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Abécédaire de l'Espagne Atlantique

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13 mai 2016

O comme Olite

Retour en Navarre pour la visite de la petite cité médiévale d’Olite célèbre pour son Palais Royal. Son architecture de conte de fées aurait inspiré les bâtisseurs du château de Disney Land ; raison essentielle de notre venue. Comme Thomas et Sandrine ont fait une pause chaleur en descendant sur la côte Basque – après la caniculaire visite des Bardenas - seuls les trois cousins joueront au chevalier et à la princesse dans les multiples salles de l’édifice. Capitale du Royaume de Navarre du XIV° s jusqu’en 1512, la désormais toute petite ville (3 500 habitants) est fière de son château qui la domine de toute sa splendeur.

 

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Comme tout château de conte de fées, le bâtiment est un amalgame désorganisé de tours carrées, enceinte de créneaux défensifs, tourelles rondes, pointes, cloches, salles, jardins suspendus, cour, cloître ; mais voilà que comme par magie, l’ensemble prend une allure harmonieuse, élégante, raffinée.

 

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Eléments intéressants, des étoiles de David, étoiles et croissants musulmans sont gravés dans la roche, attestant des origines diverses des artisans médiévaux.

 

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Il suffit de se promener un peu dans ce labyrinthe médiéval pour imaginer aisément les fastes d’une cour royale. Une cour royale dominant son monde, comme en témoigne la vue magistrale depuis le château. Bien éloignées de ses considérations, les cigognes virevoltent au-dessus des toits des maisons et clochers des églises. Emma, Louna et Ivann s’en donnent à cœur joie malgré la chaleur accablante.

 

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Au XXI ° s aussi, il y a des brigands. De retour aux voitures, garées à l’extérieur des murs de la ville, nous constatons que la lunette arrière de la Punto de mes parents a éclaté. Un petit caillou de la taille d’une noix, posé sur le toit, semble être le responsable. Une horde de gamins nous assaillent pour dénoncer un autre gamin qui aurait lancé l’objet du délit. Mes parents décident de sauter l’étape « dépôt de plainte ». Ils feront fonctionner l’assurance. La vitre sera changée une semaine plus tard.

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13 mai 2016

N comme Nourriture

Sujet important s’il en est dans un voyage. Comment s’imprégner d’une région sans goûter les spécialités locales ? La cuisine est peut-être l’un des derniers bastion des identités, si elle subit les influences internationales, ses racines plongent dans les terroirs et les traditions se perpétuent. Si l’art, le commerce avec ses grandes enseignes, l’artisanat ou les loisirs se globalisent et deviennent plus ou moins identiques partout dans le monde, la cuisine continue de nourrir spirituellement ses habitants, les différenciant d’un lieu à l’autre.
L’Espagne, avec ses fameux Tapas, peut se targuer d’être avec la France ou l’Italie, une destination culinaire de premier ordre.

 

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Bien entendu, sa cuisine varie suivant les régions. Au Nord, paëlla et gaspacho se font rares. Les produits de la mer garnissent les assiettes. Les poissons de l’Atlantique se taillent une grande part de la gloire, encore que les crustacés, mais surtout les fruits de mer : coques, palourdes, couteaux – les délicieux Navajas -, calamars, araignées de mer, moules, Saint-Jacques, et les pouces-pieds dont les espagnols raffolent - mais que nous n’avons pas pu goûter. Langoustes et homards sont évidemment présents sur les terrasses des cités balnéaires. Mais la star locale, surtout en Galice, c’est le poulpe. Dans les pulpeiras (restaurants spécialisés dans ce mollusque) on le sert la plupart du temps à « feira », c'est-à-dire cuit à gros bouillon dans un gros chaudron de cuivre. Une fois à point, on le découpe, souvent avec une paire de ciseaux, on le saupoudre de paprika (un peu), de gros sel (beaucoup) et d’une lichette d’huile d’olive. C’est simple et c’est divin. Pas de chichis, juste le produit. C’est ce qui caractérise d’ailleurs la cuisine locale.

 

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Et n’allez pas croire que les espagnols ne mangent que leurs légumes produits dans les serres andalouses et déversés par tonnes dans nos supermarchés. On trouve des produits de qualité dans les petites épiceries et même dans les supermarchés, les légumes et fruits estivaux sont moins formatés que sur les étals de la plupart de nos rayons. Si les légumes sont classiques, en Navarre, les sucrines, des petites salades douces, spécialité locale, sont délicieuses.Et puis il y a les Pimiento de Padron. C’est un tout petit piment vert qu’il faut faire revenir dans l’huile d’olive à feu vif en le saupoudrant de gros sel. Une régalade. Et malgré son aspect, qui donne l’impression qu’on va se transformer en dragon, il est très doux, voire inoffensif.

 

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Parmi les légumineuses, les haricots se taillent la part du lion. Il y en a de toutes sortes et ils constituent le plat asturien par excellence, la Fabada.C’est une sorte de cassoulet cuisiné avec des morceaux de viande, de lards ou de chorizo, ou de tout ça à la fois. Les carnivores ne seront pas privés de leur mets préférés.

 

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Les Jamon sont toujours délicieusement fondant. C’est une véritable institution. Le chorizo (sec, fort, cru, à cuire) est omniprésent. La Morcilla, un boudin dans lequel on trouve du riz, est typique des Asturies. Le Porc, le bœuf et le veau se déclinent sous toutes leurs formes. Une serveuse d’un restaurant nous a d’ailleurs dit « oui, ici, on mange tout dans la bête ».

 

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Les nombreuses rivières sont remplies de délicieuses truites de montagne.

 

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Pour les mômes les « croquetas » font office de steak/frittes. Ce sont des croquettes panées farcies de béchamel et de jambon, poulet ou thon – entre autres. Un petit creux au creux de la journée ? Les Bocadillos (les sandwichs) sont énormes et sauront vous caler jusqu’à la tombée de la nuit.

 

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Incontournable, la Tortilla, est toujours prête pour vous offrir sa dose de protéine. Et si vous partez en montagne avec une bocadillo à la tortilla, il y a peu de chance que vous mourriez de faim, même en cas de mauvaise route.

 

 

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Les soirs de fêtes ou les matins classiques, vous pouvez opter pour les Churros, de préférence à prendre dans les Churreria où l’on fabrique devant vous ces beignets si caractéristiques de l’Espagne. Et tremper son churros tout frais, tout chaud, dans un bol de chocolat fondant, c’est l’un des péchés de gourmandise le plus répandu au pays de Cervantès. A se damner.

 

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Côté verre, ils se remplissent de Rioja, un vin rouge gorgé du soleil de sa province éponyme. Si la côte du nord n’est pas une région viticole, on retrouve des cépages de qualité en Galice, côté sud. La Ribeira Sacra est une appellation donnée à tous les vignobles qui suivent la rivière du Sil puis le fleuve Minho, frontière naturelle entre l’Espagne et le Portugal. L’albarino, donne d’excellents vins blancs qui savent se marier avec les produits de la mer. Le Mencia donne des rouges très fruités.
L’Estrella Galicia remplace avantageusement la classique San Miguel dans les bars du Nord. L’Orujo, une eau de vie de marc de raisin peut ponctuer la fin d’un bon repas. Le cidre, quant à lui, est « la » boisson phare de l’Espagne Atlantique et révèle les origines celtes de cette région.

Pour terminer, les fromages. Ils ne sont pas légion comme en France mais on découvre quelques spécialités non dénuées d’intérêts. Ils peuvent être de vaches – qui paissent sur les prairies du bord de mer, de chèvres ou de brebis – dans les régions montagneuses. Ils sont généralement à pâte filée, pasteurisé, et doux. En Galice, le plus caractéristique est la Tetilla en forme de tétine – ou de sein en poire - cousin de la Scarmoza italienne. Mais le plus singulier est le Cabrales, originaire des Picos de Europa qui ne peut pas laisser insensible – c’est le cas de le dire – les amateurs de fromages… qui en a.

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Oui, bon, il y a Mc Do aussi....

 

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12 mai 2016

N comme Naranjo De Bulnes

Egalement nommé le Pico Urriellu, ce sommet des Picos de Europa est le symbole du parc. Culminant à 2 519m il s’impose dans le paysage avec majesté. Il y a des montagnes qui impressionnent, le Naranjo en fait assurément partie. Ses falaises verticales hautes de plus de 600m en font la convoitise des grimpeurs qui n’ont réussi à le dompter pour la première qu’en 1904. C’est son relatif isolement qui le caractérise. A l’instar des Tre Cime di Lavarado dans les Dolomites italiennes ou des Torres del Paine au Chili, le Naranjo semble ne pas accepter d’autres sommets dans son entourage. Parfait pour se mettre en valeur et attirer tous les regards des visiteurs.

 

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Bulnes, d’où il tire son nom, est un tout petit hameau de montagne qu’on peut rejoindre au prix d’un bel effort en longeant les impressionnantes gorges du Tejo ou bien par un funiculaire enterré. Nous crapahuterons en montant et descendrons par les rails – sauf les retraités qui repartiront sur leurs pieds.

 

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Bulnes, où jadis les montagnards élaboraient le fameux Cabrales, un fromage proche du Roquefort, est aujourd’hui le point de départ de longues randonnées à travers le massif.  Toutefois, ses vieilles demeures typiquement montagnardes – bien que nous ne sommes qu’à 600m – dominées par des falaises impressionnantes, lui donne une authenticité rare.

 

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10 mai 2016

M comme Morte (Costa da)

La côte de la mort mérite son appellation. D’abord, parce que cette côte sauvage qui s’étend de La Corogne à Muros, a vu des centaines de navires y faire naufrage. On se rappelle avec effroi de celui du Prestige. En novembre 2002, le pétrolier se brise au large du Cap Finisterre, il déverse sa cargaison de fioul dans la mer. Une gigantesque marée noire est en marche. Elle va gravement toucher les côtes de Galice, et même atteindre celles de Vendée, du Pays Basque et de Bretagne. Aujourd’hui encore, à plusieurs endroits, on aperçoit encore des galettes de fioul incrustées sur les rochers.

 

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Mais la Côte de la Mort est aussi et surtout, mortellement belle. Voilà un coin tout à fait exceptionnel que les promoteurs immobiliers ont laissé intact. Des petites routes s’insinuent entre les échancrures du littoral, jouant à saute-moutons entre les caps, leurs phares, des petits villages de pêcheurs blottis au creux de petites baies, et des plages à n’en plus finir. L’arrière-pays est boisé, pins et eucalyptus s’accrochent sur les collines. Les villages de l’intérieur s’égrènent dans les collines, s’abritant du vent au creux de vallons cultivés. Partout, les Horreos ponctuent le paysage. Un enchantement.

 

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Alors, bien sûr, il y a du vent, l’eau est fraîche mais ce climat farouche permet de naviguer dans un paysage absolument préservé. Nous y avons passé cinq jours magnifiques… et avons eu la chance du touriste, pas une goutte de pluie durant notre séjour.
La Ria de Muros y Noia marque le début de la Costa da Morte au sud. Les Rias sont des entailles marines qui s’enfoncent profondément dans la terre. Muros est un petit port de pêche avec ses bâtiments de granit gris typiques de la région. Une belle petite cité. A marée basse, les pêcheurs à pieds sortent leurs grandes bottes et vont gratter la vase pour cueillir les délicieux fruits de mer qui vont garnir les assiettes des restaurants. Après Muros, c’est la presqu’île du cap Louro qui ferme la Ria. Les formidables plages de Louro – avec lac lacustre et dunes – et de Larino invitent à piquer une tête.

 

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C’est Carnota ensuite, et sa baie longue de sept kilomètres cernée de sable blond ; son horreo de trente mètres.

 

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Pour rejoindre la petite ria d’Ezaro, il faut longer le Monte Pindo et ses rochers de granit rose qui rythment le bord de mer. A Quilmas, Pindo, Ezaro on voit plus de bateaux de pêcheurs que de plaisanciers. Parfois, un chalutier fait des tours dans l’eau à faible distance de la côte, pêchant le poulpe aux casiers.  A Ezaro, la rivière Xallas en chutant en cascade alimente une centrale hydroélectrique. De là, une petite route monte au Mirador d’Ezaro. Je passe un matin à vélo mais je n’ose pas m’attaquer au deux kilomètres de grimpette. Les panneaux indiquant 30% calment mes velléités sportives, d’autant plus qu’une étape de la Vuelta a vu triompher sur ce raidard le petit Joaquim « Purito » Rodriguez de Contador et Valverde. Nous monterons en voiture, c’est plus sage, pour admirer le panorama dominé par des rochers aux formes insolites.

 

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Cee n’est pas la plus belle ville de cette côte, elle est assez disgracieuse et semble surtout être un centre commercial pour cette micro région. Mais elle est incontournable pour rejoindre Fisterra, son cap, son phare et son terminus du chemin de Compostelle. Fisterra, malgré son aura chez les pèlerins, ne semble pas avoir vendue son âme au diable du mercantilisme. Elle conserve un certain charme authentique, et ses longues plages de sable fins s’égrènent à ses pieds.

 

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A partir de Fisterra, la route côtière abandonne parfois le littoral, évitant ainsi des barres rocheuses, s’insinuant dans les collines boisées, traversant des minuscules villages. On se perd un peu dans ce dédale de routes vicinales, mais au détour d’un virage on aperçoit l’écume sur l’Océan, ou une avancée d’un cap rocailleux défiant les déferlantes.

 

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Le Cabo Tourinan, celui de Boutra, nous les laissons à leur solitude. Voici Muxia. Drôle de petite ville avec ses maisons basses et colorées qui font penser à des habitats scandinaves. A notre arrivée, tout semble vide, suspendu, le vent s’engouffrant dans les rues désertes. Et puis, une fois en son centre, heureuse surprise, une fête locale nous accueille. C’est le Mercado das Rutas do Mar. Les stands de restaurations, de boissons, les petits étals d’artisans, les musiciens de rue égayent les rues recouvertes par des filets anti-goélands.

 

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Au bout du village, sur un promontoire rocheux, le Sanctuaire de  Virxe da Barca tout de pierre vêtu ploie sous les rafales de vent. Le panorama est époustouflant.

 

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Il faut contourner toute la Ria de Camarinas pour aller affronter les assauts d’Eole au Cabo Villan. Sur une fine arrête rocheuse, le phare de 24m de haut domine le paysage. On peut visiter une petite exposition à l’intérieur, mais déception pour les enfants on ne peut pas monter à la lanterne, la première électrique d’Espagne. Dehors, le vent nous emporte et il faut vraiment lutter pour avancer.

 

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De là, une piste d’une vingtaine de kilomètres rejoint Camelle et devrait enchanter même les plus blasés. Le paysage est à couper le souffle. Falaises, plages de sable, dunes, criques rocheuses se succèdent dans un environnement inviolé – si ce n’est quelques éoliennes disséminées sur des crêtes. Oui, c’est mortellement beau !

 

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10 mai 2016

M comme Monte Pindo

 

On poursuit dans les paysages exceptionnels. Le Monte Pindo s’élève dans la région de Carnota en Galice 627m au-dessus de l’océan. C’est un lieu magique, qui ne laisse pas de marbre les rares visiteurs qui s’y aventurent. Surnommé « l’Olympe celte », cette montagne de granit rose est un condensé de ce que la nature est capable de mettre en œuvre. Les formes extravagantes des rochers forment un tableau surréaliste. Chacune de ces masses granitiques prend l’apparence d’une figurine aux noms évocateurs : le guerrier, le casque, le chameau. Certaines composent des œuvres d’art, des pyramides de cailloux en équilibre posés là par la main d’un géant zen.

 

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Sophie s’étant fracassé le bas des reins en glissant sur le marchepied de la caravane, nous ne sommes pas allés rejoindre le Top of The Hill, nous nous sommes contentés de pénétrer le massif sur des chemins à la limite du carrossable, nous arrêtant sur un plateau du genre savane africaine. Je suis monté seul également, en appuyant sur les pédales de mon vélo, nettement plus adapté que la Picasso. Pas besoin de gagner le sommet pour profiter de la vue. D’ici on peut admirer la courbe parfaite de la plage sablonneuse de Carnota et la presqu’île du cap Finisterre qui s’élance à l’assaut de l’Atlantique.

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L’idylle n’est pourtant pas tout à fait complète. Malheureusement, la région n’est pas préservée des incendies, et une bonne partie de la forêt de pins a été ravagée, laissant des bois calcinés témoigner de ce carnage.

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10 mai 2016

M comme Mirador

Voilà un mot espagnol que l’on rencontre très souvent et qu’il faut éviter d’esquiver. Il suffit, dans chaque coin traversé, d’apercevoir un de ces panneaux indiquant un Mirador, pour être certain d’avoir un point de vue (comme son nom l’indique) spectaculaire. Sans doute fondés pour la plupart dans les années de fort développement touristique du pays, ils sont agrémentés souvent, de larges rotondes suspendues qu’on atteint par une volée d’escalier, le tout dans un béton assez disgracieux, malheureusement.  

 

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Pour les fans du bivouac sauvage, ces miradors sont également – en majorité – des squats permettant de poser son camping-car, camion, voire caravane. Un peu à l’écart des axes principaux, ils sont en effet souvent accessibles par de grands parkings délaissés à la tombée de la nuit. Alors pour ceux qui veulent se réveiller au petit matin avec une vue à couper le souffle, le plan mirador peut-être étudié.

4 mai 2016

M comme Mines

Non loin d’Oviedo, nous avons fait un détour par le pays des mines. Au cœur des Asturies, l’industrie minière (fer et charbon) s’est développée au cours du XIX° s léguant ses cicatrices de terrils, de friches industrielles et de corons. Comme dans tous les bassins miniers de notre vieux continent. Le pays des mines a connu ses luttes ouvrières. En 1934, d’abord, un soulèvement du prolétariat contribue à instaurer une « République Socialiste Asturienne ». Elle fut réprimée férocement et « l’armée rouge » des travailleurs devra abdiquer devant les troupes coloniales marocaines du Général Franco. Cet événement laissait présager la future guerre civile qui ravagea l’Espagne entre 1936 et 1939. Le Caudillo, désormais seul maître à bord, devra une nouvelle fois affronter ces effrontés de mineurs. En 1962 – 1963 également, d’immenses grèves (pourtant illégales) des travailleurs asturiens mettent à mal le régime. Mais cette fois, il ne s’agit pas de faire la révolution, mais de se défendre contre le déclin d’une industrie qui vit son crépuscule. Chômage et bas salaires deviennent désormais les normes de vie sociale locale et les perspectives d’avenir sont très sombres. A terme, la fermeture des mines semblent inéluctables, privant ce bassin houlier de son activité première.
Le tourisme remplacera t’il le charbon. Rien n’est moins sûr. Toujours est-il qu’il existe plusieurs musées dans la vallée du Mieres qui retracent ces activités. Parmi eux, nous visitons Le Musée de la Mine et de l’Industrie, le MUMI de son doux nom. Un excellent musée dont les enfants raffolent. Situé dans un ancien centre d’extraction, on nous promène dans une mine reconstituée où l’on apprend à connaitre ce métier depuis les premières techniques jusqu’aux plus récentes. Dans le grand bâtiment aux allures très contemporaines, des machines relatant l’évolution technologique sont exposées et peuvent même, pour certaines, être actionnées pour le plus grand plaisir des enfants. Il y a aussi des salles exposant les différents explosifs, le vestiaire, le matériel d’infirmerie et de santé spécifique à la mine, une section sur les différentes lanternes à travers les âges, le matériel de premier secours, les instruments scientifiques, les minerais et fossiles. Un vrai petit voyage dans ce monde assez mystérieux pour qui ne l’a pas connu.

 

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Autre mines, bien plus anciennes, ce sont les extraordinaires « Las Médulas » près de Ponferrada. Des pics, falaises, rochers, pitons de couleur ocre surgissent d’un océan de verdure dominé par des châtaigniers et des chênes centenaires. Ce tableau semble tout à fait naturel, mais que nenni. Il s’agit en réalité de mines d’or à ciel ouvert exploitées par les romains jusqu’au III° s. Ces sculptures pittoresques sont en fait les remblais des excavations. Les romains avaient mis au point la technique de la « ruina montium » pour extraire l’or des montagnes. Ils utilisaient l’eau dans un système complexe de canaux, aqueducs et barrages pour désagréger la montagne, et pouvoir en contre-bas récupérer le fameux métal dans les débris. Une autre technique consistait également à creuser d’immenses galeries afin de faire littéralement s’écrouler des pans du relief. Inutile de préciser que le labeur (ou le suicide obligatoire) de ces mineurs fait passer celui des gens de Mieres pour un séjour au Club Med. En balade dans le coin, Pline l’ancien, en bon routard qui se respecte notait «la soif de l'or est ce qu'il y a de plus dur au monde ».
Nous ne pouvons que remercier à postériori cet enfer qui est devenu aujourd’hui un petit paradis. Des sentiers s’insinuent au cœur de cet univers rouge et vert, ménageant vues et contre vues sur ces formidables escarpements au travers d’une forêt de vénérables châtaigniers. Mais attention, cueillette des fruits interdite, les arbres sont la propriété de cultivateurs privés. Il est également possible de grimper dans les galeries et de découvrir ces œuvres de l’intérieur. On peut même apercevoir les traces des pioches de ces Hercules dans la roche. Ivann les imite et se maquille de rouge. Pour avoir une vue d’ensemble du site, il faut monter au Mirador de Orellan d’où la vue est spectaculaire.

 

 

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3 mai 2016

L comme Luna

Rio homonyme de Louna, trouvé par le truchement des balades numériques, nous ne pouvions pas manquer cette petite vallée suspendue dans la face sud de la cordillère cantabrique. Si ces paysages ne sont pas tout à fait lunaires, ils ont des airs de sierra mexicaine, cactus en moins. A mi-chemin entre Oviedo et Léon, le Rio Luna s’épanche sur un ancien plateau glaciaire perché à plus de 1 200m d’altitude, entouré de sommets qui dépassent allégrement les 2000. Autant dire que les randonnées dans ces montagnes aux reliefs plutôt doux sont l’une des activités principales des rares touristes qui viennent poser leurs sacs à dos dans le coin. Au nord, on peut rapidement rejoindre la réserve Nationale de la biosphère de Somiedo ; c’est dans ce parc qu’on retrouve la plus grande population d’ours bruns d’Espagne, ainsi que loups ou aigles royaux.  Il se pourrait aussi que les eaux limpides du Rio attirent quelques spécialistes de la pêche à la truite ; elles se comptent par centaines dans chaque trou de la rivière.

 

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La vallée est constellée de petits centres habités où se regroupent autour des églises quelques demeures massives, à la pierre grise et aux toits de lauzes. L’habitat témoigne d’un climat hivernal qui doit être rude. On se croirait sur les plateaux d’Auvergne. Dans chaque village, sur les toits, nichent des cigognes. Avec leurs grandes échasses, on les voit souvent chercher leur nourriture dans les champs hors des villages. Ils sont irrigués par un système artisanal et complexe de petits canaux d’irrigation qui semble ancestral.

 

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Çà et là, des troupeaux de chevaux. Et sur les sommets, comme au Puerto Ventana, ils paissent en liberté.

 

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Il y a une atmosphère, non pas de bout du monde, ce serait exagéré, mais en tout cas, d’isolement. Un vrai havre de paix, le genre d’endroit qui permet de lâcher prise, de se ressourcer, de réapprendre à vivre en prenant le temps. 

 

3 mai 2016

L comme Llanes

Une bien jolie petite ville que Llanes. Son centre ancien posé au bord de mer est parfaitement préservé. Ruelles étroites et piétonnes, petits immeubles à deux trois étages dans le plus pur style asturien, avec des façades colorées et fleuries et leurs toits de tuiles ocres ; quelques placettes pavées et un mur d’enceinte encore debout ; sur les artères principales, des bâtiments avec les traditionnelles galeries vitrées et des Casonas de Indianos, parfois mal en point ; au cœur du village, une rivière pénètre dans l’urbain où sont amarrés les embarcations ; en contre point, à l’arrière, des montagnes formant une barrière végétale et minérale abrupte ; et puis, côté océan, plages et port pour ancrer Llanes dans son rôle de cité balnéaire.

 

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En ce 22 juillet, c’est la fête de la Magdalena. Tout le village participe dans les habits traditionnels. Les hommes sortent de l’église  la statue de la Sainte en portant le Paso, sorte d’autel, sur leurs épaules. Les enfants baladent des espèces de pyramides de pains décorés de bouquets de fleurs, les femmes défilent en jouant du tambourin. Après avoir fait sa petite balade annuelle, la sainte revient au bercail, et tout ce beau monde se retrouve pour effectuer des danses traditionnelles au son de la Gaïta, la cornemuse locale.

 

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3 mai 2016

L comme Leon

Posée sur l’immense plateau de Castille et Léon, la capitale de la région conserve un charme indéniable. Le vieux centre historique est presque entièrement piétonnier et permet une promenade agréable entre les vieilles pierres. Les enfants en profitent pour y tester la visite en trottinette ; et le test est réussi au-delà des espérances. Plus personne pour se plaindre qu’on marche trop, qu’on va trop vite et qu’il est inutile faire un détour par cette ruelle.  Avec les trottinettes, la visite devient ludique… et reposante.

 

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Qu’a-t-on vu de remarquable dans la ville ? Le Panthéon royal dans l’église de San Isidoro. C’est ici que reposent 11 rois et 14 reines du Royaume de Leon. Malheureusement pour eux, ils sont dérangés dans leur sommeil éternel par les touristes qui se pressent pour admirer des magnifiques fresques murales médiévales. Elles ont mérité l’appellation de « chapelle Sixtine de l’art roman » - il semble qu’il y ait autant de chapelle Sixtine que de Venise à travers ce monde.
La Plaza Mayor mérite de s’assoir sous ses arcades et de contempler l’harmonie des façades, ou alors de la traverser à tombeau ouvert – pour se rappeler du Panthéon – avec les trottinettes.

 

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La cathédrale bien sûr. Enorme édifice de style gothique qui écrase de sa hauteur les quartiers alentour. Notre Cicérone était enfermé dans des petits audio-guides que les enfants ont bien voulu suivre pas à pas ; avec sa litanie de menus détails et anecdotes sur cet immense vaisseau baigné de la lumière diffuse des vitraux.

 

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Les ruelles et placettes de cette ville à taille humaine qui se parcourt aisément à pieds. Ses quartiers qui laissent présager, vu le nombre de bars à tapas, une formidable animation une fois la nuit tombée sur les toits de la cité.
Et puis une rencontre avec Gaudi. Une statue du grand architecte sur un banc permet de s’assoir à ses côtés, face à une de ses œuvres. Sans doute pas la plus belle et Gaudesque, soit dit en passant.  

 

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3 mai 2016

L comme Lastres

Petit port de pêche croquignolet des Asturies. Nous nous y sommes arrêtés quelques heures après notre balade sur le Fito, ciel gris et lourd. Blotti dans une pente raide, le village dégringole littéralement vers son port. Les ruelles en escaliers serpentent entre de vénérables maisons aux façades blanches et aux balcons de bois. Les fondations de l’une au niveau du toit de l’autre.

 

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C’est très beau. Sur le port, un chalutier se prépare à sortir en mer. Parmi les membres d’équipage, des blacks et des nord-africains, plutôt rares dans ces contrées. Celui qui paraît être le capitaine fait le ménage sur son bateau, et il balance des sacs plastiques dans la flotte… sans commentaires.
Sur la petite plage du village, les enfants écrivent leurs prénoms dans le sable pendant que les deux restaurants du port commencent à sortir de la torpeur de la sieste.

 

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1 mai 2016

K comme Karst

Toute la région septentrionale de l’Espagne est une région calcaire. La cordillère cantabrique, qui étend parallèlement à l’océan ses plissements pyrénéens jusqu’aux collines de Galice,  donne ainsi naissance à des paysages dolomitiques dont les pics s’élèvent comme des cathédrales minérales au-dessus de plateaux karstiques. Dans cet environnement calcaire, l’eau a creusé de profonds sillons dans la roche, les défilés et gorges sont nombreux et spectaculaires.

 

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L’eau en s’infiltrant a permis également la création d’un réseau souterrain complexe. Les grottes, cavernes, avens, puits, résurgences font le bonheur des spéléologues. Plusieurs millénaires avant eux, les hommes préhistoriques ont trouvé ici des abris pour développer leur culture. On trouve ainsi quelques peintures préhistoriques parmi les plus belles au monde.
Autre particularité que nous offre ce relief karstique, c’est la présence des Bufones, dans la région littorale des Asturies. Les déferlantes de l’océan ont creusé dans les falaises du littoral des sortes de cheminées. A marée haute et par gros temps, les vagues s’engouffrent dans ces conduits et sont expulsées en l’air, comme de véritables geysers.
Il faut un peu de chance pour pouvoir les observer, surtout en plein été. J’y suis passé avec mon père, lors d’une balade à vélo, mais nous n’avons pu qu’entendre le son sourd et profond des vagues qui tapent au fond des cavités rocheuses. Le lendemain, par contre, mes parents et Sophie, sont revenus sous le crachin et avec un vent plus fort, et ils ont pu assister au spectacle. Certes, ce n’était pas les 30/40m de hauteur que permet la forte houle, mais c’est déjà très impressionnant.

 

Temporal En Asturias Bufones de Pria

 

 

1 mai 2016

J comme Jésus

L’Espagne étant un pays profondément catholique, le Nord n’échappe pas à la règle, d’autant plus que ne l’oublions pas, nous sommes dans la région de Compostelle. Eglises, chapelles, cathédrales, monastères, couvents, abbayes, sanctuaires, ermitages, basiliques, calvaires, croix, la présence de la chrétienté est partout.

 

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Rares sont les moments où le regard ne se pose pas sur un signe religieux. De l’art roman au baroque tardif, l’architecture religieuse d’Espagne balaye tous les styles. Si Jésus Christ est une superstar, les saints ne sont pas en reste. Chaque communauté a son propre Saint protecteur qu’on vénéré dans de grandes fêtes, une ou plusieurs fois par an. L’Espagne déborde de ces grands rassemblements religieux qui frisent parfois la fête païenne. Autre figure de proue de la chrétienté, Marie est également célébrée à toutes les sauces. Dans la cathédrale de Léon, une statue la montre enceinte. C’est la première fois que je la vois ainsi. A Baïona, c’est une statue de femme qu’on voit les bras en croix, crucifiée. Autre image assez singulière dans l’imagerie chrétienne.

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1 mai 2016

I comme Illas Cies

Joyaux du Parc National des Iles Atlantiques, les Îles Cies sont un des spots touristiques de la Galice. Il faut dire qu’elles ont des atouts indéniables pour attirer les visiteurs, en particulier les lagons, avec leurs plages de sables blancs aux eaux turquoises qui font penser aux caraïbes. La grande plage de Rodas, sur laquelle on débarque des milliers de personnes par jour, a été élue par le Guardian, « la plus belle plage du monde » dans un de ces classements subjectifs que distille la presse.

 

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On peut aussi se balader à travers quelques sentiers de randonnées tout au long de ces îles. Ils serpentent entre les pins et les eucalyptus, menant à des points de vue dénudés battus par les vents, domaine des goélands. Ils rejoignent également des phares posés à plus de 150m au-dessus des flots.

 

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Les îles sont deux bandes de terre étroites qui s’allongent du nord au sud, verrouillant ainsi la ria de Vigo. Face au continent, plusieurs plages permettent d’accéder à la mer, l’autre côté donne sur la haute mer du haut de falaises impressionnantes et sauvages.
Pour rejoindre les îles, nous avons pris un bateau à partir de Baïona, tôt le matin. Comme la vieille le temps était très venteux, l’océan n’avait pas retrouvé son calme. Pour quelques gosses, la traversée d’une petite demi-heure, a été éprouvante. Les nôtres se marrent à chaque creux. Sur l’île, nous avons pu admirer la grande plage déserte, puis nous avons marché une paire d’heure, non sans quelques éternelles chougneries, jusqu’au phare du Cabo de Home. Après un pique-nique salvateur, nous avons pu profiter du lagon de la « plus belle plage du monde ».  Cela dit, si le décor est caribéen, la température très (très) fraîche de l’eau nous rappelle que nous sommes bel et bien dans l’Atlantique Nord. Les enfants passent tout de même une très belle journée en arpentant la plage à la recherche des plus beaux coquillages qui pullulent dans le sable.

 

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13 avril 2016

I comme Indipendenzia

Nous avons traversé plusieurs parties de cette Espagne du Nord et partout nous avons vu fleurir un régionalisme – ou nationalisme – affiché. Les drapeaux ou les inscriptions qui se collent aux balcons, sur les murs ou les panneaux en sont la preuve tangible. Personne ne sera étonné d’apprendre qu’en Catalogne ou au Pays Basque ce sentiment est très répandu. Mais en Cantabrie, Asturies, Galice et même Léon, l’Espagne ne remporte pas tous les suffrages. Bien sûr, cette envie d’indépendance n’est peut-être pas majoritaire, mais ce besoin d’identité est extrêmement fort, surtout si on le compare à un pays aussi centralisé que la France. Il se manifeste également dans certaines querelles de clochers, plus locales. En Léon, les panneaux qui indiquent la région administrative Castille Y Léon, sont « corrigés », la Castille est barrée. Dans la petite vallée de la Luna les villages portent le nom de la rivière qu’ils côtoient : Sena de Luna, Rabanal de Luna, Pobladura de Luna, Mallo de Luna. Parmi eux, Albegas de Luna, semble ne pas mériter cette appellation, et son « de Luna » est toujours barré. Il est vrai que le petit centre est à 4km du lit de la rivière… trop loin pour prétendre à cette identité.


Et la langue me direz-vous ? Les langues plutôt. La rencontre avec la langue basque est surprenante. Sur l’autoroute venant de Navarre et qui plonge vers Bilbao et San Sebastien, les panneaux lumineux font clignoter des mots colonisés par des X, des Z ou des K. Si on doute encore que le Pays Basque est un pays à part entière, cette utilisation réelle de la langue vient rappeler que cette assertion n’est pas uniquement une posture folklorique. Le Basque est une langue ancestrale, qui a des racines très éloignées du latin. En Asturies, en Léon, on utilise l’Astur-Léonais, parfois dénommé le Bable. En Galice, la langue locale, une branche cousine du portugais, est la langue officielle régionale de la communauté autonome de Galice. Cette diversité linguistique permet de mieux comprendre ces velléités d’indépendances qui se développent en Espagne – et ailleurs. Dans un monde globalisé, une part de plus en plus importante de la population se recentre sur sa propre identité, sur sa nationalité, dirait-elle.


Il est presque inutile de chercher des maillots de foot de Barcellone ou de Madrid, dans les restaurants, les bars, sur les murs et sur le dos, les socios portent les couleurs de leur club local. Et peu importe si ces clubs ne voient la Ligue des Champions qu’à la télévision. L’identité du  Sporting de Gijon, le Celta Vigo, le Racing Santander ou de La Corogne ne se dissout pas dans la réussite sportive.

 

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13 avril 2016

I comme Indianos

Les Indianos sont des émigrants qui sont allés chercher fortune de l’autre côté de l’Océan à la fin XIX° s et début XX° s et sont revenus sur leur terre natale les caisses pleines. Ces nouveaux riches ont montré ostensiblement leur réussite en élevant des maisons somptueuses (les Casonas). Ainsi, on trouve sur tout le littoral asturien et cantabrique, des Casonas de Indianos. Ces luxueuses demeures qui mêlent plusieurs styles architecturaux grandiloquents dont le dénominateur commun est d’étaler leur nouvelle prospérité pour épater la galerie. Un tantinet mégalomaniaque. A noter qu’on retrouve ce phénomène chez les « mexicains » de Barcelonette.
Malheureusement, ces palais sont souvent dans un état de délabrement avancé et pour certains sont complétement à l’abandon. Si la richesse était tombée du ciel sur leurs aïeux, il semble que pour les héritiers elle était bien trop lourde à porter.

 

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13 avril 2016

H comme Horaires

On a beau être au Nord, on a beau avoir un climat plutôt humide et frais – surtout en comparaison du reste de la péninsule – les horaires de l’Espagne Atlantique ne diffère guère du reste du pays. Inutile de chercher à s’attabler au restaurant avant 10h du soir, à moins d’aimer la solitude et la tranquillité. Et même à dix heures du soir, il est souvent arrivés qu’on nous serve nos plats dans une salle déserte, ce qui en règle générale n’inspire rien de bon, mais, nous avons toujours terminé dans le brouhaha des convives arrivés en groupe après 10h30 ou 11h. Il faut s’y faire. Ivann s’est endormi plus d’une fois, en travers de deux chaises, avant la fin du repas.
Idem pour le déjeuner. L’heure classique c’est plutôt 14h… et pas de problème si on pose ses fesses à 15h30 pour commander une « raciones ».
Nous nous sommes largement adaptés en ce qui concerne les horaires des repas. Même au camping, nous avons calqués notre rythme sur celui du pays. D’autant plus qu’il y fait nuit très tard et que passer à table à 20h nous ferait ressembler à des anglais ou des allemands quand ils dînent à 18h.
Pour les magasins et les visites, c’est idem. Pas la peine de rêver de shopping entre 13h et 16/17h. L’avantage, c’est qu’une visite en plein centre-ville pendant l’heure de la sieste, c’est l’assurance de ne pas être embêté par la foule. Et comme il ne fait pas 40°, la promenade digestive s’avère agréable. Et puis, tout s’anime petit à petit, jusqu’à ce que les rues et places reprennent vie.

 

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13 avril 2016

G comme Galeries

 

Dans toutes les villes et les villages, on peut apercevoir une des caractéristiques de l’architecture locale avec les galeries vitrées et les balcons de bois. Apparus vers la fin du XIX° s, ces proéminences plaquées contre les façades des immeubles, sortes de vérandas suspendues, sont d’une grande esthétique.  Elles avaient un double avantage, celui de protéger des intempéries – parfois violentes au bord de l’océan – et de conserver la chaleur des rayons du soleil, en formant une espèce de sas. Ce mélange de verre et de bois donne un aspect « so » british à ces bâtiments, et pour certains, quand ils sont peints en blanc immaculé, un air de Louisiane.

 

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8 avril 2016

F comme Fitu

Le mirador del Fitu, en Asturies, est un site d’une extraordinaire beauté. Une petite route grimpe à 430m d’altitude entre Colunga sur la côte et Arriondas aux pieds des Picos. Là, un grand mirador en béton s’avance dans le vide en équilibre entre l’Océan et les Picos de Europa. Il permet aux curieux de savourer le panorama à 360°.

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Nous y sommes montés deux fois, la première avec mes parents et Emma, par une sublime journée ensoleillée qui nous a permis d’admirer le littoral asturien ainsi que les sommets blancs calcaires des Picos qui se détachaient du vert des praires et des forêts.

 

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La deuxième, juste nous quatre, pour une promenade sur les sentiers de la Sierra del Sueve, un jour de nuages et de forts vents. La Sierra propose un terrain de jeu idéal pour des activités sportives. Les chemins de VTT ou de randonnées partent à l’assaut de la montagne qui culmine à plus de 1000m au-dessus de l’océan, naviguant entre la bruyère en fleurs, des pans de forêts de pins maritimes, quelques arbres isolés courbant l’échine sous les rafales, des troupeaux de vaches et de moutons paisibles et enfin, les chevaux sauvages asturiens, dont le gabarit râblais est parfaitement adapté à ce climat ventés.

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La vue dégagée permet de contempler ce paysage admirable, un mélange entre des landes britanniques et des pains de sucre asiatiques représentés par des falaises de calcaires et des mamelons verdoyants ondulant jusqu’à la mer.

 

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8 avril 2016

E comme Eucalyptus

Ce n’est qu’au XIX° s que les premières graines de cet arbre exotique originaire d’Australie ont été plantées en Espagne. Aujourd’hui, tout le littoral Atlantique est couvert par des vastes et imposantes forêts d’Eucalyptus. L’arbre est spectaculaire et son développement est ultra rapide, ceci expliquant sans doute cela. Ne résistant pas au gel, on ne le trouve pas en altitude mais il vient planter ses racines à deux pas des plages. Ses troncs, dont l’écorce vire sur le rouge, pèlent en de larges bandes, tapissant les sous-bois. Les branchages avec des feuilles aux teintes vertes-bleues ressemblant un peu aux feuilles de lauriers, commencent à une grande hauteur, ce qui donne un aspect clair à la futaie, souvent recouverte de fougères.

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Certains spécimens sont remarquables par leur grandeur et leur diamètre. Se promener dans une forêt d’eucalyptus c’est aussi faire une balade parfumée. L’arbre dégage en effet une odeur tout à fait particulière, forte mais agréable, surtout quand elle se mélange aux embruns salés de l’Océan. L’eucalyptus est très utilisé dans l’aromathérapie, notamment pour lutter contre les bronchites. Il est également une matière première pour la fabrication de pâte à papier – cela dit, je n’ai pas vu d’usines.

 

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Le tableau semble assez idyllique, pourtant la présence de l’Eucalyptus peut s’avérer assez inquiétante en terme écologique. C’est en effet une plante colonisatrice qui ne favorise guère la biodiversité en appauvrissant le sol.

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