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Abécédaire de l'Espagne Atlantique

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8 avril 2016

E comme Eoliennes

Eole devait sans doute avoir quelques origines ibériques. En effet, l’Espagne s’est lancée dans la création d’un parc d’éoliennes parmi les plus importants d’Europe. Et comme toute la côte, mais surtout la Galice, est battue par les vents, la présence de lignes interminables de ces imposantes girouettes est omniprésente dans le paysage. Chaque petite ville de Galice semble en lien avec sa colline recouverte d’éoliennes. Force est de constater que leurs présences singulières heurtent parfois le regard, et puis, avec le temps, on s’y habitue, elles font partie du décor.
Et si Cervantès avait vécu à notre époque, le plus célèbre des chevaliers aurait sans aucun doute levait son épée contre ces drôles de géants. Après tout, la structure a changé, mais le Don Quichotte et le vent, eux, sont encore bien présents dans l’Espagne contemporaine.

 

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8 avril 2016

D comme Douze

C’est le nombre que nous avons été pendant une grosse semaine. Six enfants entre cinq ans et onze ans, cinq adultes dont deux retraités, une petite Fiat Punto avec une toile de tente, un Vito aménagé (sans clim) et une Picasso tirant une caravane pliable. Un beau petit convoi. Malgré tout, nous n’avons pas eu de difficultés à trouver de la place aux campings (trois en commun).

Au camping justement, l’organisation était sur le mode colonies de vacances, avec Sandrine en animatrice attitrée. Pour les repas, c’était un peu au tout venant : des pâtes, des salades, quelques grillades. Il faut dire, avec Erminia et Sandrine, ça ne trainait pas. Question efficacité, on ne peut pas faire beaucoup mieux.

Les activités des enfants aux campings : piscine, jeux de société, cartes, badminton, pétanque, trottinettes, jeux vidéo sur tablette, un film un soir de pluie, lectures, écritures, dessins, et même cahier de vacances (surtout Romane, la plus grande) et surtout, grande passion de l’été, la pêche dans les mares laissées par les marées.


Plus compliqué de nous attabler au restaurant. Nous avons faits deux belles tablées, dommage qu’à celui de camping Oyambre, la qualité était loin d’être au rendez-vous. Par contre, après la visite de la grotte préhistorique à Puente Viesgo, nous avons été accueillis bras ouvert dans une petite auberge où nous avons découvert quelques spécialités sympathiques. Un agréable moment.

 

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7 avril 2016

D comme Desfiladeros

La cordillère cantabrique agissant comme un immense château d’eau, plusieurs torrents de montagne ont creusé des gorges impressionnantes dans les parois calcaires du massif, dont certains à-pics peuvent dépasser les 1 000m. Des routes étroites permettent d’emprunter ces fonds de vallée où le soleil a bien du mal à pénétrer. Elles longent des eaux limpides où reviennent frayer des saumons et où se complaisent des énormes truites. Parmi les plus remarquables de ces routes que nous avons empruntées, le Desfiladero de la Hermida, le Defiladero Los Beyos, la Gargantas du Cares, le Desfiladero de la Teverga. Les montagnes regorgent de ces canyons étroits que l’on peut suivre sur des sentiers aériens et spectaculaires, comme la montée au village d’alpage de Bulnes ou la très touristique « Ruta del Cares ».

 

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Ces rivières issues des montagnes sont pour quelques-unes, des fleuves. Dans leur partie finale, elles s’adoucissent avec le relief et sont des spots de canoës à l’instar de la Deva mais surtout la Sella où se déroule toutes les années le « Descenso del Sella » jusqu’à l’Océan.

5 avril 2016

C comme Covadonga

Covadonga est un Haut Lieu touristique de l’Espagne. C’est d’abord un sanctuaire, lieu de culte et de pèlerinage pour les asturiens. C’est ici, dans une grotte, que s’étaient retranchés  le chrétien Pélage et ses fidèles afin de tenir tête aux musulmans. Nous sommes en 722, et les Sarazins, pour la première fois, abdiquent devant l’ennemi. C’est pour cette raison que la bataille de Covadonga est considérée comme le début de la Reconquista. Il ne fallait pas s’enflammer tout de même, la fin de l’Espagne arabe n’interviendra qu’en 1492. Tout heureux de ressortir  - ou vivant -  et attribuant cette victoire à un miracle de Marie, Pélage fait bâtir un sanctuaire dans la grotte. Treize petits siècles plus tard, les visiteurs se pressent dans la petite cavité pour vénérer la Vierge et saluer le tombeau du bon Pélage. Juste au-dessus, une basilique a été érigée au XIX° s, sorte de Notre Dame de la Salette qui écrase tout le paysage montagnard.

 

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Mais Covadonga doit également son succès à l’un des sites les plus remarquables des Picos de Europa. Une étroite petite route de montagne mène, en 13km, à un site naturel de toute beauté :   les Lacs de Covadonga. Tous les amateurs de la Petite Reine reconnaîtront là, l’Alpe d’Huez de la Vuelta, le grand Tour d’Espagne. La montée de 13km, à plus de 7% de moyenne et des passages à 15%, se révèle en effet spectaculaire. Lejaretta, Millar, Hinault, Delgado, Herrera, Jalabert entre autres, ont triomphé sur ses pentes.

 

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En plein été, pour éviter la saturation, une rotation d’autobus emmène les touristes au bout de la route. Là, à 1 100m, se dévoile un paysage de carte postale. Les lacs glaciaires d’Enol et de la Ercina en sont les vedettes. Un petit centre d’interprétation explique les différents aspects de la montagne : géologiques, zoologiques, humains.

 

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Les Lagos sont un point de départ (ou d’arrivée) de grandes randonnées dans les Picos. Ce matin, au fond de la vallée, du côté du sanctuaire, le ciel était d’un bleu limpide, mais voilà les nuages qui s’accrochent sur les pics calcaires et descendent sur les pâturages. Juste le temps de faire une des courtes balades fléchées donnant un aperçu du site et une nappe de brume vient enrober les lacs, les touristes et les centaines de vaches lasses de se faire photographier sur leur tapis vert.

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Un des sentiers découverte sillonne dans d’anciennes mines de fer où on peut encore voir les rails et wagonnets des travailleurs. Avec le brouillard nous accompagnant, le décor devient surréaliste avec les multiples roches pointues et déchiquetées qui prennent chacune la forme de fantôme ou de monstre. Une forte pluie vient nous ramener à la réalité, et c’est en courant que nous rejoignons le bus pour la descente.  

 

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4 avril 2016

C comme Coucher de soleil

Pour les photographes amateurs de cartes postales, et capables d’imprimer sur le capteur de leurs appareils les nuances dorées, orangées et rougeoyantes du soleil couchant, l’Espagne Atlantique mais surtout la côte occidentale de la Galice, est un Eden. Pour des habitants vivants aux pieds des Alpes, n’ayant pour horizon qu’une barrière montagneuse – à moins de vivre au sommet d’un pic– l’Océan offre le spectacle inhabituel de sa ligne du bout du monde où plonge sans coup férir, chaque soir, la boule immense de notre astre vital.

On ne compte plus les « ouah ! » que nous avons manifestés bruyamment. L’ouest offre aussi l’avantage indéniable de rallonger les journées. La nuit tombe aux alentours de 22h en été et quand on est en camping, qu’on se prépare un petit repas au crépuscule, c’est vraiment agréable de manger à la lumière naturelle. D’autant plus quand, au loin, le soleil nous gratifie de son au revoir magnifique. Encore que subjugués par le spectacle grandiose, il n’est pas rare de passer à table à la nuit tombée.

 

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1 avril 2016

C comme Comillas

C’est un peu comme si un petit village de montagne avec ses maisons en pierres, ses balcons de bois ouvragés, ses ruelles pavées et ses toits de tuiles rouges étaient descendus à la mer, en villégiature balnéaire. Pourtant, Comillas est un port de pêche, oh, certes bien modeste mais tout ce qu’il y a de plus marin. Son heure de gloire, sur laquelle il surfe aujourd’hui, c’est l’arrivée du tourisme balnéaire aristocratique du XIX° s. Même le Roi Alphonse XII en avait fait son camp de base estival. Du coup, la petite cité est devenue « The place to be ». Le Palacio de Sobrellano domine sur une hauteur les toits rouges. C’est une œuvre néo-renaissance qui mélange plusieurs styles architecturaux historiques. Un peu de médiéval, un peu de renaissance, un peu de gothique, un zeste de baroque, ça donne un bâtiment un peu irréel, anachronique, qui représente bien la grandiloquence – et la mégalomanie – de cette aristocratie fin de siècle.  Autre perle de Comillas, le El Capricho de Gaudi. Un petit château tout droit sorti d’un conte de fée dessiné par un Walt Disney sous acide. Malgré son effervescence estivale - surtout qu’il y a une sorte de fête du village avec stands de tapas, de bières et mojitos, concerts nocturnes et foire avec manèges  – le vieux centre est vraiment agréable à arpenter dans ses ruelles piétonnes.  

 

Source: Externe

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Ces deux photos ne sont pas les miennes

 

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1 avril 2016

C comme Climat

Voilà le sujet qui fâche. Partir dans ces contrées espagnoles c’est avoir l’assurance de se mouiller quand d’autres partent dans la péninsule ibérique pour se garantir sécheresse, ciel bleu invariable, coups de soleil, baignade en mer, parasols, casquettes, lunettes de soleil et températures supérieures à 30°.
Alors non, ce n’est pas le climat océanique qui permet cette évasion caniculaire. Quand nous sommes partis des Bardenas pour rejoindre l’atlantique, il  faut traverser une barrière climatique. Sur les plateaux de cette Espagne centrale, entre Navarre et Rioja, le soleil rougit la terre et permet de donner un vin rouge capiteux gorgé de chaleur, l’autoroute défie ces quasi déserts puis, subitement, traverse une chaîne  de montagne avant de plonger vers l’océan. Le thermomètre, qui affichait ses 35° au compteur entame lui aussi sa descente, et arrivant dans les faubourgs industrieux de Bilbao, à un jet de pierre de l’Atlantique, il peine à dépasser la frontière symbolique des 20°. Le ciel est brumeux, il bruine un peu et les forêts d’eucalyptus semblent être une jungle inextricable. C’est un autre pays.


Pourtant, dans l’ensemble, nous avons eu de la chance. Il faut dire que cet été 2015, il a fait plutôt très chaud partout et il n’a pas été rare d’entendre les autochtones se plaindre « che calor, che calor » quand il faisait… 25°. Nous n’avons eu que quelques jours de pluie parcimonieux et c’était plus souvent une bruine ou un orage violent, mais passager. Jamais le ciel ne nous a mis des bâtons dans les roues. On peut même prétendre que lors de notre long séjour sur la côte Galicienne, nous avons carrément eu un temps exceptionnel – pour la région. De manière générale, il fait plus frais – bien que doux – au bord de mer qu’à l’intérieur des terres. Surtout en Galice, car pénétrer l’intérieur des Asturies ou de la Cantabrie, c’est gravir des montagnes.

La barrière montagneuse qui descend des Pyrénées à la Galice favorise l’accroche des nuages sur la partie nord. Ainsi, il n’est pas rare d’avoir un temps différent sur le versant nord, beaucoup plus arrosé, et ce jusqu’à la mer, et les pentes sud qui restent plus abritées des dépressions océaniques. Comme partout où il y a du relief, mais peut-être encore plus spécifiquement sur cette chaîne cantabrique et notamment dans les Picos de Europa,  le temps peut se dégrader en quelques heures. Nous en ferons l’expérience aux Lagos de Covadonga où nous sommes partis sous un soleil éclatant et avons terminé sous une belle dégradation pluvio-orageuse. Toujours est-il que ce climat reste assez imprévisible et malgré tous les sites météos internet que j’ai consulté (et parfois plusieurs fois par jour), l’indice de confiance des prévisions restent particulièrement bas.

Pour la température de la mer, par contre, là, pas de miracle. L’océan est frais. Voire très frais même, si le temps de la veille se met au grabuge ou si le vent se mêle de la partie. Nous n’avons été que plus surpris en piquant une tête à Bidart, de trouver une eau carrément douce en comparaison d’un mois d’Espagne Atlantique. Sans doute une histoire de courant marin différent.

Dernier particularisme inhérent à la géographie, le vent est omniprésent. Il peut souffler en rafale ou en continu, venir de tous les côtés, décoiffer des lignes de crêtes, s’engouffrer dans les ruelles des villages, soulever des gerbes d’écumes, balayer de sa puissance caps et pointes, enlacer les phares solitaires, fouetter le sable des immenses plages, former des tubes propices au surf, fracasser des vagues contre les falaises, plier les arbres isolés, rudoyer l’herbe rase. Le vent est le compagnon un peu trop fidèle, et parfois encombrant, d’un voyage en Atlantique Espagnol.

 

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29 mars 2016

C comme Chevaux

Pas de voyages sans chevaux pour Louna. Ça tombe bien, l’Espagne Atlantique est le territoire des chevaux sauvages, ou plus précisément de chevaux qui vivent en liberté. On peut voir des troupeaux au bord de mer, comme sur la côte asturienne ou cantabrique. On en rencontre sur les hauteurs, dans les Picos de Europa et sur toute la cordillère Cantabrique, notamment du côté de la vallée de la Luna entre Léon et Asturies. Des hardes se baladent dans le massif du la réserve naturelle Del Sueve, dans la région de Gijon, une sierra perchée au-dessus de l’Océan qui reçoit les alizés de plein fouet. Les plus nombreux que nous avons vus paissent tranquillement sur les hauteurs de Baoïna. Mais ils sont partout en Galice. Enfin, au pays basque, du côté de la Rhune, à cheval, c’est le cas de le dire, entre France et Espagne, nous découvrirons les Potoks (prononcez Potioks).

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Tous ces chevaux ont la particularité d’être courts sur pattes, plutôt massifs, leur morphologie semble parfaitement adaptée à leur environnement. Ils sont farouches, impossible de les approcher à moins de deux mètres ; ils restent toujours à distance, montrant ainsi leur méfiance vis-à-vis de l’homme. Peut-être que la tradition virile des Rapa da Bestas galicienne se transmet entre eux aussi. Une fois par an, en début d’été, les galiciens montent dans les montagnes pour regrouper les chevaux qu’ils réunissent dans des enclos nommé Curros. Devant un public enthousiaste, des trios d’hommes se ruent sur les bêtes à mains nues, et luttent contre les chevaux terrorisés afin de les immobiliser dans le but de les marquer, de leur couper (rapar veut dire raser)  la crinière et aussi, heureusement, de soigner les bêtes malades. C’est un spectacle assez ahurissant de bestialité et de sauvagerie, comme seule peut-être l’Espagne en est capable. S’ensuit alors une fête populaire avec force agapes, boissons et marché autour du cheval. Nous n’avons pas pu y assister, ces fêtes étant passées. Mais les images qu’on peut trouver sur internet donnent une idée.

RAPA DAS BESTAS EN SABUCEDO 2015

 

Au camping du Bout du Monde, Louna, enfin, a pu faire sa petite randonnée équestre. Et comble du bonheur pour elle, Léna, sa cop’s, Laurence la maman de Léna, et surtout Sophie qui montait pour la première fois, l’ont accompagnée. Le rêve réalisé.

 

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29 mars 2016

C comme Celtes

Pour ceux qui ne le savent pas, l’Espagne atlantique est une terre celtique. Si la géographie est déjà, en elle-même, plus proche de l’Irlande que de l’Andalousie, les origines des premières civilisations locales sont indubitablement celtes.


Sur tout le territoire on trouve des vestiges de cette civilisation : dolmens, menhirs, idoles, tumulus funéraires, autant de liens avec la Bretagne ou la Grande Bretagne. Les plus spectaculaires se sont les castros. Ce sont des villages fortifiés qui nous ont légués les fondations de leurs maisons rondes. Il y en aurait plus de 2000 recensés rien qu’en Galice. L’un des mieux conservés est le Castro de Santa Tegra. Nous nous contenterons de celui-ci, d’autant plus qu’il est merveilleusement situé sur un promontoire deux cent mètres au-dessus de l’océan et de l’embouchure du fleuve Miño qui sépare l’Espagne du Portugal. Ce jour-là, le ciel est laiteux et les nappes de brume qui dérivent sur le fleuve créent une atmosphère particulièrement mystérieuse. Entre les maisons du Castro les enfants s’amusent à prendre des notes – Ivann gribouille – et à résoudre le mystère du pétroglyphe caché. Malheureusement, une fois trouvé, nous serons assez déçus car il n’est pas très lisible, le temps ayant fait son travail de grand effaceur – à moins qu’ils ne s’agissent des hommes trop curieux.

 

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Sur toute la côte de Galice, les pétroglyphes sont nombreux et j’en découvrirai quelques beaux spécimens à vélo. Ces inscriptions gravées dans la pierre, dont la symbolique reste encore aujourd’hui à définir, sont particulièrement émouvants. Tous ceux que j’ai pu observer sont situés sur des points de vue fantastiques, a n’en pas douter, les hommes de l’âge de bronze, savaient aussi reconnaître les plus beaux endroits. Quelques-uns sont vaguement représentatifs d’animaux, mais les plus intéressants, à mon sens, sont ces sortes de spirales cosmiques qui s’enroulent sur elles-mêmes.

 

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Autre aspect de la « celtitude » : la musique. L’instrument de base est la Gaita, une espèce de cornemuse qu’on entend raisonner dans certaines Sidreria mais aussi dans les fêtes populaires. Les danses traditionnelles qui les accompagnent font indubitablement penser aux bals folks des nations celtes. Il existe même à Ortigueira, dans le nord de la Galice, un des plus importants festivals du monde celte. 

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Les Sidreria, puisqu’on en parle, sont également un des témoins de la vivacité de la culture celte, et notamment en Asturies, où le cidre est omniprésent. Beaucoup moins mousseux que ses cousins du nord, il est servi en tenant la bouteille en l’air, le plus haut possible et le verre très bas,  pour favoriser, justement, l’éclosion des petites bulles. Autant dire que pour les non aguerris, c’est un carnage. Et au vu de quelques services - et de l’odeur - aperçu çà et là, même les pros en mettent partout.

Dernière remarque sur la celtitude. Avec le syncrétisme chrétien, sont apparues les croix celtiques qu’on remarque dans les cimetières et qui s’affichent – et se déclinent – aujourd’hui, sur tous les supports touristiques avec d’autres symboles celtiques des temps anciens comme la Triquetra, le Noeud celtique, le Triskelion, la Spirale ou la Spirale Triple.

 

25 mars 2016

C comme Carretera

La route. Combien de kilomètres avons-nous parcourus ? Pas loin de 7 000. Un premier constat, elles sont en excellent état, le réseau est rénové et il permet d’accéder vraiment partout. L’autoroute Cantabrique court de la frontière française jusqu’à Lugo, au centre de la Galice. Indispensable pour accélérer le temps. Il y a une différence entre les Autopista (AP) qui sont payantes, et les Autovia (A) qui sont gratuites. Les grosses liaisons inter cités sont souvent larges, avec des passages à double voies. Les petites routes - de montagne, de campagne, côtières - sont évidemment les plus belles. Le tour des Picos est un must, cols, défilés, points de vue se succèdent dans un décor changeant et extraordinaire. 

 

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Dans la vallée de la Luna, c’est le sentiment d’être dans Born To Be Wild. Rien ne vaut une balade le long des routes en corniches qui épousent la côte déchiquetée pour appréhender la Galice maritime. Les plages s’enfilent comme les perles d’un collier, on s’enroule autour des Rias, des longs bras de mer qui s’enfoncent dans les terres en découvrant quelques petits ports typiques de la région. A l’intérieur, c’est la découverte d’une autre Galice, celle de la campagne, des petits hameaux isolés, des forêts d’eucalyptus ou de landes couvertes de basses végétations. Et puis, il y a la descente du Rio Sil. La route suit le lit de la rivière, en balcon, ménageant toujours de spectaculaires points de vue dans un paysage resté sauvage.

 

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Les automobilistes sont courtois et pas pressés. Il n’est pas rare en effet, de rester coincé pendant des kilomètres derrière une voiture qui est très attentive aux limitations de vitesse, voire même, ne parvient pas à rejoindre la vitesse conseillée dans les panneaux bleus carrés qui fleurissent un peu partout. Il faut d’adapter à la conduite pépère… et parfois c’est difficile. 

Pas de souci pour le ravitaillement bien entendu. Les postes à essence sont nombreux et bien indiqués. Les prix sont à peu près identiques aux nôtres, peut-être légèrement plus bas. A l’inverse, sur les autovia, pas d’aires d’autoroutes classiques, il faut souvent sortir de la voie principale pour rejoindre postes à essence ou restoroutes.

 

24 mars 2016

C comme Camping

Tout au long de cet été, nous avons posé notre caravane dans douze campings différents, choisis pour la plupart, dans un endroit stratégique afin de pouvoir rayonner en étoile pendant quelques jours. Ils nous ont offert des installations le plus souvent impeccables, jamais surpeuplés, et  idéalement placés pour certains d’entre eux.


Voici, dans l’ordre, les douze campings :

Camping La Noguera : Simple halte en Catalogne à la sortie des Pyrénées et après plus de 800 bornes, la piscine a lancé les vacances de nos six marmots. Un camping de vacances et de week-ends fréquentés par les espagnols. Premier repas à douze. Tout cela aurait été bien sympathique si nous ne nous étions pas fait attaquer pas des petits insectes, un hybride entre des puces et des aoûtats. En tout cas, des saloperies qui nous ont bouffé chaque coin de peau nue.

 

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Camping Bardenas Reales : Unique camping dans la zone aride des Bardenas. Une piscine salvatrice – avec bonnets de bain obligatoires vendus à l’accueil – avec 40° à l’ombre. Un match de water-polo d’anthologie entre Sandrine et Romane versus Louna et moi. Victoire sur le fil des Amazones.
Idéalement placé pour la visite mais très proche de la route empruntée par de lourds camions chargés des produits agroalimentaires cultivés en masse dans la région ; et surtout, très peu d’ombre. Thomas a bien tenté de placer une bâche, mais le soleil a été déclaré vainqueur par K.O.

 

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Camping Oyambre Beach : Ici aussi, confection d’un abri avec la bâche par Tom Gyver, mais cette fois-ci contre la pluie. Match nul. Nous sommes en Cantabrie, et le climat est océanique. A l’intérieur du parc naturel éponyme, placé entre la longue et belle plage, et des marécages aux allures de Bayou. Farniente, pêche à pieds, footing, école de surf, couché de soleil, body board… les activités ne manquent pas. L’endroit est idéal pour explorer la zone. Comillas, Santillana del Mar, San Vicente de la Barquera à quelques kilomètres et une côte sublime et intacte. Seul bémol, l’eau des douches est brûlante.

 

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Camping Naranjo de Bulnes : A moins d’une heure de l’Océan, lové dans une vallée aux pieds des montagnes des Picos de Europa. Le camping de montagne par excellence – même si nous ne sommes qu’à 100m d’altitude. De grands arbres, des emplacements sur des pelouses herbeuses, des sanitaires irréprochables dans des petits chalets de pierres et de bois. Le camp de base parfait pour explorer à pieds ou à vélo les formidables Picos. Dommage que Sandrine et Thomas nous aient quittés. Ils auraient adoré.

 

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Camping Rio Luna : D’abord, rien que pour le nom. Un camping presque à la ferme, sans la ferme. Le moins cher du voyage. Un peu rustique mais situé dans un environnement exceptionnel. A 1 200m d’altitude, encerclé par les hauts sommets de la cordillère cantabrique, côté León, et au bord du Rio Luna, un cours d’eau remplit de truites. Un lieu pour se ressourcer au calme dans une nature de toute beauté.

 

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Camping Canon do Sil : Le camping du vertige. Peut-être le coup de cœur du voyage pour son point de vue. Perché à l’à pic (400m) au-dessus du Sil qui entaille la montagne, c’est à l’intérieur même du camping que se situe le Mirador de Castro, l’un des plus impressionnants de tout le canyon. Des grands emplacements, des sanitaires impeccables, et le boss qui vend un petit vin blanc de la Ribeira Sacra, produit par son beau-père. Bref… un bon spot.

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Camping O’Muino : Des emplacements au gazon irlandais sur une corniche au-dessus de l’Océan ; sa clameur qui berce toutes les heures de la nuit, ses flux et reflux qui hypnotisent de longues minutes. Le spectacle chaque jour renouvelé du couchant et des marées. Une piscine au-dessous d’un moulin transformé en appartements de villégiature et une petite plage qui se découvre à marée basse. Le tout parfaitement entretenu dans une région à découvrir. Magique.

 

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Camping Ancoradoiro : Sur une presqu’île, à gauche la plage de Louro ; longue de 3 km dans un parc naturel avec dunes et lagunes, à droite la plage de Larino ; tout aussi longue, surveillée par le phare de Punta Insua. La mer qu’on voit à travers les fenêtres de la caravane qui se prélasse sur des emplacements parfaitement intimes. C’est la Galice rêvée. 

 

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Camping Poblado A Gaivota : A quelques minutes de la stupéfiante plage des Cathédrales, point fort de la côte nord de la Galice. A quelques secondes d’un front de mer qui est une lande en pente douce se jetant dans la mer du haut de belles falaises ; entre elles, d’interminables plages.

 

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Camping Virgen del Mar : Un arrêt en Cantabrie sur la route du retour. Un vaste camping herbeux, avec piscine, à deux pas de la Virgen del Mar, une église bâtie sur un ilot battu par les vents. Santander, ses beaux quartiers et sa sublime plage urbaine à quelques kilomètres.

 

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Camping Berrua : Retour en France sur la côte Basque. Retrouvailles avec des amis qui sont en bungalows. Le camping village typique avec famille en vacances, activités, animation, piscine etc… Une ambiance tout autre de ce que nous avons connu jusqu’ici. Nous étions à la campagne, nous sommes arrivés en ville. Mais le Pays Basque, c’est chouette.

 

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Camping Le Bout du Monde : Pour finir en beauté. Nos amis ayant loué une yourte, nous les suivons dans ce village vacances, mais cette fois-ci en pleine nature. Des emplacements immenses et immergés dans la forêt, une zone bungalow style cabane au Canada, un village de yourtes, une ferme dont on peut promener à la laisse une chèvre, une écurie qui propose balade à poney qu’on peut trimbaler dans le camping ou randonnée à chevaux, deux piscines, un lac pour la pêche, un bar à vin, une auberge dont la spécialité est la Pintade à l’Ecrevisse. Sans aucun doute le camping préféré des enfants. 

 

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23 mars 2016

C comme Camino de Santiago

Tous les chemins mènent à… Santiago. Il ne peut y avoir meilleure devise lors d’un voyage en Espagne Atlantique. Incroyable sentier de randonnée que parcourt un nombre toujours plus élevé de marcheurs. Où que l’on se trouve, à chaque coin du pays, dans toutes les villages, sur toutes les routes, au bord de mer, ou sur un sentier de montagne, dans un bar ou un restaurant, dans les auberges, tout ramène toujours au Chemin de Saint-Jacques. On ne compte plus les panneaux qui envoient le randonneur vers son objectif. On ne compte plus les coquilles - la fameuse coquille - dessinées partout et accrochées au sac à dos de ces drôles de bestioles qui crapahutent le long du chemin.

C’est une horde de pèlerins qui se dirigent à pas lent, vers l’ouest ; parfois par petits groupes, souvent par couple, et même seul et surtout toute seule tellement la part de pèlerine « célibataire » est importante. Jeunes et moins jeunes, de toutes nationalités, les pèlerins envahissent l’espace avec leur sac à dos lourds de tous les péchés à expier. Et à voir certains marcher le long de routes nationales encombrées, délaissant les sentiers côtiers et « naturels », je me demande s’ils ne parcourent pas ce pèlerinage dans l’unique but de se flageller.   

Ce n’est pas tant la longue marche que je ne comprends pas – un style de voyage qui m’attire plutôt – mais la satisfaction qu’on peut ressentir à pousser un pied devant l’autre sur un bas-côté goudronné pendant que des vacanciers en caravane vous dépassent avec un regard de compassion et vous crachent au visage une bonne bouffée de particules fines. Ce qui me parait irraisonnable, c’est cet entêtement à rester sur le « chemin historique » même si celui-ci est désormais, et avec le passage des siècles, devenu une autoroute dans le sens littéral du terme.  Je forcis un peu le trait, car il y a sans doute autant de chemins qu’il  y a de pèlerins et autant de pèlerins qu’il y a de raisons de faire ce voyage. Et les pèlerins, dans le sens religieux du terme, ils ne le sont sans doute pas tous.

Le chemin de Saint-Jacques est devenu une sorte de festival de la randonnée, où sans danger de se perdre - il faudrait vraiment le faire exprès -  on peut se lancer sur un trek au long cours avec la certitude de pouvoir toujours trouver de quoi se loger (encore que vue l’affluence, les places doivent être de plus en plus rares), manger, boire et rencontrer à qui parler. Alors peut-être que l’essence même de cette aventure, comme disait Claudio Magris dans son « Danube » c’est que « Le voyage c'est la fidélité du sédentaire, qui rive partout ses habitudes et ses racines, et cherche à tromper, avec la mobilité dans l'espace, l'érosion du temps, pour répéter sans fin les choses et les gestes familiers : se mettre à table, parler, faire l'amour, dormir. »  

 

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Pour ce qui est du volet religieux de l’histoire et pour épargner les recherches googlisées, des anges auraient tirés sur une barque, le corps de Jacques, un des apôtres – je le rappelle au cas où -  exécuté en Palestine, sur les rives de la Galice, terre où il fut enterré. Oublié pendant de nombreux siècles, son tombeau est « retrouvé » opportunément au IX° s, juste au moment où ça commence à filer dur entre musulmans et chrétiens qui préparent leur Reconquista. Et voilà qu’en plein milieu d’une bataille, notre Saint apparaît sur son cheval blanc et fendant l’air de son épée découpent quelques musulmans comme de vulgaires tranches de chorizo. Ce Haut-Fait historique – puisqu’on vous le dit – lui fait gagner le sympathique nom de « Matamore » (Tueur de Maures). Et c’est ainsi que grâce à sa légendaire tolérance, Saint Jacques est devenu le symbole de la Reconquista – qui aboutira en 1492 en expulsant les derniers Sarazins du continent et  puisqu’on y était, en virant les juifs d’Espagne, d’une prière deux coups.
On construit alors, par étapes, autour de ses supposées reliques – on n’avait pas de tests ADN à l’époque – une chapelle qui deviendra cathédrale avec l’arrivée des premiers pèlerinages ; et leurs besoins de sédentaires : se mettre à table, parler, faire l’amour, dormir. Grâce à cette manne touristique, la ville de Compostelle s’enrichit et se développe.
Dans notre XXI° s qui crève sous la pollution,  le pèlerinage est revenu à la mode. Devant la cathédrale, chef d’œuvre de l’art baroque espagnol, se trouvent la ligne blanche finale de plus de 200 000 personnes qui viennent chercher ici une parenthèse spirituelle – et physique – à leur vie moderne.

 

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La ligne blanche est parfois dépassée. L’une des expressions des chemins de Compostelle est Ultreïa, soit « au-delà ». En effet, nombreux sont ceux qui, emportés dans leur élan, terminent leur voyage au bout du bout de l’Europe, au Cap Finisterre, cent mètres au-dessus de l’Océan, avec vue sur des rêves transatlantiques – mais là il va falloir nager mes braves. Et c’est sur ces rochers, perpétuant une lointaine tradition que les pèlerins abandonnent chaussures, chaussettes, chapeaux, casquettes, tee-shirts, foulards, bâtons de marche en les accrochant à des pylônes métalliques.  Pas de slips ou de soutiens gorges pendus – nous ne sommes pas à un concert d’une rock star. Certains, pour faire encore plus vrais que les pèlerins du moyen-âge brûlent leurs effets de randonneurs. Mais il faudrait leur rappeler qu’à cette époque, les chaussures n’avaient pas de semelles en plastique et les bâtons Quechua n’étaient pas en allu. Pour le côté Cop 21, les gars, il faudra repasser votre diplôme.

 

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Est-ce bien nécessaire de parler des marchands du temple ? Tout au long du chemin, et évidemment autour de la cathédrale et au Cap Finisterre, les étals de souvenirs de pacotille se livrent une concurrence acharnée pour vendre des coquilles déclinées sur tous supports, bâtons de pèlerins et autres articles Made in China à rapporter sans ses bagages ; et qui finiront comme support à poussière ou au fond d’un mâle en osier oubliée dans le grenier ou la cave. Ainsi va le commerce...

 

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22 mars 2016

B comme Bardenas Reales

Vous aimez les décors de westerns ? Vous avez toujours rêvé de vous perdre dans l’Utah ? Vous n’avez pas peur d’un peu de chaleur ? Alors les Bardenas Reales sont votre prochaine destination. Situés en Navarre, à deux pas de l’Ebre et pas si éloignées des premiers reliefs des Pyrénées, les Bardenas sont un désert de couleur ocre sculpté par l’érosion. Un lieu hors du commun sur notre continent.

 

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Ce coin d’Espagne n’a rien en commun avec le voyage atlantique mais cela valait bien un détour de l’autre côté des Pyrénées pour venir découvrir ce bout de terre stupéfiant. Le site est un parc naturel protégé, mais bizarrement, des pistes caillouteuses permettent de le sillonner en voiture. Inutile d’avoir un 4x4, mais une journée sur ces chemins poussiéreux ressemble à un petit Dakar. Et pour Thomas et Sandrine, les amis qui nous accompagnent, dans leur Vito sans climatisation, à un Dakar des origines. Parce qu’il n’est pas inutile de préciser que dans ce paysage désertique, en plein été, qui plus est lors d’une période de canicule, les températures ont des allures sahariennes. D’autant que nous formons une belle caravane avec nos six petits chameaux qui ne semblent absolument pas souffrir de cette chaleur.

 

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Les Bardenas ce sont des plateaux où se nichent des vautours dans les falaises érodées ; des sculptures de pierre comme la cheminée de fée la Castil de Tierra, symbole du parc et dont la silhouette à contrejour fait beaucoup plus qu’évoquer un phallus en érection ; un grand lac salé préhistorique dont on aperçoit encore des dépôts de sel et où les enfants trouvent des carcasses d’écrevisses dans la marne asséchée et craquelée par des mois de sécheresse ;  des ravines séparées par des canyons profonds que doivent creuser encore d’avantages les violents orages ; une dépression formant une vaste plaine centrale où se situe un polygone de tir de l’armée de l’air espagnole, c’est une base militaire en activité dont la présence dans un parc protégé suscite quand même l’étonnement. La bombe d’essai qui explose à moins d’un kilomètre de notre lieu de piquenique nous fait tous sursauter et nous rappelle que les indiens avec plumes, arcs et flèches chevauchant sur leurs destriers n’apparaîtront pas dans le paysage comme on aurait presque pu le croire.

 

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Nous sommes montés – en gravissant 200 marches, parait-il – au sommet de la Cabeza de las Cortinillas, une formation tabulaire qui permet d’embrasser tout le paysage. Un véritable cinémascope où l’on peut apercevoir les strates géologiques de couleurs différentes qui strient les ravins.

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Les Bardenas se divisent en trois territoires distincts : la Bardena Blanca (celle que nous avons visitée), la Negra (son nom vient du ton sombre des ses forêts de pins et de chênes) et El Plano qui est beaucoup plus…plane que ses voisines et plus agricole grâce à l’irrigation tiré des barrages.

 

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18 mars 2016

B Comme Baiona

En arrivant à Baoina, dans l’effervescence d’une cité balnéaire sous un ciel d’un bleu impeccable, je me suis d’abord demandé si cette mer de Galice que nous attendions tant allait nous désenchanter. D’autant plus que le camping village où nous avons frappé,  idéalement placé au bord d’une plage au calme adriatique et à deux pas de la ville, affichait complet. Si les enfants ont été très déçus, ils ne pourront pas utiliser le grand toboggan de la piscine, nous avons plutôt été soulagés, surtout après avoir mis plus de trois quart d’heure à ressortir du parking bouchonné par les nouveaux arrivants. Nous voulions trouver une Galice sauvage, pas un ersatz de la Costa Brava.
C’est à 10km au sud de la ville, en direction du Portugal, que nous avons posé nos roues au O’Muiño, une belle adresse.

Baiona est une petite cité caractéristique de la Galice. Son centre ancien est fait de pierres de granit grises, massives. Les galeries boisées et vitrées qui ornent de nombreux bâtiments, sorte de bow-windows, viennent donner un peu de finesse à l’ensemble. Quelques églises compactes et des ruelles piétonnes montent à l’assaut d’une colline qui surplombe le port, lové dans une petite anse à l’abri de la grande houle.

 

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Sur l’un des pontons est amarré la réplique de la Pinta, l’une des caravelles de Colomb. Le 4 mars 1493, Martin Pinzon, débarqua donc dans ce petit port de Galice avec à son bord trois pauvres indiens arrachés à leur destin, un perroquet et quelques découvertes du « nouveau monde » que l’Europe ne connaissait pas encore : coton, maïs, tabac. Autant de preuves de cette découverte qui allait modifier considérablement le cours de l’Histoire. Pour la modique somme de 2 euros, la caravelle se visite. Ce qui frappe, c’est la petitesse de l’embarcation. Elle semble comme écrasée par des bateaux de plaisance ou les ferrys qui partent en balade. C’est donc à bord de ces petits navires que des aventuriers ont réussi à bouleverser un monde qui semblait figé pour l’éternité.

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S’avançant dans l’Océan, une petite presqu’île, le Monte Boi, abrite une très belle forteresse dont une partie est transformée en Parador, les grands hôtels de luxe espagnol. La Fortaleza de Monterreal permet d’effectuer une belle promenade tout au long de son chemin de ronde (3km). Elle offre de très jolis points de vue sur la ville, les Iles Cies qui se détachent sur la mer et l’Océan, majestueux spectacle en soi, surtout quand les vagues viennent se briser sur les rochers en contrebas. Sophie faisant une course, nous en faisons le tour avec les gosses et leurs trottinettes.

 

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La région autour de Baiona est un territoire farouche. La côte est une frange de rochers battue par les vents et les vagues. Ici, pas de plages de sable. Plusieurs petits hameaux se succèdent jusqu’au Rio Miño qui sépare l’Espagne de son voisin portugais. L’un des plus remarquables est Arrabal-Oïa où se situe le monastère de Santa Maria de Oia qui domine des vénérables maisons de pierres grises et une cale de pêcheurs, comme une carte postale en noir et blanc.

 

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La route côtière, de toute beauté, s’adosse à des collines touffues. Les pénétrer, c’est changer de monde en quelques virages. L’atmosphère se fait plus montagnarde malgré les altitudes modestes (600m). Les maisons se font rares. Les sommets s’aplanissent en différents plateaux dénudés où paissent des troupeaux de chevaux sauvages dans la bruyère. Si par chance, une légère brume venue de la mer envahit ces landes, c’est la sensation assurée de se retrouver catapulté dans un paysage mystérieux digne du « Chien des Baskerville ».

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15 mars 2016

A comme Atlantique

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On quitte rarement l’océan quand on vient se balader dans ce coin d’Espagne, et pour cause, on y vient aussi pour lui. L’Atlantique offre une palette de paysages infinis. La côte, bien que déchiquetée et largement sauvage, permet aussi de profiter de ses innombrables plages, rarement bondées, toujours impeccables, parfois spectaculaires et ce même dans les villes. Et même s’il arrive que la température de l’eau n’incite pas à la baignade, ou que les courants soient dangereux, il y a toujours quelque chose à faire au bord de l’Océan. Il faut dire que les marées alimentent les loisirs, modifiant sans cesse les paysages.

 

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Pour les enfants, la pêche à pieds, les châteaux de sable éphémères que l’on construit en attendant qu’ils soient emportés par les vagues, la collection de coquillages abandonnés par leurs habitants, sont bien plus ludiques qu’une journée passée à barboter dans l’eau. Et même s’il est rare de véritablement nager, l’Atlantique est un terrain de jeu sensationnel pour s’amuser dans ses rouleaux avec un simple body-board gonflable.

 

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Les chemins de douaniers sont autant de belles balades le long du littoral, atteignant souvent des phares amarrés sur des caps défiant les déferlantes, ou sur des hautes falaises dominant la houle. En voiture ou à vélo, les petites routes côtières sont parfaites pour découvrir l’océan depuis la terre ferme et atteindre des petits ports de pêches isolés. Sur tout le pourtour de l’Atlantique se dissémine, comme les perles d’un collier, quantité de petites bourgades authentiques où il  fait bon flâner en admirant les façades à verrières et les balcons de bois, où il fait bon s’assoir à une terrasse pour contempler la vie quotidienne paisible et agréable, où chaque restaurant vous invite à vous régaler des produits de cette pêche qui reste encore une activité primordiale dans l’économie locale. 

 

 

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L’océan vous happe et vous emporte, il sait conjuguer les contraires, se montrer inaccessible et accueillant, il peut vous apparaître d’une violence inouïe et se faire doux le temps d’une accalmie météo. L’océan c’est le spectacle fascinant de la force de la nature à l’état brut.

 

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Dommage que nous n’ayions pas vu de gros cétacés s’ébattre dans ses eaux. Ce n’est pas faute d’avoir scruté l’horizon, mais ni baleines, ni dauphins ne sont venus nous saluer. Encore que… en faisant le tri dans les photos au retour, nous avons eu la surprise d’apercevoir sur l’une d’elle, la queue d’un de ses mammifères. Un joli pied de nez…

 

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15 mars 2016

Introduction

C’est en débarquant dans le petit port de Baiona, sur la côte de Galice, en mars 1495, que Pinzon, à la tête de la Pinta, devança sur la route du retour son collègue et rival Christophe Colomb et révéla au monde l’existence d’un nouveau continent. Les futures Amériques étaient nées. Autant dire que cette région espagnole est tournée vers l’Océan, ses promesses de voyages au long cours, de traversées épiques, d’aventures. Du pays Basque à La Corogne, protégé par la cordillère cantabrique, le pays regarde vers le nord, portant son regard sur ses origines celtes. Puis soudain la terre s’arrête, s’incurve vers le sud en formant un angle droit et contemple à l’infini l’Atlantique.  C’est le terminus du continent Europe symbolisé par le Cap Finisterre.

C’est à la découverte de ce décor rude et sauvage, d’une grande beauté naturelle, que nous sommes partis. L’Atlantique rejette tous les clichés sur l’Espagne. Inutile de chercher des arènes pour tauromachie, des robes colorées de gitanes dansant le flamenco avec des castagnettes, des journées caniculaires aérées par des éventails et rafraichies en buvant des gaspachos, pas d’agaves au bord de mer et encore moins de paysages pelés et secs. Où sont les oliviers et les grandes serres, et ces plateaux battus par les vents de la Mancha ?

L’Espagne Atlantique offre un visage homogène malgré ses yeux vairons : à gauche le vert de ses collines et montagnes, à droite le bleu de l’océan. Le camaïeu de verts dégringole vers l’Océan, c’est une région montagneuse dont les sommets culminent souvent à plus de 2 000m, si bien, qu’il est tout à fait possible de faire une balade dans un décor dolomitique le matin et de monter sur une planche de surf l’après-midi pour défier les rouleaux de l’Océan. On compare souvent la Galice à la Bretagne, la Cantabrie et les Asturies à une petite Suisse avec la mer. Le tout à l’Irlande. Mais ce serait réducteur, car on découvre aussi des paysages différents sur les versants sud de la cordillère, avec ses montagnes qui évoquent des paysages américains, ses rivières qui creusent des sillons profonds et offrent des points de vue sublime.  On ne peut que s’ébaubir devant la clarté de l’eau sur les Isles Cies en face de Vigo qui n’ont rien à envier à un lagon polynésien ou aux premiers contreforts des Picos de Europa qui font irrésistiblement penser aux pains de sucre asiatiques quand ils se dérobent dans la brume. Et que dire de ces Picos dont la variété des paysages alpins est spectaculaire.

Cette nature généreuse a joué le rôle d’une véritable forteresse, permettant à cette région de conserver fièrement ses racines et traditions. On découvre des villages authentiques, de pêcheurs ou de montagne, des villes à taille humaine parfaitement conservées dont la fameuse Saint-Jacques de Compostelle qui attire depuis mille ans des pèlerins et aujourd’hui un être hybride qui marche vers Santiago, lui seul et Dieu, savent pourquoi.

Mais le cœur de cette Espagne bat dans les eaux fraiches de l’Atlantique. Sur des milliers de kilomètres, la houle vient frapper parfois avec violence des falaises impressionnantes, s’engouffre le long des Rias, des estuaires où se mélangent eaux douces et eaux salées,  vient lécher des longues plages de sable et se permet par endroit d’épargner quelques criques secrètes.

Après un détour par le parc des Bardenas, véritable décor de western, nous avons navigué jusqu’à la frontière du Portugal en passant par la Cantabrie dans la région de Comillas puis les Asturies dans le parc des Picos de Europa. Nous avons fait une halte dans la méconnue vallée de la Luna, après un arrêt à Oviedo. Nous avons découvert Léon et l’extraordinaire site des mines de Las Medulas en direction de la Galice. Nous avons posé la caravane sur un camping-mirador au-dessus des gorges du Sil. Nous avons atteints la côte sud de la Galice vers Baiona, ses plages, ses îles, ses landes peuplés de chevaux sauvages. En remontant nous avons parcourus  les paysages sauvages de la Costa da Muerte, non sans avoir salué la cathédrale de Santiago de Compostella parmi les pèlerins du monde entier. De retour sur la Costa Verde, nous avons célébré la marée sur la plage des Cathédrales avant de rejoindre la France, le pays Basque et des amis en parcourant l’autoroute cantabrique. Nous avons terminé ce périple au camping du Bout du Monde, le bien nommé, dans l’Aude avant de retrouver nos pénates. Bref, nous avons vu beaucoup de choses, et surtout, nous avons découvert un coin d’Europe fascinant que je vais tenter de décrire dans un abécédaire.

 

 

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