par « Purito » Rodriguez.

 

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Autre sortie en montagne, du côté de la Luna avec montée au Puerto Ventana à presque 1 600m. Une belle route de montagne, régulière et assez roulante, un vrai plaisir même si le temps était brumeux. En tout cas, avec ses belles routes, la région de la Luna est toute indiquée pour rouler, sans compter les nombreux chemins qui semblent idéaux pour le VTT.

 

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Changement de décor dans le Canon du Sil. Je remplace le route par le VTT. Il existe des boucles tracées, mais je trouve le moyen de me fourvoyer dans un premier temps. Je visite un fabuleux monastère perdue dans les forêts de châtaigniers, mais le sentier que j’emprunte ensuite sur 5 km ne permet guère de rouler. Et même si le fait de surplomber le Sil permet d’avoir des points de vue intéressants, je suis obligé de pousser le vélo et ça m’agace. Ensuite, je trouve un circuit balisé VTT et je peux enfin faire du vélo. Je tournicote autour de Parada del Sil. Les chemins sont superbes, ils s’enfoncent dans ces forêts qui ont un je ne sais quoi de magique avec ces châtaigniers noueux et massifs, certaines portions pavées semblent surgir de l’époque médiévale. Et puis, de temps en temps je tombe sur un panorama au-dessus de ses gorges fantastiques où les terrasses de vignes alimentent le paysage. Sublime.

 

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Nous voici sur la côte sud de Galice, vers Baiona. Juste devant le camping un grand panneau vante les mérites de la Ruta Magica de Oia. Un itinéraire cycliste sur chemin d’une vingtaine de kilomètres. Impossible de ne pas le tenter. Bien m’en a pris, voilà une balade qui combine beauté naturelle et curiosité culturelle. Si la première partie est surtout une approche le long de la côte, le chemin bien balisé épouse ensuite le relief de la montagne et ménage des vues superbes sur l’océan. Il est ponctué tout du long par les sites de pétroglyphes, ces signes ou dessins inscrits dans la pierre par les Celtes. Vers la fin du parcours, il est même possible de piquer une petite tête dans un pittoresque et minuscule lac de rivière alimenté par une cascade. Bucolique à souhait. 

 

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Un peu plus au nord, toujours en Galice, toujours sur la côte, me revoilà sur la route pour un tour envisagé en bord de mer puis un retour par les collines. C’était sans compter sur le vent qui m’a littéralement collé au bitume pendant 30 km. C’était sans compter surtout sur la montée du Mirador de Ezaro. Quand je suis arrivé au pied…du mur, j’ai compris. Des petits panneaux indiquent des pourcentages à 30% et d’autres signalent, en passant, le résultat d’une arrivée d’étape de la Vuelta en 2012 avec encore Purito devant Contador et Valverde. Alors, j’ai sagement décidé de refaire la route dans l’autre sens ; avec le vent dans le dos, tout est allé beaucoup plus vite. Après avoir bouclé mes 70 bornes, j’ai été surpris en jetant un œil à l’altimètre, 650m de dénivelé, sans avoir eu l’impression de faire une bosse, c’est loin d’être une sortie « facile ».

 

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Cette fois je monte mon VTT pour longer la même côte, mais en altitude, sur un chemin roulant et facile en balcon sur la plage de Carnota. Quelques rencontres avec des pétroglyphes celtes disséminés dans les forêts d’eucalyptus et une vue stupéfiante sur les sept kilomètres de cette baie en forme parfaite de coquille Saint-Jacques. Je termine par une petite boucle sur les sentiers du Monte Pindo, le mont sacré des Celtes. Superbe terrain de jeu avec ses rochers granitiques aux formes étranges et spectaculaires. Je rentre par un sentier côtier, pas très roulant, mais qui me permet d’observer les chalutiers qui pêchent le poulpe aux casiers. Ce seront mes derniers tours de roues sur le sol espagnol.

 

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31 mai 2016

U comme UNESCO

Plusieurs sites de cette région septentrionale sont inscrits au Patrimoine Mondial de l’Humanité.

En Cantabrie, Altamira et l’art rupestre paléolithique de la région. En Asturies, les monuments d’Oviedo et du royaume des Asturies, notamment les églises préromanes. En Galice, la vieille ville de Saint-Jacques de Compostelle est entièrement sanctuarisée par l’Unesco. La tour d’Hercule à La Corogne et les remparts romains ceinturant Lugo également – nous ne nous y sommes pas passés, malheureusement. Le Chemin de Saint Jacques, dans la totalité de ses quatre itinéraires est intégré également dans cette liste. Dernier site de la région, Las Médulas, les carrières d’or romaines font également partie de cette prestigieuse sélection.

 

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31 mai 2016

T comme Trottinettes

The trouvaille des vacances. Si vous avez des enfants, vous avez sans doute tous subi, à un moment ou à un autre, l’enthousiasme de ces petites terreurs pour les balades citadines, surtout quand il a été établit, par contrat signé, qu’il n’y aurait aucun achat de jouet/ballon de baudruche/souvenir/carte postale/glace/bonbon/livre/tour de manège. Eh bien, une trottinette ça vous change la vie. La balade devient une aventure, la corvée un amusement. Alors qu’il faut les traîner habituellement, avec leurs petits engins, c’est eux qui entraînent : on passe par où, on va où, on prend à droite, par ici, dans la descente…

 

Alors bien sûr, il s’agit de faire attention à la circulation, surtout avec Ivann, pour qui le danger potentiel d’un bus est aussi terrifiant qu’une bataille entre deux playmobils. Mais les villes espagnoles, du moins celles que nous avons visitées cet été, ont l’énorme avantage de pouvoir se parcourir dans des ruelles piétonnes…ou presque. Alors, le danger principal, il l’est surtout pour les gens que nous croisons. Heureusement, encore une fois, nous avons quand même été un peu en décalage avec la vie ibérique. Nous avons plutôt passé notre temps urbain à l’heure de la sieste, quand la foule dense et compacte n’est pas encore sortie prendre son premier verre. Seul bémol concernant les trottis, pour les visites d’églises ou de musées, pour boire un verre, faire une course dans un magasin ou prendre un transport en commun, elles peuvent être un peu encombrantes. Mais c’est un bien maigre problème par rapport à tous les avantages qu’elles apportent. Vive les trottinettes !

 

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26 mai 2016

S comme Sil (Canon do)

Le Sil est une rivière de Galice qui prend sa source dans les monts Cantabriques et vient mêler ses eaux au Minho, le fleuve frontière entre L’Espagne et le Portugal. Le Sil est surtout connu pour ses gorges et ce qu’on appelle la Ribeira Sacra, parce que se sont établis sur ces berges reculées de très nombreux ecclésiastiques. Les églises, ermitages, couvents et monastères ponctuent le paysage. Cette partie du voyage en mériterait un à part entière. Suivre le Sil est un enchantement. C’est le genre de paysage où tout semble en harmonie, où chaque chose semble à sa place. Pour tenter d’expliquer un peu ce paysage, il faut imaginer deux plateaux vallonnés séparés par une énorme entaille creusée par le Sil. Cette entaille c’est le Canon do Sil, pouvant atteindre 500m de dénivelé.

 

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Sur les plateaux, les forêts de châtaigniers – immenses, profondes, ancestrales – séparent de rares villages conservés dans leur jus. Pierres de tailles, toits de lauzes, maisons basses parfois chaulées et des petites églises qui semblent venues de la nuit des temps. Parfois un monastère, comme celui de Santa Cristina de Ribas de Sil, juste au-dessous du camping, offre aux visiteurs une ambiance tout à fait magique. Noyé sous la frondaison de châtaigniers séculaires aux troncs noueux et aux branches immenses, on croirait qu’il va surgir lutins, elfes, gobelins et autres farfadets de son cloître roman. Surtout quand on le visite seul, juste accompagné de son vélo.

 

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Dans la forêt les chemins empierrés, les murs de soutènements, les enclos de pierre et la rencontre avec quelques ruines de vieux hameaux laissent entrevoir cette vie médiévale aujourd’hui disparue mais qui nous a légué les indices pour la comprendre.

 

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Sur les pentes inclinées qui plongent vers le filet d’eau, les hommes ont terrassé le relief pour y planter de la vigne. C’est ainsi que le travail démesuré de ces stakhanovistes se marie parfaitement avec la beauté naturelle du site. Sur les versants ensoleillés, les terrasses descendent en cascades, parfois jusqu’à toucher l’eau.

 

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Les villages s’agrippent au sommet de ces falaises, surgissant sur des éperons, à l’instar de Castro Caldelas, merveilleux condensé du village Galicien. Depuis le haut du Sil et jusqu’à l’embouchure du Mino, les rives du fleuve et de son affluent sont un camaïeu de vignes. Le lit du  Rio Mino, d’Ourense jusqu’à l’océan, serpente en de larges coudes bordés par les sarments. Il ne va pas sans rappeler son cousin portugais, le Douro, où l’on concocte le Porto. Ici, l’appellation est la Ribeira Sacra ou le Ribeiro, parmi les plus réputés des vins galiciens. Tout au long de la route qui file vers Ourense, on peut admirer les panoramas de nombreux miradors, tous plus spectaculaires les uns que les autres. Autour de l’un d’eux, s’est établit un camping où nous passons deux nuits. La féerie est au rendez-vous du coucher de soleil, quand il disparaît derrière la ligne de crête, éteignant lentement les feux qu’il a fait naître sur les pentes abruptes du Sil. Un light show naturel qui a sans doute inspiré des générations de croyants à travers les âges, blottis dans cet éden de silence et de solitude.

 

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26 mai 2016

S comme San Vicente de la Barquera

Situé à une vingtaine de kilomètres de Santillana, San Vicente est son exact opposé. Voilà un village qui a conservé son âme, qui ne se réduit pas à une galerie de belles demeures envahies par des marchands de souvenirs. Le site est déjà un enchantement en soit. Les maisons s’agglutinent sur un coteau qui descend dans une ria, sorte de bayou qui s’assèche à marée basse en levant des voiles de brumes. On dirait que le village tourne le dos à la haute mer et regarde les Picos qui surgissent à l’horizon.

Pour l’atteindre, il faut traverser la Ria sur un long pont à arches. Mais nous ne y trompons pas, les chalutiers colorés et amarrés au port font bien de San Vicente une ville de l’Atlantique. Au sommet du village, une église fortifiée, telle un phare, domine les toits et tout le paysage. Un château lui fait face. Les rues pavées et en pente, bordées de vieilles demeures, et quelques vestiges des anciennes murailles finissent par planter le décor médiéval de la ville.

Autour, les champs verts où paissent quelques vaches viennent mourir sur la grève. De l’autre côté de la Ria, s’étalent de longues plages de sable qui rejoignent le parc d’Oyambre. A San Vicente, on a l’impression de trouver une authenticité qui fait défaut à Santillana. 

 

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26 mai 2016

S comme Santillana del Mar

Trompeuse Santillana. D’abord elle n’est pas sur la mer, certes, celle-ci n’est pas très loin, mais le village de Santillana se trouve sur une petite colline. Ensuite, Santillana, qui de loin semble figée dans son décor médiéval est le site le plus touristique de la côte Cantabre. L’un étant sans doute la conséquence de l’autre. Alors, oui, à Santillana, les pas de porte sont des magasins de porcelaine où les touristes éléphantesques sont à deux doigts de tout casser ; histoire de ramener ce fameux souvenir qui restera sur la cheminée pendant quelques mois. Oui, il y a plus de monde dans les ruelles pavées de Santillana aujourd’hui qu’il n’y en a jamais eu, même à l’époque de son apogée.

Santillana est l’un de ces villages-musée médiévaux dont on se demande s’il est tout à fait réel, ou si ce n’est pas un pastiche qu’un mégalomane plein aux as a voulu ériger pour exhiber au monde sa grandeur. Et pourtant, et bien que je ne sois pas friand de ces lieux surfaits, et peut-être parce que j’y suis arrivé sur deux roues, avec cuissard et chaussures à cales, je n’ai pas pu m’empêcher de me dire : c’est quand même beau !

Peut-être ne faut-il voir Santillana qu’au-dessus du rez-de-chaussée, là ou fenêtres, blasons, balcons de bois, ornements et tuiles rouges ne sont pas (encore) colonisés par le commerce du tourisme.

 

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25 mai 2016

S comme Santiago de Compostela

En réalité, nous ne pouvons même pas dire que nous ayons vraiment visité St Jacques, nous y sommes passés. Tout au plus, pouvons-nous dire que nous nous sommes promenés dans cette ville comme parfois il nous arrive de faire une visite de courtoisie à un ami, juste quelques minutes sur le pas de sa porte pour prendre les dernières nouvelles et fixer un rendez-vous pour une bouffe. Nous n’avions même pas prévu de venir la voir ; mais nous étions si proche, et nous avions tellement vu son nom affiché partout comme un graal, que nous avons voulu voir qui elle était. Ville de pèlerinage envahie par les hordes de chercheurs de sens – à tout point de vue – Saint Jacques pourraient être une ville martyr de son succès, une espèce de Lourdes en béton. Mais non. La ville est belle. Véritablement belle. Chaque ruelle, chaque bâtiment, chaque place dégage un charme historique venu du fond des temps. La pierre a une âme. Alors peu importe la foule, Santiago reste toute à découvrir, et bien que nous ayons passé que quelques heures, sa magie opère.

 

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Pas forcément dans ca cathédrale d’ailleurs, prise d’assaut par la foule qui se presse pour embrasser le buste de St Jacques, point final officiel du pèlerinage. Tout se terminerait donc par un baiser ? Le Botafumeiro, le célèbre encensoir géant de 62kg, reste suspendu au-dessus des travées, nous n’aurons pas la chance de le voir voltiger, notre présence n’étant sans doute pas une grande occasion à célébrer. Non, sa magie opère dans ce joyeux tumulte qui mélange ces touristes particuliers, ces habitants indifférents à toute cette agitation, cette jeunesse souriante qui croise des retraités sportifs, ce sacré présent partout qui côtoie les bars à tapas et les promesses de soirées profanes et lubriques, et tout ce tourbillon vole sous les yeux attentifs de murs ancestraux qui ont vu défiler les saints et les diables depuis des lustres.

 

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24 mai 2016

R comme Ruta del Cares

Incontournable randonnée quand on vient visiter les Picos, la Ruta del Cares est un sentier spectaculaire qui longe une gorge étroite et encaissée au cœur du massif calcaire. Entre Cain (en amont) et Poncebos (en aval), la rivière du Cares a creusé un véritable sillon dans les entrailles de la montagne, mais elle n’est pas la seule. Les hommes ont creusé en surplomb du cours d’eau, un canal destiné à alimenter une centrale hydroélectrique. Un sentier affecté à son entretien lui a été adjoint, devenant aujourd’hui une des randonnées les plus prisées d’Espagne. Et pour cause, le long de ces douze kilomètres (3 h de marche) on navigue sur un sentier vertigineux taillé dans la roche, outrepassant quelques tunnels, des précipices et des ponts qui enjambent la rivière. Malgré la faible altitude, de 250m à 550m, le décor est tout à fait montagnard. Les pics qui culminent 2 000m au-dessus du sentier vous écrasent de toute leurs masses et il n’y a que quelques arbres tourmentés qui s’agrippent à ces parois vertigineuses où tournoient quelques rapaces. Bien que le sentier soit large et ne présente pas de grande difficulté, il faut tout de même rester vigilant, surtout avec les enfants. Aucun garde-corps ou barrière ne vient sécuriser le sentier, et la moindre faute peut-être fatale. 
Les douze kilomètres (le double pour l’aller/retour) étant un peu trop long pour les envisager avec les mômes, nous avons pris la voiture pour Cain, soit 100km…  Le petit village isolé de Cain, dans son écrin de montagne est superbe avec ses maisons de pierres et sa rivière cristalline qui s’écoule à leurs pieds. Surtout que nous avons la chance d’avoir un ciel bleu d’une pureté absolue. Le sentier débute au niveau de la rivière, puis longe le canal tandis que l’eau vive s’écoule en contrebas, creusant toujours un peu plus son lit dans le calcaire. Nous avons à peu près parcouru la moitié du chemin, la plus spectaculaire de la balade. Pour les enfants c’était bien suffisant, et pour nous aussi, car la surveillance ne doit jamais être relâchée sur ce chemin du vertige emprunté par des milliers de personnes chaque année. 

 

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24 mai 2016

Q comme Queso de Cabrales

Originaire des Picos de Europa, le Queso de Cabrales est un fromage à pâte persillée, qu’on élabore à partir d’un trio de lait : vache, brebis, chèvre. Sa maturation se fait dans des grottes naturelles. Il est assez proche du Roquefort. Pour les palais les plus délicats, il vaut mieux s’abstenir. C’est sans aucun doute, l’un des fromages les plus puissants qu’il m’ait été donné de goûter. Une petite noix en bouche, et son arôme semble s’incruster jusqu’au fond de la gorge pour l’éternité. Pas l’idéal si vous voulez embrasser votre amour à la fin du repas.

Le Cabrales est un fromage d’hommes, si vous me permettez cette expression un tantinet misogyne. Les espagnols diraient un fromage qui a des Cojones, ce qui est plus viril. Si vous passez dans les parages des Picos, tentez l’expérience, car ça en est une. Pour sûr, c’est un fromage économique, car il faut un peu de courage pour avaler une belle tranche. Cela dit, si vous ne voulez pas regretter d’avoir tenté le diable, vous pouvez toujours l’essayer dans une version plus adoucie et non moins agréable. On agrémente fréquemment une bonne pièce de viande – souvent du bœuf, ou mieux encore, une belle truite sauvage avec une crème au Cabrales, et la douceur de la crème et le piquant du Queso se marient à merveille.

 

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Source: Externe
Les photos ne sont pas les miennes

 

20 mai 2016

P comme Préhistoire

Voilà quelques siècles déjà que la côte atlantique espagnole est habitée. Il faut remonter au paléolithique pour trouver les premières traces de civilisations, et quelles traces.  Tout le long de la côte, plusieurs grottes abritent en effet des peintures préhistoriques de tout premier ordre. Un peu partout, dans ce relief karstique, nos ancêtres se sont implantés et ont laissé des indices sur leur style de vie. Le site le plus  fameux se trouve à quelques hectomètres de Santillana del Mar, c’est la grotte d’Altamira. On la nomme pompeusement, la chapelle Sixtine de l’art rupestre, surtout pour sa salle polychrome des bisons. Aujourd’hui, c’est une reconstitution qui permet de visiter ce témoignage légué par nos ascendants, et la queue est longue pour accéder au site. Pas très loin de là, un peu plus isolées au cœur du massif cantabrique, on trouve les grottes du Monte Castillo. Elles aussi renferment des œuvres préhistoriques, et si elles n’ont pas la magnificence de celles d’Altamira, elles ont l’avantage indéniable d’être les originales. Sans compter qu’elles sont moins courues. C’est donc elles que nous avons choisies de visiter en groupe. Au sein de ce Monte, il y a quatre grottes distinctes, deux seules se visitent. Dans un premier temps, nous avons parcouru celle de la Monedas aux spectaculaires concrétions calcaires. Une belle visite grâce à un guide intéressant qui prenait le temps de nous parler lentement afin de bien nous expliquer les techniques et les représentations. Bisons, chevaux, aurochs, cerfs semblent soudain se remettre à vivre… Après une pause déjeuner – à 15h – nous sommes revenus pour visiter la grotte de Castillo, le clou du complexe, notamment avec ses innombrables mains en négatif et positif, et des symboles géométriques qu’aucun savant n’a encore réussi à décrypter. La grotte est occupée depuis 150000 ans, et on trouve ici les plus vieilles peintures rupestres du monde (40 000 ans).  La grotte – et ses œuvres -  est en effet un résumé de l’art préhistorique, balayant toutes les techniques et les représentations connues à ce jour. En l’état actuel des recherches, 2 900 dessins ornent les grottes du monte Castillo. 

 

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Plus tard, alors que nous n’étions plus que nous quatre, nous sommes allés visiter le Parc la Préhistoire de la Teverga en Asturies. Le concept est simple. Le musée reproduit trois grottes comme si vous y étiez : la Tito Bustillo et la Pena de Candamo, situées en Asturies, et le salon noir de la grotte de Niaux en France. La suite de la visite vous fait découvrir les œuvres majeures de l’art rupestre. Des peintures de la grotte Chauvet en passant par les célèbres bisons d’Altamira – que nous avons donc pu découvrir ici. La muséographie est soignée, très explicative et on  découvre au fil des tableaux la variété de cet art ainsi que ses innombrables points communs ; même si parfois des milliers de kilomètres séparent une peinture d’une autre.
L’art rupestre est sans doute loin d’avoir dévoilé tous ses secrets. Altamira a été découverte fin XIX°s, Castillo en 1903 ; et sa voisine située à 500 m, la Monedas 50 années plus tard. Et que dire de la grotte Chauvet, découverte en 1994. Combien de trésors sont encore enfermés dans les entrailles de la terre ?

 

 

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On peut légitimement intégrer dans un voyage préhistorique en Espagne Atlantique, les vestiges de la civilisation celte, comme nous l’avons déjà vu. Certes, les hommes sont sortis des grottes, ils sont regroupés en communautés villageoises autour des castros, ces villages fortifiés qu’on retrouve un peu partout et notamment en Galice mais les pétroglyphes, ces dessins représentants animaux ou motifs géométriques gravés dans la pierre ne sont pas sans rappeler ce lien artistique qui unit les hommes entre les générations, fussent-elles aussi lointaines.

 

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Bien avant les hommes, et d’autres espèces, la côte atlantique était le théâtre d’un joyeux bestiaire. En Asturies, autour de Villaviciosa, on recense des dizaines de sites où l’on peut découvrir – souvent à marée basse – les empreintes laissées par les dinosaures peuplant ces contrées il y a de ça quelques millions d’années. Il y a même le MUJA, (Museo del Jurasico de Asturias) sur les hauteurs de Colunga, un véritable petit Jurassic Park. Vous imaginez bien qu’avec Ivann, qui rêve de devenir paléontologue, chasseur de dinosaures, ou créateur d’une nouveau Jurassic World voire de tourner le N° 5 de la saga hollywoodienne, le détour dans le coin était obligatoire – et a servi souvent de carotte.
Sur la Route des Dinosaures, nous avons fait une halte sur une plage où nous avons pu retrouver les traces de ces gros mastodontes. Si Ivann et sa sœur, sont bien rentrés dans le trip explorateur, leur cousine Emma, elle, n’a pas du tout eu la même analyse du site : nul, a-t-elle écrit sur son carnet de voyage. Il est vrai que les quelques empreintes ne sont pas toutes facilement discernables, il faut un peu d’imagination pour se laisser emporter,  il n’empêche, c’est assez troublant de s’imaginer une de ces braves petites bêtes se balader dans le coin et venir brouter les feuilles tendres des eucalyptus. 

 

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Quant au musée, il a bien plus joué son rôle. Les représentations en carton-pâte qui attendent les gosses – et les grands – à l’entrée du parc,  ont tout de suite mit nos loustics dans l’ambiance. Et cette fois, même Emma s’est prise au jeu. Ivann a vécu un rêve éveillé en se promenant de salles en salles, repérant les fossiles, squelettes et autres reproductions de son bestiaire préféré. Il faut dire qu’il en connaît tout de même un rayon à force d’approfondir sa « spécialité » comme il se plaît à dire. Pas certain toutefois qu’il ait véritablement saisi le sens de ce T.rex qui grimpe sur sa dulcinée…

 

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20 mai 2016

P comme Poulpe

Venir jusqu’en Galice sans manger du poulpe, c’est un peu comme aller en Italie sans manger des pâtes. C’est un peu plus qu’un mets, c’est un passage obligé, une expérience presque sacrée. On a déjà vu comment il se prépare en Galice. Pour rappel, on le sert la plupart du temps à « feira », c'est-à-dire cuit à gros bouillon dans un gros chaudron de cuivre. Une fois à point, on le découpe, souvent avec une paire de ciseaux, on le saupoudre de paprika (un peu), de gros sel (beaucoup) et d’une lichette d’huile d’olive. On le sert sur une petite assiette en bois. Une fois en bouche, il fond comme du beurre. Cuire le poulpe c’est tout un art et pour rester dans une métaphore religieuse, un sacerdoce. C’est un savoir-faire qui se transmet. Je ne suis pas certain que cela puisse s’acquérir d’ailleurs, il doit y avoir une substance innée, quelque chose d’atavique, en tout cas d’inscrit dans le patrimoine génétique des gens du coin.

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Je peux vous en parler, car figurez-vous que j’ai pêché un poulpe. Un vivant. Nous étions encore tous ensemble au début du voyage, sur la plage de Oyambre en Cantabrie. Pendant que les gosses ( et Thomas) s’amusaient à chopper des mini-crevettes dans les flaques laissées par la marée, j’ai vu deux beaux poulpes se pavanaient dans un petit bassin résiduel. J’ai appelé les enfants pour venir voir le spectacle, mais Dorian avait son épuisette, il a voulu y participer. C’est ainsi, qu’après quelques tentatives, nous sommes parvenus à sortir la bête de l’eau. Un beau poulpe ma foi, aux tentacules impressionnantes. Il ne s’agissait que de faire une photo, mais un type a surgit dont on ne sait où et s’emparant de la pieuvre, nous a expressément sommé, en nous montrant comment faire, de le garder pour le bouffer. Je te prends la tête visqueuse, j’enroule comme je peux ses huit longs bras à ventouses en boule et je le tasse dans le petit filet de l’épuisette. Ok ? Si Senor !

 

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Sauf que, va faire comprendre à un poulpe sauvage et vivant, qu’il faut qu’il reste dans l’épuisette bien sagement avant de se faire cuire dans un gros bouillon. La bête n’en a fait qu’à sa tête, et ses bras s’allongent autour des poignées, remontent sur les coudes, s’agrippent aux muscles des bras, et je peux vous dire qu’une ventouse d’un poulpe, c’est du costaud. Alors, il faut décoller le tout, se battre avec les huit branches visqueuses et remettre le tout dans l’épuisette. Epuisant. Je me suis donc retrouvé pendant toute une matinée avec mon nouveau copain le poulpe que je clamais en le laissant tremper dans l’eau.

 

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Mais pas bête la bête, dès que je me sortais de la flotte il se rebellait comme un chef. Insoumis le poulpe. Comme il fallait bien le ramener au camping, et que la plage était longue, j’ai dû me résoudre à lui faire la peau. Eh bien, c’est résistant ces bestioles. Ce n’est même pas le rocher contre lequel je l’ai tapé qui ne est venu à bout, mais le manche de l’épuisette. Un coup juste entre ses deux yeux implorant, et il est devenu tout vert. Je passe sur les détails du nettoyage, peu ragoûtant quand on le fait soi-même. Thomas, pour attendrir les chairs de la bête, a eu l’excellente idée de se servir de boules de pétanques.  Pour être attendri, il a été attendri notre ami. Finalement, tout gros qu’il fût, il a bien fallu rajouter quelques patates pour qu’on ait tous quelque chose à manger.

 

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Plus frais que ça, c’est difficile en tout cas. Cependant, il faut bien l’avouer, même si le plat était plutôt réussit dans cette grande improvisation, cela n’avait rien à voir avec le poulpe galicien préparé par des maîtres en la matière. Moralité, la prochaine fois que j’en croise un, je le laisserai en paix… 

 

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19 mai 2016

P comme Portugal

Peut-on raisonnablement dire « j’ai fait » le Portugal quand on a pénétré dans le pays sur une vingtaine de kilomètres le long de sa côte nord ? Non, bien entendu. Et pourtant, le Rio Minho est bel et bien une frontière, même si, comme partout en Europe les postes de douanes ont disparus. Première dans ma vie de voyageur, nous sommes arrivés dans un nouveau pays à bord d’un bac qui traverse justement ce fleuve côtier.

 

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Alors, bien sûr, le paysage ne se transforme pas du tout au tout, les Eucalyptus tombent toujours sur d’immenses plages de sable qui semblent vouloir tirer tout droit vers le Sud. Mais il y a un je ne sais quoi de différent, sans doute un peu moins de richesse, ou plus de pauvreté suivant le point de vue, en tout cas, un peu moins d’entretien sur le bord des routes, plus de laisser-aller sur le crépi des murs, un quelque chose d’un peu plus foutraque sur les panneaux de signalisation ou publicitaires, des magasins moins bien achalandés etc…
Nous nous sommes arrêtés sur l’une des plages de Ancora sous un ciel plombé. Nous avons garé la voiture dans un grand parking ensablé, où notre plaque française n’était pas isolée. Des rafales de vent semblaient vouloir donner un grand spectacle aux touristes, la mer était furieuse, et les enfants ne se sont baignés que dans un petit lac alimenté par le ressac à marée haute.

 

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Tout autour de nous, en tendant bien l’oreille, et après quelques semaines en immersion avec la langue de Cervantés, nous avons été surpris d’entendre de plus en plus distinctement celle de Molière. Nous avons alors passé une paire d’heure avec la diaspora portugaise de retour au pays pour les vacances. Une sorte d’armée pacifiste qui recolonise la terre d’origine. Et quand je vois sur les panneaux : Braga, Porto, Coimbra, Lisboa ; je me dis qu’il faudra « faire » un jour le Portugal.

 

19 mai 2016

P comme Playa

Si l’Océan appelle des images de falaises, de côtes déchiquetées, d’à pics, de roches et de déferlantes tumultueuses, si ces images ne sont pas que des leurres, il faut également intégrer dans le tableau les innombrables plages qui émaillent toute la côte Atlantique de l’Espagne. Petites criques désertes, larges bancs de sable où les rouleaux déferlent, anses aux contours parfaitement arrondis, sites cachés qui ne se découvrent qu’à marée basse, longs cordons dunaires, curiosités géologiques, plages urbaines qui insèrent la nature dans la ville, lieux dénudés et battus par les vents, secteurs à l’ombre de forêts d’eucalyptus, plages de gros galets roulés par la houle … il y en a pour tous les goûts.

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Chacune exhibant sa particularité, son caractère, sa singularité. En commun, elles partagent leurs intérêts pour le naturel. Elles sont propres, et même quand elles se remplissent de vacanciers, les parasols et autres chaises longues se font rares. Les plages atlantiques sont à mille lieux de leurs semblables méditerranéennes. Ici, c’est le plus souvent la quiétude qui règne, et même sur l’eau, il est exceptionnel de voir yachts, bateaux de croisière, jet skis, pédalos et autres engins navigables même identifiés ; quelques surfs, voire des kites, et un ou deux baigneurs qui défient la température de l’eau.

 

 

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Alors, oui, sans aucun doute, on peut faire de ces régions une destination plage. Des plages à vivre plus qu’à se prélasser. D’ailleurs, les marées viennent souvent vous signaler qu’il est l’heure de bouger, l’immobilisme ne se conjugue pas avec l’Océan.

S’il ne fallait en ressortir qu’une seule, ce serait la Playa de Catedrales, sur la mer Cantabrique. Site extraordinaire qui mérite à lui seul le déplacement. Nous l’avons visité au terme de notre périple espagnol, et les enfants, surexcités par la magie du lieu, ont dit un émouvant « merci papa de nous avoir emmené ici ».   

 

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19 mai 2016

P comme Picos de Europa

Picos, d’accord ! Il est facile de deviner pourquoi on nomme ainsi ce massif montagneux. Mais que vient faire l’Europe dans cette appellation ? Bien, il faut se mettre à la place des anciens navigateurs transatlantiques. Ils passaient quelques longues journées sur l’océan avec pour seul horizon la crête des vagues, et voilà, que surgissaient au loin, des cimes, parfois enneigées. C’était la promesse du retour sur le vieux continent, sur l’Europa. Le retour au bercail.
A moins de 40km (par la route) de l’Océan, ce massif calcaire imposant offre un paysage montagnard de toute beauté et d’une grande variété. Culminant à 2648m à Torre Cerredo, les Picos sont à cheval sur les provinces de Léon au sud et des Asturies et Cantabrie au nord. Cet espace naturel est particulièrement bien préservé, vous ne trouverez aucune station de ski dans le massif. Il faut dire que les Picos se méritent. Une seule route permet d’en faire le tour en voiture, s’incrustant dans le massif le long de cours d’eau qui ont taillé la roche pour en faire de somptueuses gorges, escaladant divers cols de haute montagne : le Puerto de Ponton (1280m), le Puerto de Panderruedas (1450m), le Puerto de Pandetrave (1562m) et le Puerto de San Glorio (1609m). La balade est un peu longue, au moins cinq heures de route, mais elle offre un beau tour d’horizon. Et dire que le massif se traverse en seulement trois heures à pieds, en suivant le majestueux défilé du Cares. Toujours est-il, que cette escapade à quatre roues, permet d’observer les différentes facettes des Picos et sa variété de paysages. Du côté Léon, par exemple, en remontant le Puerto de San Glorio, on est très loin des falaises blanches du Naranjo de Bulnes. Ce sont des roches de granit déchiquetées, sombres, avec des teintes virant parfois sur le rouge qui surprennent le voyageur et lui font penser à des Sierras méridionales. Et puis, quelques kilomètres plus haut, les alpages ont pris la place des à pics et déroulent leur vert tendre sous les sabots des vaches. On peut plonger alors dans des denses forêts mixtes où feuillus et conifères se partagent l’espace. On enfile les Desfiladeros, les Gargantas, comme des perles. Tous plus impressionnant les uns que les autres, tous plus profonds, plus étroits, plus vertigineux que le précédent.

 

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Ce qui surprend peut-être le plus dans les Picos, c’est cette sensation de haute-montagne même quand l’altimètre ne s’emballe pas. Au camping de Arenas de Cabrales, par exemple, les 100m affichés semblent bien dérisoire au regard du paysage environnant. On pourrait jurer d’être dix fois plus haut. Idem, tout au long du Cares ou à Bulnes, où nous ne dépassons jamais les 500m. Et que dire des Lacs de Covadonga, qui sur leur plateau à 1000m semblent flotter dans des alpages alpins.

 

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Bien entendu, il n’y a pas de meilleur moyen que de chausser ses brodequins pour explorer le cœur des Picos. Si avec les enfants, il est difficile d’envisager une traversée de quelques jours  avec nuitée en refuge – du moins avec les nôtres – nous avons tout de même fait trois balades : la montée à Bulnes, le tour du plateau des lacs de Covadonga, et une partie de la fameuse Route de Cares (dont je parlerai plus tard). Assez en tout cas, pour donner naissance à une belle frustration chez papa/maman qui ont décidé de revenir rapidement dans les parages.
Pour ne rien gâcher, les villages ne sont pas moches. Ils ne sont pas tous extraordinaires non plus, il faut bien l’admettre, mais ils recèlent souvent quelques petites pépites d’architecture traditionnelle. De manière générale, et sans surprise, plus ils se trouvent isolés, et plus leur charme ancestral opère. Quand le bois et la pierre se marient, les noces sont souvent gracieuses. Cain, aux portes du Cares, ou bien Sotres qui a fait l’objet d’une superbe balade à vélo, en font partie.

 

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On ne saurait être complet en parlant des Picos si on ne disait mot sur l’élément culturel de la région. J’ai déjà parlé de Covadonga, des Sarazins et de la Reconquista, mais il existe aussi un pèlerinage important dans les montagnes cantabriques, pensez-donc, il s’agit même du 4ème lieu saint de la chrétienté – même pour Dieu, il faut un classement – après Jérusalem, Rome et Saint Jacques. Et ceci, parce qu’au VIII° s, des chrétiens y ont planqué un gros morceau de bois qui devrait être, d’après la légende un morceau de  la vraie croix, celle-là même où Jésus… Bien que nous aurions pu obtenir l’indulgence pour nos péchés – en nous présentant devant la relique – nous avons préféré les garder pour nous. Nous ferons les comptes avec Saint-Pierre directement.

18 mai 2016

P comme Pays Basque

Nous n’avons en réalité fait qu’effleurer cette région, pardon, ce pays. Il mérite sans aucun doute un voyage consacré, sans faire fi de la frontière qui le sépare entre deux autres entités nationales. Côté espagnol, nous n’avons fait que le traverser sur l’autoroute A 8. Elle laisse parfois entrevoir de belles promesses et souvent est bordée par ce qui se fait de plus laid autour de ces grands axes routiers – comme partout ailleurs au monde. Tant pis donc pour Bilbao et le Guggenheim – au grand regret de Sophie, tant pis pour la conche de San Sebastien, tant pis pour les paysages boisés, les ports de pêches authentiques, les falaises de flysch et les pintxos, ces petites tapas fixées par un bâtonnet et qui sont paraît-il parmi les meilleures d’Espagne.
Par contre, nous sommes restés quelques jours côté français, à Bidart, entre Biarritz et Saint Jean de Luz, où nous avons retrouvé nos amis Pierre-Yves et Laurence et leurs enfants, Maël et Léna. Malgré un ciel un peu sombre, le Pays Basque m’ait apparu lumineux avec ses superbes maisons bardées de bois rouges et tirées à quatre épingles. Les villages, comme Ahetze, Espelette, Ainhoa, Sare, Ascain ou Saint-Pée-sur-Nivelle rivalisent de beauté dans leur écrin de verdure. Les petites routes serpentent entre les collines, gravissant quelques cols de basse altitude, parfait pour des randonnées à vélo.

 

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Sur les contreforts des Pyrénées, le petit chemin de fer à crémaillère de la Rhune est pris d’assaut par les touristes. Nous remplaçons la balade sur les rails par une promenade sur les crêtes, derrière le col d’Ibardin, sorte de duty-free à cheval entre France et Espagne. Comme les consommateurs, nous posons nos pieds tantôt en France, tantôt en Espagne, sur cette épaule pyrénéennes, suivant les anciennes bornes frontières. Le paysage est sublime, entre mer et montagne. Et puis, il y a les Pottoks, ces petits poneys ancestraux (ils datent du paléolithique), très robustes, qui s’enracinent sur leurs pattes, insensibles aux rafales de vent qui nous empêchent d’avancer, nous, pauvres bipèdes.

 

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Le petit détour sur la plage de Bidart est des plus sympathiques. D’abord, la température de l’eau est agréable, après plus d’un mois dans l’océan d’Espagne, elle nous paraît carrément chaude. Une histoire de courant sans doute. Et puis, ses rouleaux sont impressionnants. On se fait secouer sévère - enfin surtout moi – avec le body-board. Le Pays Basque est donc une histoire de crête, et une fois sur celle des vagues, il suffit de se laisser entraîner par la déferlante…

 

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18 mai 2016

O comme Oviedo

Je pourrais dire d’Oviedo la même chose que d’Ourense. Voilà encore une ville très agréable ; et paisible à l’heure de la sieste. La Capitale des Asturies semble avoir été passé au karcher. Même dans la banlieue, où nous avons pu trouver une place assez grande pour garer notre attelage, les rues sont nettes, aucun papier ne traîne au sol, les jardins publics sont hyper bien entretenus, les façades des immeubles sont impeccables et même les sempiternels tags semblent absents du paysage. Oviedo, ce sont de larges artères bordées de belles façades du XIX° s – lui donnant parfois des allures de ville de la Mittle Europa -  qui convergent vers le cœur de la  vieille ville.

 

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Là, on peut flâner entre places et placettes, ruelles médiévales et rues commerçantes flanquées d’hôtels particuliers. La cathédrale gothique s’élève avec finesse sur la Place de Alfonse II El Casto, côtoyant des palais anciens. Ce qui est singulier dans cette ville, ce sont ses bâtiments aux façades parfois entièrement boisées, ses balcons fleuris,  ses couleurs vives ; ils s’élèvent rarement au-dessus de trois étages. Cette ville à taille humaine donne l’impression, quartier par quartier, de se retrouver sur la place d’un petit village de campagne.

 

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Au hasard des errances urbaines, on rencontre plusieurs sculptures qui balisent la ville. C’est ainsi, qu’on peut tomber nez à nez avec Woody Allen, un amoureux d’Oviedo qui disait d’elle : Oviedo est comme un conte de fée.

 

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18 mai 2016

O comme Ourense

Il existe des villes qui vous happent immédiatement, qui ne se cachent, qui ne rechignent pas à montrer leur charme, des villes où l’on se sent bien, où l’on adore traîner ses guêtres. Ourense en fait partie, assurément. Son centre ancien, entièrement piétonnier, est un dédale de ruelles en pente adossé à la rivière Mino, un vieux pont romain solide et élégant l’enjambe de ses cinq arches. Les façades des immeubles, notamment sur la Praza Maior où sont suspendus des grands voiles blancs pour créer un peu d’ombre artificielle, arborent de superbes galeries boisées et vitrées typiques de la Galice. C’est beau et harmonieux, et très pittoresque.

 

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Mais ce qui fait la réputation de Ourense, outre ses nombreuses églises, ses palais, son vin de la Ribeira Sacra, son histoire et son dynamisme universitaire, ce sont ses bains thermaux. On recense plus d’une vingtaine de sources thermales à travers la cité. Si certains établissements sont privés, il y a également quelques bains publics. Ainsi, sur le bas de la ville, As Burgas est une piscine thermale alimentée par les sources d’époque romaine qui jaillissent à 67°. Comme nous y arrivons quelques minutes seulement avant son ouverture, nous ne pouvons pas résister de nous plonger dans cette piscine ouverte en plein milieu d’un centre-ville historique. Et même si vous passer par là sans maillot de bain, pas de panique, il suffit de le demander au vestiaire, et on vous en prêtera un. Ce lieu est quand même peu commun. C’est ce que tente vainement d’expliquer un touriste français à ses ados qui boudent ostensiblement devant l’enthousiasme du Pater. Il me demandera de leur expliquer la chance qu’ils ont. Ce n’est pas la joie exprimée par Ivann, à mes côtés, qui les convaincra. Nous mettrons fin à notre baignade lorsque Louna s’ouvre un doigt de pied en tapant contre un rebord et pisse le sang.
Seul regret de notre visite, comme d’habitude, nous sommes en ville à l’heure de la sainte sieste.

 

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Et si les devantures de magasins fermés ne me perturbent pas trop, j’aurais bien aimé voir le marché couvert et ses étals autour en pleine animation et non pas rideaux tirés.

 

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