Canalblog Tous les blogs Top blogs Tourisme, Lieux et Événements Tous les blogs Tourisme, Lieux et Événements
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Abécédaire de l'Espagne Atlantique
Publicité
31 mai 2016

T comme Trottinettes

The trouvaille des vacances. Si vous avez des enfants, vous avez sans doute tous subi, à un moment ou à un autre, l’enthousiasme de ces petites terreurs pour les balades citadines, surtout quand il a été établit, par contrat signé, qu’il n’y aurait aucun achat de jouet/ballon de baudruche/souvenir/carte postale/glace/bonbon/livre/tour de manège. Eh bien, une trottinette ça vous change la vie. La balade devient une aventure, la corvée un amusement. Alors qu’il faut les traîner habituellement, avec leurs petits engins, c’est eux qui entraînent : on passe par où, on va où, on prend à droite, par ici, dans la descente…

 

Alors bien sûr, il s’agit de faire attention à la circulation, surtout avec Ivann, pour qui le danger potentiel d’un bus est aussi terrifiant qu’une bataille entre deux playmobils. Mais les villes espagnoles, du moins celles que nous avons visitées cet été, ont l’énorme avantage de pouvoir se parcourir dans des ruelles piétonnes…ou presque. Alors, le danger principal, il l’est surtout pour les gens que nous croisons. Heureusement, encore une fois, nous avons quand même été un peu en décalage avec la vie ibérique. Nous avons plutôt passé notre temps urbain à l’heure de la sieste, quand la foule dense et compacte n’est pas encore sortie prendre son premier verre. Seul bémol concernant les trottis, pour les visites d’églises ou de musées, pour boire un verre, faire une course dans un magasin ou prendre un transport en commun, elles peuvent être un peu encombrantes. Mais c’est un bien maigre problème par rapport à tous les avantages qu’elles apportent. Vive les trottinettes !

 

DSCF6244

DSCF6269

DSCF6604

DSCF7089

DSCF7114

DSCF7119

Publicité
19 mai 2016

P comme Portugal

Peut-on raisonnablement dire « j’ai fait » le Portugal quand on a pénétré dans le pays sur une vingtaine de kilomètres le long de sa côte nord ? Non, bien entendu. Et pourtant, le Rio Minho est bel et bien une frontière, même si, comme partout en Europe les postes de douanes ont disparus. Première dans ma vie de voyageur, nous sommes arrivés dans un nouveau pays à bord d’un bac qui traverse justement ce fleuve côtier.

 

DSCF6725

DSCF6751

DSCF6758

 

 

Alors, bien sûr, le paysage ne se transforme pas du tout au tout, les Eucalyptus tombent toujours sur d’immenses plages de sable qui semblent vouloir tirer tout droit vers le Sud. Mais il y a un je ne sais quoi de différent, sans doute un peu moins de richesse, ou plus de pauvreté suivant le point de vue, en tout cas, un peu moins d’entretien sur le bord des routes, plus de laisser-aller sur le crépi des murs, un quelque chose d’un peu plus foutraque sur les panneaux de signalisation ou publicitaires, des magasins moins bien achalandés etc…
Nous nous sommes arrêtés sur l’une des plages de Ancora sous un ciel plombé. Nous avons garé la voiture dans un grand parking ensablé, où notre plaque française n’était pas isolée. Des rafales de vent semblaient vouloir donner un grand spectacle aux touristes, la mer était furieuse, et les enfants ne se sont baignés que dans un petit lac alimenté par le ressac à marée haute.

 

DSCF6759

DSCF6767

DSCF6765

DSCF6770

DSCF6774-001

 

Tout autour de nous, en tendant bien l’oreille, et après quelques semaines en immersion avec la langue de Cervantés, nous avons été surpris d’entendre de plus en plus distinctement celle de Molière. Nous avons alors passé une paire d’heure avec la diaspora portugaise de retour au pays pour les vacances. Une sorte d’armée pacifiste qui recolonise la terre d’origine. Et quand je vois sur les panneaux : Braga, Porto, Coimbra, Lisboa ; je me dis qu’il faudra « faire » un jour le Portugal.

 

31 mai 2016

U comme UNESCO

Plusieurs sites de cette région septentrionale sont inscrits au Patrimoine Mondial de l’Humanité.

En Cantabrie, Altamira et l’art rupestre paléolithique de la région. En Asturies, les monuments d’Oviedo et du royaume des Asturies, notamment les églises préromanes. En Galice, la vieille ville de Saint-Jacques de Compostelle est entièrement sanctuarisée par l’Unesco. La tour d’Hercule à La Corogne et les remparts romains ceinturant Lugo également – nous ne nous y sommes pas passés, malheureusement. Le Chemin de Saint Jacques, dans la totalité de ses quatre itinéraires est intégré également dans cette liste. Dernier site de la région, Las Médulas, les carrières d’or romaines font également partie de cette prestigieuse sélection.

 

Cuevas 001

DSCF6056

DSCF6468

DSCF7612

DSCF7820

19 mai 2016

P comme Playa

Si l’Océan appelle des images de falaises, de côtes déchiquetées, d’à pics, de roches et de déferlantes tumultueuses, si ces images ne sont pas que des leurres, il faut également intégrer dans le tableau les innombrables plages qui émaillent toute la côte Atlantique de l’Espagne. Petites criques désertes, larges bancs de sable où les rouleaux déferlent, anses aux contours parfaitement arrondis, sites cachés qui ne se découvrent qu’à marée basse, longs cordons dunaires, curiosités géologiques, plages urbaines qui insèrent la nature dans la ville, lieux dénudés et battus par les vents, secteurs à l’ombre de forêts d’eucalyptus, plages de gros galets roulés par la houle … il y en a pour tous les goûts.

DSCF4884

DSCF4925

DSCF5099

DSCF5132

 

Chacune exhibant sa particularité, son caractère, sa singularité. En commun, elles partagent leurs intérêts pour le naturel. Elles sont propres, et même quand elles se remplissent de vacanciers, les parasols et autres chaises longues se font rares. Les plages atlantiques sont à mille lieux de leurs semblables méditerranéennes. Ici, c’est le plus souvent la quiétude qui règne, et même sur l’eau, il est exceptionnel de voir yachts, bateaux de croisière, jet skis, pédalos et autres engins navigables même identifiés ; quelques surfs, voire des kites, et un ou deux baigneurs qui défient la température de l’eau.

 

 

DSCF5213

DSCF6716  DSCF6902

DSCF7432

DSCF7456

DSCF7567

DSCF7702

DSCF7807

 


Alors, oui, sans aucun doute, on peut faire de ces régions une destination plage. Des plages à vivre plus qu’à se prélasser. D’ailleurs, les marées viennent souvent vous signaler qu’il est l’heure de bouger, l’immobilisme ne se conjugue pas avec l’Océan.

S’il ne fallait en ressortir qu’une seule, ce serait la Playa de Catedrales, sur la mer Cantabrique. Site extraordinaire qui mérite à lui seul le déplacement. Nous l’avons visité au terme de notre périple espagnol, et les enfants, surexcités par la magie du lieu, ont dit un émouvant « merci papa de nous avoir emmené ici ».   

 

DSCF7873  DSCF8165

DSCF8175

DSCF8186

DSCF8255

DSCF8269  DSCF8263

DSCF8331

DSCF8338  DSCF8347

 

26 mai 2016

S comme Sil (Canon do)

Le Sil est une rivière de Galice qui prend sa source dans les monts Cantabriques et vient mêler ses eaux au Minho, le fleuve frontière entre L’Espagne et le Portugal. Le Sil est surtout connu pour ses gorges et ce qu’on appelle la Ribeira Sacra, parce que se sont établis sur ces berges reculées de très nombreux ecclésiastiques. Les églises, ermitages, couvents et monastères ponctuent le paysage. Cette partie du voyage en mériterait un à part entière. Suivre le Sil est un enchantement. C’est le genre de paysage où tout semble en harmonie, où chaque chose semble à sa place. Pour tenter d’expliquer un peu ce paysage, il faut imaginer deux plateaux vallonnés séparés par une énorme entaille creusée par le Sil. Cette entaille c’est le Canon do Sil, pouvant atteindre 500m de dénivelé.

 

DSCF6555

DSCF6495

DSCF6569

DSCF6578

DSCF6626

 

Sur les plateaux, les forêts de châtaigniers – immenses, profondes, ancestrales – séparent de rares villages conservés dans leur jus. Pierres de tailles, toits de lauzes, maisons basses parfois chaulées et des petites églises qui semblent venues de la nuit des temps. Parfois un monastère, comme celui de Santa Cristina de Ribas de Sil, juste au-dessous du camping, offre aux visiteurs une ambiance tout à fait magique. Noyé sous la frondaison de châtaigniers séculaires aux troncs noueux et aux branches immenses, on croirait qu’il va surgir lutins, elfes, gobelins et autres farfadets de son cloître roman. Surtout quand on le visite seul, juste accompagné de son vélo.

 

DSCF6536 - Copie

DSCF6540 - Copie  DSCF6544 - Copie

DSCF6558

 

Dans la forêt les chemins empierrés, les murs de soutènements, les enclos de pierre et la rencontre avec quelques ruines de vieux hameaux laissent entrevoir cette vie médiévale aujourd’hui disparue mais qui nous a légué les indices pour la comprendre.

 

DSCF6560 - Copie  DSCF6549

DSCF6561 - Copie

 

Sur les pentes inclinées qui plongent vers le filet d’eau, les hommes ont terrassé le relief pour y planter de la vigne. C’est ainsi que le travail démesuré de ces stakhanovistes se marie parfaitement avec la beauté naturelle du site. Sur les versants ensoleillés, les terrasses descendent en cascades, parfois jusqu’à toucher l’eau.

 

DSCF6624

DSCF6493

 

Les villages s’agrippent au sommet de ces falaises, surgissant sur des éperons, à l’instar de Castro Caldelas, merveilleux condensé du village Galicien. Depuis le haut du Sil et jusqu’à l’embouchure du Mino, les rives du fleuve et de son affluent sont un camaïeu de vignes. Le lit du  Rio Mino, d’Ourense jusqu’à l’océan, serpente en de larges coudes bordés par les sarments. Il ne va pas sans rappeler son cousin portugais, le Douro, où l’on concocte le Porto. Ici, l’appellation est la Ribeira Sacra ou le Ribeiro, parmi les plus réputés des vins galiciens. Tout au long de la route qui file vers Ourense, on peut admirer les panoramas de nombreux miradors, tous plus spectaculaires les uns que les autres. Autour de l’un d’eux, s’est établit un camping où nous passons deux nuits. La féerie est au rendez-vous du coucher de soleil, quand il disparaît derrière la ligne de crête, éteignant lentement les feux qu’il a fait naître sur les pentes abruptes du Sil. Un light show naturel qui a sans doute inspiré des générations de croyants à travers les âges, blottis dans cet éden de silence et de solitude.

 

DSCF6517

DSCF6500

DSCF6566

Publicité
3 mai 2016

L comme Llanes

Une bien jolie petite ville que Llanes. Son centre ancien posé au bord de mer est parfaitement préservé. Ruelles étroites et piétonnes, petits immeubles à deux trois étages dans le plus pur style asturien, avec des façades colorées et fleuries et leurs toits de tuiles ocres ; quelques placettes pavées et un mur d’enceinte encore debout ; sur les artères principales, des bâtiments avec les traditionnelles galeries vitrées et des Casonas de Indianos, parfois mal en point ; au cœur du village, une rivière pénètre dans l’urbain où sont amarrés les embarcations ; en contre point, à l’arrière, des montagnes formant une barrière végétale et minérale abrupte ; et puis, côté océan, plages et port pour ancrer Llanes dans son rôle de cité balnéaire.

 

DSCF5223  DSCF5224

DSCF5313


En ce 22 juillet, c’est la fête de la Magdalena. Tout le village participe dans les habits traditionnels. Les hommes sortent de l’église  la statue de la Sainte en portant le Paso, sorte d’autel, sur leurs épaules. Les enfants baladent des espèces de pyramides de pains décorés de bouquets de fleurs, les femmes défilent en jouant du tambourin. Après avoir fait sa petite balade annuelle, la sainte revient au bercail, et tout ce beau monde se retrouve pour effectuer des danses traditionnelles au son de la Gaïta, la cornemuse locale.

 

DSCF5289  DSCF5302

DSCF5307

DSCF5303

DSCF5311  DSCF5305

 

DSCF5296  DSCF5306

 

 

 

 

18 mai 2016

O comme Oviedo

Je pourrais dire d’Oviedo la même chose que d’Ourense. Voilà encore une ville très agréable ; et paisible à l’heure de la sieste. La Capitale des Asturies semble avoir été passé au karcher. Même dans la banlieue, où nous avons pu trouver une place assez grande pour garer notre attelage, les rues sont nettes, aucun papier ne traîne au sol, les jardins publics sont hyper bien entretenus, les façades des immeubles sont impeccables et même les sempiternels tags semblent absents du paysage. Oviedo, ce sont de larges artères bordées de belles façades du XIX° s – lui donnant parfois des allures de ville de la Mittle Europa -  qui convergent vers le cœur de la  vieille ville.

 

DSCF6097

DSCF6109

 

Là, on peut flâner entre places et placettes, ruelles médiévales et rues commerçantes flanquées d’hôtels particuliers. La cathédrale gothique s’élève avec finesse sur la Place de Alfonse II El Casto, côtoyant des palais anciens. Ce qui est singulier dans cette ville, ce sont ses bâtiments aux façades parfois entièrement boisées, ses balcons fleuris,  ses couleurs vives ; ils s’élèvent rarement au-dessus de trois étages. Cette ville à taille humaine donne l’impression, quartier par quartier, de se retrouver sur la place d’un petit village de campagne.

 

DSCF6056

DSCF6062

DSCF6075

DSCF6079  DSCF6089

DSCF6093

 

Au hasard des errances urbaines, on rencontre plusieurs sculptures qui balisent la ville. C’est ainsi, qu’on peut tomber nez à nez avec Woody Allen, un amoureux d’Oviedo qui disait d’elle : Oviedo est comme un conte de fée.

 

DSCF6074

DSCF6071

DSCF6049  DSCF6102

 

12 mai 2016

N comme Naranjo De Bulnes

Egalement nommé le Pico Urriellu, ce sommet des Picos de Europa est le symbole du parc. Culminant à 2 519m il s’impose dans le paysage avec majesté. Il y a des montagnes qui impressionnent, le Naranjo en fait assurément partie. Ses falaises verticales hautes de plus de 600m en font la convoitise des grimpeurs qui n’ont réussi à le dompter pour la première qu’en 1904. C’est son relatif isolement qui le caractérise. A l’instar des Tre Cime di Lavarado dans les Dolomites italiennes ou des Torres del Paine au Chili, le Naranjo semble ne pas accepter d’autres sommets dans son entourage. Parfait pour se mettre en valeur et attirer tous les regards des visiteurs.

 

DSCF5653

DSCF5398


Bulnes, d’où il tire son nom, est un tout petit hameau de montagne qu’on peut rejoindre au prix d’un bel effort en longeant les impressionnantes gorges du Tejo ou bien par un funiculaire enterré. Nous crapahuterons en montant et descendrons par les rails – sauf les retraités qui repartiront sur leurs pieds.

 

DSCF5332

DSCF5344

DSCF5348

DSCF5359

DSCF5371

 

Bulnes, où jadis les montagnards élaboraient le fameux Cabrales, un fromage proche du Roquefort, est aujourd’hui le point de départ de longues randonnées à travers le massif.  Toutefois, ses vieilles demeures typiquement montagnardes – bien que nous ne sommes qu’à 600m – dominées par des falaises impressionnantes, lui donne une authenticité rare.

 

DSCF5380

 

DSCF5384  DSCF5400

DSCF5405

DSCF5414

10 mai 2016

M comme Morte (Costa da)

La côte de la mort mérite son appellation. D’abord, parce que cette côte sauvage qui s’étend de La Corogne à Muros, a vu des centaines de navires y faire naufrage. On se rappelle avec effroi de celui du Prestige. En novembre 2002, le pétrolier se brise au large du Cap Finisterre, il déverse sa cargaison de fioul dans la mer. Une gigantesque marée noire est en marche. Elle va gravement toucher les côtes de Galice, et même atteindre celles de Vendée, du Pays Basque et de Bretagne. Aujourd’hui encore, à plusieurs endroits, on aperçoit encore des galettes de fioul incrustées sur les rochers.

 

DSCF7798  DSCF7799

DSCF6662

 

Mais la Côte de la Mort est aussi et surtout, mortellement belle. Voilà un coin tout à fait exceptionnel que les promoteurs immobiliers ont laissé intact. Des petites routes s’insinuent entre les échancrures du littoral, jouant à saute-moutons entre les caps, leurs phares, des petits villages de pêcheurs blottis au creux de petites baies, et des plages à n’en plus finir. L’arrière-pays est boisé, pins et eucalyptus s’accrochent sur les collines. Les villages de l’intérieur s’égrènent dans les collines, s’abritant du vent au creux de vallons cultivés. Partout, les Horreos ponctuent le paysage. Un enchantement.

 

DSCF7424  DSCF7576

DSCF7813  DSCF7581

DSCF7774

DSCF7734

 

Alors, bien sûr, il y a du vent, l’eau est fraîche mais ce climat farouche permet de naviguer dans un paysage absolument préservé. Nous y avons passé cinq jours magnifiques… et avons eu la chance du touriste, pas une goutte de pluie durant notre séjour.
La Ria de Muros y Noia marque le début de la Costa da Morte au sud. Les Rias sont des entailles marines qui s’enfoncent profondément dans la terre. Muros est un petit port de pêche avec ses bâtiments de granit gris typiques de la région. Une belle petite cité. A marée basse, les pêcheurs à pieds sortent leurs grandes bottes et vont gratter la vase pour cueillir les délicieux fruits de mer qui vont garnir les assiettes des restaurants. Après Muros, c’est la presqu’île du cap Louro qui ferme la Ria. Les formidables plages de Louro – avec lac lacustre et dunes – et de Larino invitent à piquer une tête.

 

DSCF7445

DSCF7438

DSCF7456

 

C’est Carnota ensuite, et sa baie longue de sept kilomètres cernée de sable blond ; son horreo de trente mètres.

 

DSCF7187

DSCF7302  DSCF7205

Pour rejoindre la petite ria d’Ezaro, il faut longer le Monte Pindo et ses rochers de granit rose qui rythment le bord de mer. A Quilmas, Pindo, Ezaro on voit plus de bateaux de pêcheurs que de plaisanciers. Parfois, un chalutier fait des tours dans l’eau à faible distance de la côte, pêchant le poulpe aux casiers.  A Ezaro, la rivière Xallas en chutant en cascade alimente une centrale hydroélectrique. De là, une petite route monte au Mirador d’Ezaro. Je passe un matin à vélo mais je n’ose pas m’attaquer au deux kilomètres de grimpette. Les panneaux indiquant 30% calment mes velléités sportives, d’autant plus qu’une étape de la Vuelta a vu triompher sur ce raidard le petit Joaquim « Purito » Rodriguez de Contador et Valverde. Nous monterons en voiture, c’est plus sage, pour admirer le panorama dominé par des rochers aux formes insolites.

 

DSCF7313

DSCF7351

DSCF7343  DSCF7362

 

Cee n’est pas la plus belle ville de cette côte, elle est assez disgracieuse et semble surtout être un centre commercial pour cette micro région. Mais elle est incontournable pour rejoindre Fisterra, son cap, son phare et son terminus du chemin de Compostelle. Fisterra, malgré son aura chez les pèlerins, ne semble pas avoir vendue son âme au diable du mercantilisme. Elle conserve un certain charme authentique, et ses longues plages de sable fins s’égrènent à ses pieds.

 

DSCF7380

DSCF7399

DSCF7416

 

A partir de Fisterra, la route côtière abandonne parfois le littoral, évitant ainsi des barres rocheuses, s’insinuant dans les collines boisées, traversant des minuscules villages. On se perd un peu dans ce dédale de routes vicinales, mais au détour d’un virage on aperçoit l’écume sur l’Océan, ou une avancée d’un cap rocailleux défiant les déferlantes.

 

DSCF7575  DSCF7579

 

Le Cabo Tourinan, celui de Boutra, nous les laissons à leur solitude. Voici Muxia. Drôle de petite ville avec ses maisons basses et colorées qui font penser à des habitats scandinaves. A notre arrivée, tout semble vide, suspendu, le vent s’engouffrant dans les rues désertes. Et puis, une fois en son centre, heureuse surprise, une fête locale nous accueille. C’est le Mercado das Rutas do Mar. Les stands de restaurations, de boissons, les petits étals d’artisans, les musiciens de rue égayent les rues recouvertes par des filets anti-goélands.

 

DSCF7631

DSCF7635  DSCF7632

DSCF7649  DSCF7638

DSCF7590  DSCF7594

DSCF7595  DSCF7648

 

Au bout du village, sur un promontoire rocheux, le Sanctuaire de  Virxe da Barca tout de pierre vêtu ploie sous les rafales de vent. Le panorama est époustouflant.

 

DSCF7609

DSCF7622

 

Il faut contourner toute la Ria de Camarinas pour aller affronter les assauts d’Eole au Cabo Villan. Sur une fine arrête rocheuse, le phare de 24m de haut domine le paysage. On peut visiter une petite exposition à l’intérieur, mais déception pour les enfants on ne peut pas monter à la lanterne, la première électrique d’Espagne. Dehors, le vent nous emporte et il faut vraiment lutter pour avancer.

 

DSCF7726

DSCF7686

 

De là, une piste d’une vingtaine de kilomètres rejoint Camelle et devrait enchanter même les plus blasés. Le paysage est à couper le souffle. Falaises, plages de sable, dunes, criques rocheuses se succèdent dans un environnement inviolé – si ce n’est quelques éoliennes disséminées sur des crêtes. Oui, c’est mortellement beau !

 

DSCF7689

DSCF7703

DSCF7731

DSCF7732

10 mai 2016

M comme Mirador

Voilà un mot espagnol que l’on rencontre très souvent et qu’il faut éviter d’esquiver. Il suffit, dans chaque coin traversé, d’apercevoir un de ces panneaux indiquant un Mirador, pour être certain d’avoir un point de vue (comme son nom l’indique) spectaculaire. Sans doute fondés pour la plupart dans les années de fort développement touristique du pays, ils sont agrémentés souvent, de larges rotondes suspendues qu’on atteint par une volée d’escalier, le tout dans un béton assez disgracieux, malheureusement.  

 

DSCF5207

DSCF5625

DSCF6472

DSCF6497

DSCF7356

 

Pour les fans du bivouac sauvage, ces miradors sont également – en majorité – des squats permettant de poser son camping-car, camion, voire caravane. Un peu à l’écart des axes principaux, ils sont en effet souvent accessibles par de grands parkings délaissés à la tombée de la nuit. Alors pour ceux qui veulent se réveiller au petit matin avec une vue à couper le souffle, le plan mirador peut-être étudié.

3 mai 2016

L comme Luna

Rio homonyme de Louna, trouvé par le truchement des balades numériques, nous ne pouvions pas manquer cette petite vallée suspendue dans la face sud de la cordillère cantabrique. Si ces paysages ne sont pas tout à fait lunaires, ils ont des airs de sierra mexicaine, cactus en moins. A mi-chemin entre Oviedo et Léon, le Rio Luna s’épanche sur un ancien plateau glaciaire perché à plus de 1 200m d’altitude, entouré de sommets qui dépassent allégrement les 2000. Autant dire que les randonnées dans ces montagnes aux reliefs plutôt doux sont l’une des activités principales des rares touristes qui viennent poser leurs sacs à dos dans le coin. Au nord, on peut rapidement rejoindre la réserve Nationale de la biosphère de Somiedo ; c’est dans ce parc qu’on retrouve la plus grande population d’ours bruns d’Espagne, ainsi que loups ou aigles royaux.  Il se pourrait aussi que les eaux limpides du Rio attirent quelques spécialistes de la pêche à la truite ; elles se comptent par centaines dans chaque trou de la rivière.

 

DSCF6125

 

La vallée est constellée de petits centres habités où se regroupent autour des églises quelques demeures massives, à la pierre grise et aux toits de lauzes. L’habitat témoigne d’un climat hivernal qui doit être rude. On se croirait sur les plateaux d’Auvergne. Dans chaque village, sur les toits, nichent des cigognes. Avec leurs grandes échasses, on les voit souvent chercher leur nourriture dans les champs hors des villages. Ils sont irrigués par un système artisanal et complexe de petits canaux d’irrigation qui semble ancestral.

 

DSCF6162  DSCF6133

DSCF6239

 

Çà et là, des troupeaux de chevaux. Et sur les sommets, comme au Puerto Ventana, ils paissent en liberté.

 

DSCF6170  DSCF6177


Il y a une atmosphère, non pas de bout du monde, ce serait exagéré, mais en tout cas, d’isolement. Un vrai havre de paix, le genre d’endroit qui permet de lâcher prise, de se ressourcer, de réapprendre à vivre en prenant le temps. 

 

1 mai 2016

K comme Karst

Toute la région septentrionale de l’Espagne est une région calcaire. La cordillère cantabrique, qui étend parallèlement à l’océan ses plissements pyrénéens jusqu’aux collines de Galice,  donne ainsi naissance à des paysages dolomitiques dont les pics s’élèvent comme des cathédrales minérales au-dessus de plateaux karstiques. Dans cet environnement calcaire, l’eau a creusé de profonds sillons dans la roche, les défilés et gorges sont nombreux et spectaculaires.

 

DSCF4972

DSCF5260  DSCF5261

DSCF5336    DSCF5807

 

L’eau en s’infiltrant a permis également la création d’un réseau souterrain complexe. Les grottes, cavernes, avens, puits, résurgences font le bonheur des spéléologues. Plusieurs millénaires avant eux, les hommes préhistoriques ont trouvé ici des abris pour développer leur culture. On trouve ainsi quelques peintures préhistoriques parmi les plus belles au monde.
Autre particularité que nous offre ce relief karstique, c’est la présence des Bufones, dans la région littorale des Asturies. Les déferlantes de l’océan ont creusé dans les falaises du littoral des sortes de cheminées. A marée haute et par gros temps, les vagues s’engouffrent dans ces conduits et sont expulsées en l’air, comme de véritables geysers.
Il faut un peu de chance pour pouvoir les observer, surtout en plein été. J’y suis passé avec mon père, lors d’une balade à vélo, mais nous n’avons pu qu’entendre le son sourd et profond des vagues qui tapent au fond des cavités rocheuses. Le lendemain, par contre, mes parents et Sophie, sont revenus sous le crachin et avec un vent plus fort, et ils ont pu assister au spectacle. Certes, ce n’était pas les 30/40m de hauteur que permet la forte houle, mais c’est déjà très impressionnant.

 

Temporal En Asturias Bufones de Pria

 

 

13 mai 2016

O comme Olite

Retour en Navarre pour la visite de la petite cité médiévale d’Olite célèbre pour son Palais Royal. Son architecture de conte de fées aurait inspiré les bâtisseurs du château de Disney Land ; raison essentielle de notre venue. Comme Thomas et Sandrine ont fait une pause chaleur en descendant sur la côte Basque – après la caniculaire visite des Bardenas - seuls les trois cousins joueront au chevalier et à la princesse dans les multiples salles de l’édifice. Capitale du Royaume de Navarre du XIV° s jusqu’en 1512, la désormais toute petite ville (3 500 habitants) est fière de son château qui la domine de toute sa splendeur.

 

DSCF4787

 

Comme tout château de conte de fées, le bâtiment est un amalgame désorganisé de tours carrées, enceinte de créneaux défensifs, tourelles rondes, pointes, cloches, salles, jardins suspendus, cour, cloître ; mais voilà que comme par magie, l’ensemble prend une allure harmonieuse, élégante, raffinée.

 

DSCF4774

DSCF4791

DSCF4793

DSCF4806

 

Eléments intéressants, des étoiles de David, étoiles et croissants musulmans sont gravés dans la roche, attestant des origines diverses des artisans médiévaux.

 

DSCF4749  DSCF4748

 

Il suffit de se promener un peu dans ce labyrinthe médiéval pour imaginer aisément les fastes d’une cour royale. Une cour royale dominant son monde, comme en témoigne la vue magistrale depuis le château. Bien éloignées de ses considérations, les cigognes virevoltent au-dessus des toits des maisons et clochers des églises. Emma, Louna et Ivann s’en donnent à cœur joie malgré la chaleur accablante.

 

DSCF4761

 

DSCF4810


Au XXI ° s aussi, il y a des brigands. De retour aux voitures, garées à l’extérieur des murs de la ville, nous constatons que la lunette arrière de la Punto de mes parents a éclaté. Un petit caillou de la taille d’une noix, posé sur le toit, semble être le responsable. Une horde de gamins nous assaillent pour dénoncer un autre gamin qui aurait lancé l’objet du délit. Mes parents décident de sauter l’étape « dépôt de plainte ». Ils feront fonctionner l’assurance. La vitre sera changée une semaine plus tard.

4 mai 2016

M comme Mines

Non loin d’Oviedo, nous avons fait un détour par le pays des mines. Au cœur des Asturies, l’industrie minière (fer et charbon) s’est développée au cours du XIX° s léguant ses cicatrices de terrils, de friches industrielles et de corons. Comme dans tous les bassins miniers de notre vieux continent. Le pays des mines a connu ses luttes ouvrières. En 1934, d’abord, un soulèvement du prolétariat contribue à instaurer une « République Socialiste Asturienne ». Elle fut réprimée férocement et « l’armée rouge » des travailleurs devra abdiquer devant les troupes coloniales marocaines du Général Franco. Cet événement laissait présager la future guerre civile qui ravagea l’Espagne entre 1936 et 1939. Le Caudillo, désormais seul maître à bord, devra une nouvelle fois affronter ces effrontés de mineurs. En 1962 – 1963 également, d’immenses grèves (pourtant illégales) des travailleurs asturiens mettent à mal le régime. Mais cette fois, il ne s’agit pas de faire la révolution, mais de se défendre contre le déclin d’une industrie qui vit son crépuscule. Chômage et bas salaires deviennent désormais les normes de vie sociale locale et les perspectives d’avenir sont très sombres. A terme, la fermeture des mines semblent inéluctables, privant ce bassin houlier de son activité première.
Le tourisme remplacera t’il le charbon. Rien n’est moins sûr. Toujours est-il qu’il existe plusieurs musées dans la vallée du Mieres qui retracent ces activités. Parmi eux, nous visitons Le Musée de la Mine et de l’Industrie, le MUMI de son doux nom. Un excellent musée dont les enfants raffolent. Situé dans un ancien centre d’extraction, on nous promène dans une mine reconstituée où l’on apprend à connaitre ce métier depuis les premières techniques jusqu’aux plus récentes. Dans le grand bâtiment aux allures très contemporaines, des machines relatant l’évolution technologique sont exposées et peuvent même, pour certaines, être actionnées pour le plus grand plaisir des enfants. Il y a aussi des salles exposant les différents explosifs, le vestiaire, le matériel d’infirmerie et de santé spécifique à la mine, une section sur les différentes lanternes à travers les âges, le matériel de premier secours, les instruments scientifiques, les minerais et fossiles. Un vrai petit voyage dans ce monde assez mystérieux pour qui ne l’a pas connu.

 

DSCF6124

DSCF6122  DSCF6113

Autre mines, bien plus anciennes, ce sont les extraordinaires « Las Médulas » près de Ponferrada. Des pics, falaises, rochers, pitons de couleur ocre surgissent d’un océan de verdure dominé par des châtaigniers et des chênes centenaires. Ce tableau semble tout à fait naturel, mais que nenni. Il s’agit en réalité de mines d’or à ciel ouvert exploitées par les romains jusqu’au III° s. Ces sculptures pittoresques sont en fait les remblais des excavations. Les romains avaient mis au point la technique de la « ruina montium » pour extraire l’or des montagnes. Ils utilisaient l’eau dans un système complexe de canaux, aqueducs et barrages pour désagréger la montagne, et pouvoir en contre-bas récupérer le fameux métal dans les débris. Une autre technique consistait également à creuser d’immenses galeries afin de faire littéralement s’écrouler des pans du relief. Inutile de préciser que le labeur (ou le suicide obligatoire) de ces mineurs fait passer celui des gens de Mieres pour un séjour au Club Med. En balade dans le coin, Pline l’ancien, en bon routard qui se respecte notait «la soif de l'or est ce qu'il y a de plus dur au monde ».
Nous ne pouvons que remercier à postériori cet enfer qui est devenu aujourd’hui un petit paradis. Des sentiers s’insinuent au cœur de cet univers rouge et vert, ménageant vues et contre vues sur ces formidables escarpements au travers d’une forêt de vénérables châtaigniers. Mais attention, cueillette des fruits interdite, les arbres sont la propriété de cultivateurs privés. Il est également possible de grimper dans les galeries et de découvrir ces œuvres de l’intérieur. On peut même apercevoir les traces des pioches de ces Hercules dans la roche. Ivann les imite et se maquille de rouge. Pour avoir une vue d’ensemble du site, il faut monter au Mirador de Orellan d’où la vue est spectaculaire.

 

 

DSCF6348  DSCF6353

DSCF6374

DSCF6395Moyenne

DSCF6401

DSCF6446  DSCF6457

DSCF6468

DSCF6469

 

 

 

3 mai 2016

L comme Leon

Posée sur l’immense plateau de Castille et Léon, la capitale de la région conserve un charme indéniable. Le vieux centre historique est presque entièrement piétonnier et permet une promenade agréable entre les vieilles pierres. Les enfants en profitent pour y tester la visite en trottinette ; et le test est réussi au-delà des espérances. Plus personne pour se plaindre qu’on marche trop, qu’on va trop vite et qu’il est inutile faire un détour par cette ruelle.  Avec les trottinettes, la visite devient ludique… et reposante.

 

DSCF6261

DSCF6265


Qu’a-t-on vu de remarquable dans la ville ? Le Panthéon royal dans l’église de San Isidoro. C’est ici que reposent 11 rois et 14 reines du Royaume de Leon. Malheureusement pour eux, ils sont dérangés dans leur sommeil éternel par les touristes qui se pressent pour admirer des magnifiques fresques murales médiévales. Elles ont mérité l’appellation de « chapelle Sixtine de l’art roman » - il semble qu’il y ait autant de chapelle Sixtine que de Venise à travers ce monde.
La Plaza Mayor mérite de s’assoir sous ses arcades et de contempler l’harmonie des façades, ou alors de la traverser à tombeau ouvert – pour se rappeler du Panthéon – avec les trottinettes.

 

DSCF6268

DSCF6275

 

La cathédrale bien sûr. Enorme édifice de style gothique qui écrase de sa hauteur les quartiers alentour. Notre Cicérone était enfermé dans des petits audio-guides que les enfants ont bien voulu suivre pas à pas ; avec sa litanie de menus détails et anecdotes sur cet immense vaisseau baigné de la lumière diffuse des vitraux.

 

DSCF6257

DSCF6295 DSCF6300

DSCF6287

 


Les ruelles et placettes de cette ville à taille humaine qui se parcourt aisément à pieds. Ses quartiers qui laissent présager, vu le nombre de bars à tapas, une formidable animation une fois la nuit tombée sur les toits de la cité.
Et puis une rencontre avec Gaudi. Une statue du grand architecte sur un banc permet de s’assoir à ses côtés, face à une de ses œuvres. Sans doute pas la plus belle et Gaudesque, soit dit en passant.  

 

DSCF6251

23 mars 2016

C comme Camino de Santiago

Tous les chemins mènent à… Santiago. Il ne peut y avoir meilleure devise lors d’un voyage en Espagne Atlantique. Incroyable sentier de randonnée que parcourt un nombre toujours plus élevé de marcheurs. Où que l’on se trouve, à chaque coin du pays, dans toutes les villages, sur toutes les routes, au bord de mer, ou sur un sentier de montagne, dans un bar ou un restaurant, dans les auberges, tout ramène toujours au Chemin de Saint-Jacques. On ne compte plus les panneaux qui envoient le randonneur vers son objectif. On ne compte plus les coquilles - la fameuse coquille - dessinées partout et accrochées au sac à dos de ces drôles de bestioles qui crapahutent le long du chemin.

C’est une horde de pèlerins qui se dirigent à pas lent, vers l’ouest ; parfois par petits groupes, souvent par couple, et même seul et surtout toute seule tellement la part de pèlerine « célibataire » est importante. Jeunes et moins jeunes, de toutes nationalités, les pèlerins envahissent l’espace avec leur sac à dos lourds de tous les péchés à expier. Et à voir certains marcher le long de routes nationales encombrées, délaissant les sentiers côtiers et « naturels », je me demande s’ils ne parcourent pas ce pèlerinage dans l’unique but de se flageller.   

Ce n’est pas tant la longue marche que je ne comprends pas – un style de voyage qui m’attire plutôt – mais la satisfaction qu’on peut ressentir à pousser un pied devant l’autre sur un bas-côté goudronné pendant que des vacanciers en caravane vous dépassent avec un regard de compassion et vous crachent au visage une bonne bouffée de particules fines. Ce qui me parait irraisonnable, c’est cet entêtement à rester sur le « chemin historique » même si celui-ci est désormais, et avec le passage des siècles, devenu une autoroute dans le sens littéral du terme.  Je forcis un peu le trait, car il y a sans doute autant de chemins qu’il  y a de pèlerins et autant de pèlerins qu’il y a de raisons de faire ce voyage. Et les pèlerins, dans le sens religieux du terme, ils ne le sont sans doute pas tous.

Le chemin de Saint-Jacques est devenu une sorte de festival de la randonnée, où sans danger de se perdre - il faudrait vraiment le faire exprès -  on peut se lancer sur un trek au long cours avec la certitude de pouvoir toujours trouver de quoi se loger (encore que vue l’affluence, les places doivent être de plus en plus rares), manger, boire et rencontrer à qui parler. Alors peut-être que l’essence même de cette aventure, comme disait Claudio Magris dans son « Danube » c’est que « Le voyage c'est la fidélité du sédentaire, qui rive partout ses habitudes et ses racines, et cherche à tromper, avec la mobilité dans l'espace, l'érosion du temps, pour répéter sans fin les choses et les gestes familiers : se mettre à table, parler, faire l'amour, dormir. »  

 

DSCF5217

DSCF7373  DSCF7585

DSCF7612

Pour ce qui est du volet religieux de l’histoire et pour épargner les recherches googlisées, des anges auraient tirés sur une barque, le corps de Jacques, un des apôtres – je le rappelle au cas où -  exécuté en Palestine, sur les rives de la Galice, terre où il fut enterré. Oublié pendant de nombreux siècles, son tombeau est « retrouvé » opportunément au IX° s, juste au moment où ça commence à filer dur entre musulmans et chrétiens qui préparent leur Reconquista. Et voilà qu’en plein milieu d’une bataille, notre Saint apparaît sur son cheval blanc et fendant l’air de son épée découpent quelques musulmans comme de vulgaires tranches de chorizo. Ce Haut-Fait historique – puisqu’on vous le dit – lui fait gagner le sympathique nom de « Matamore » (Tueur de Maures). Et c’est ainsi que grâce à sa légendaire tolérance, Saint Jacques est devenu le symbole de la Reconquista – qui aboutira en 1492 en expulsant les derniers Sarazins du continent et  puisqu’on y était, en virant les juifs d’Espagne, d’une prière deux coups.
On construit alors, par étapes, autour de ses supposées reliques – on n’avait pas de tests ADN à l’époque – une chapelle qui deviendra cathédrale avec l’arrivée des premiers pèlerinages ; et leurs besoins de sédentaires : se mettre à table, parler, faire l’amour, dormir. Grâce à cette manne touristique, la ville de Compostelle s’enrichit et se développe.
Dans notre XXI° s qui crève sous la pollution,  le pèlerinage est revenu à la mode. Devant la cathédrale, chef d’œuvre de l’art baroque espagnol, se trouvent la ligne blanche finale de plus de 200 000 personnes qui viennent chercher ici une parenthèse spirituelle – et physique – à leur vie moderne.

 

DSCF7814

DSCF7834  DSCF7815

DSCF7817


La ligne blanche est parfois dépassée. L’une des expressions des chemins de Compostelle est Ultreïa, soit « au-delà ». En effet, nombreux sont ceux qui, emportés dans leur élan, terminent leur voyage au bout du bout de l’Europe, au Cap Finisterre, cent mètres au-dessus de l’Océan, avec vue sur des rêves transatlantiques – mais là il va falloir nager mes braves. Et c’est sur ces rochers, perpétuant une lointaine tradition que les pèlerins abandonnent chaussures, chaussettes, chapeaux, casquettes, tee-shirts, foulards, bâtons de marche en les accrochant à des pylônes métalliques.  Pas de slips ou de soutiens gorges pendus – nous ne sommes pas à un concert d’une rock star. Certains, pour faire encore plus vrais que les pèlerins du moyen-âge brûlent leurs effets de randonneurs. Mais il faudrait leur rappeler qu’à cette époque, les chaussures n’avaient pas de semelles en plastique et les bâtons Quechua n’étaient pas en allu. Pour le côté Cop 21, les gars, il faudra repasser votre diplôme.

 

DSCF7393

DSCF7390

DSCF7385  DSCF7386

DSCF7400

Est-ce bien nécessaire de parler des marchands du temple ? Tout au long du chemin, et évidemment autour de la cathédrale et au Cap Finisterre, les étals de souvenirs de pacotille se livrent une concurrence acharnée pour vendre des coquilles déclinées sur tous supports, bâtons de pèlerins et autres articles Made in China à rapporter sans ses bagages ; et qui finiront comme support à poussière ou au fond d’un mâle en osier oubliée dans le grenier ou la cave. Ainsi va le commerce...

 

DSCF7375  DSCF7831

 

DSCF7858

24 mars 2016

C comme Camping

Tout au long de cet été, nous avons posé notre caravane dans douze campings différents, choisis pour la plupart, dans un endroit stratégique afin de pouvoir rayonner en étoile pendant quelques jours. Ils nous ont offert des installations le plus souvent impeccables, jamais surpeuplés, et  idéalement placés pour certains d’entre eux.


Voici, dans l’ordre, les douze campings :

Camping La Noguera : Simple halte en Catalogne à la sortie des Pyrénées et après plus de 800 bornes, la piscine a lancé les vacances de nos six marmots. Un camping de vacances et de week-ends fréquentés par les espagnols. Premier repas à douze. Tout cela aurait été bien sympathique si nous ne nous étions pas fait attaquer pas des petits insectes, un hybride entre des puces et des aoûtats. En tout cas, des saloperies qui nous ont bouffé chaque coin de peau nue.

 

DSCF4514  DSCF4529

Camping Bardenas Reales : Unique camping dans la zone aride des Bardenas. Une piscine salvatrice – avec bonnets de bain obligatoires vendus à l’accueil – avec 40° à l’ombre. Un match de water-polo d’anthologie entre Sandrine et Romane versus Louna et moi. Victoire sur le fil des Amazones.
Idéalement placé pour la visite mais très proche de la route empruntée par de lourds camions chargés des produits agroalimentaires cultivés en masse dans la région ; et surtout, très peu d’ombre. Thomas a bien tenté de placer une bâche, mais le soleil a été déclaré vainqueur par K.O.

 

DSCF4701   DSCF4736

Camping Oyambre Beach : Ici aussi, confection d’un abri avec la bâche par Tom Gyver, mais cette fois-ci contre la pluie. Match nul. Nous sommes en Cantabrie, et le climat est océanique. A l’intérieur du parc naturel éponyme, placé entre la longue et belle plage, et des marécages aux allures de Bayou. Farniente, pêche à pieds, footing, école de surf, couché de soleil, body board… les activités ne manquent pas. L’endroit est idéal pour explorer la zone. Comillas, Santillana del Mar, San Vicente de la Barquera à quelques kilomètres et une côte sublime et intacte. Seul bémol, l’eau des douches est brûlante.

 

DSCF4954

 

Camping Naranjo de Bulnes : A moins d’une heure de l’Océan, lové dans une vallée aux pieds des montagnes des Picos de Europa. Le camping de montagne par excellence – même si nous ne sommes qu’à 100m d’altitude. De grands arbres, des emplacements sur des pelouses herbeuses, des sanitaires irréprochables dans des petits chalets de pierres et de bois. Le camp de base parfait pour explorer à pieds ou à vélo les formidables Picos. Dommage que Sandrine et Thomas nous aient quittés. Ils auraient adoré.

 

DSCF5327DSCF5658

 

Camping Rio Luna : D’abord, rien que pour le nom. Un camping presque à la ferme, sans la ferme. Le moins cher du voyage. Un peu rustique mais situé dans un environnement exceptionnel. A 1 200m d’altitude, encerclé par les hauts sommets de la cordillère cantabrique, côté León, et au bord du Rio Luna, un cours d’eau remplit de truites. Un lieu pour se ressourcer au calme dans une nature de toute beauté.

 

DSCF6132

 

Camping Canon do Sil : Le camping du vertige. Peut-être le coup de cœur du voyage pour son point de vue. Perché à l’à pic (400m) au-dessus du Sil qui entaille la montagne, c’est à l’intérieur même du camping que se situe le Mirador de Castro, l’un des plus impressionnants de tout le canyon. Des grands emplacements, des sanitaires impeccables, et le boss qui vend un petit vin blanc de la Ribeira Sacra, produit par son beau-père. Bref… un bon spot.

DSCF6522  DSCF6497

 

Camping O’Muino : Des emplacements au gazon irlandais sur une corniche au-dessus de l’Océan ; sa clameur qui berce toutes les heures de la nuit, ses flux et reflux qui hypnotisent de longues minutes. Le spectacle chaque jour renouvelé du couchant et des marées. Une piscine au-dessous d’un moulin transformé en appartements de villégiature et une petite plage qui se découvre à marée basse. Le tout parfaitement entretenu dans une région à découvrir. Magique.

 

DSCF6641  DSCF6640

DSCF6644

DSCF7163

 

Camping Ancoradoiro : Sur une presqu’île, à gauche la plage de Louro ; longue de 3 km dans un parc naturel avec dunes et lagunes, à droite la plage de Larino ; tout aussi longue, surveillée par le phare de Punta Insua. La mer qu’on voit à travers les fenêtres de la caravane qui se prélasse sur des emplacements parfaitement intimes. C’est la Galice rêvée. 

 

DSCF7533  DSCF7528

 

Camping Poblado A Gaivota : A quelques minutes de la stupéfiante plage des Cathédrales, point fort de la côte nord de la Galice. A quelques secondes d’un front de mer qui est une lande en pente douce se jetant dans la mer du haut de belles falaises ; entre elles, d’interminables plages.

 

DSCF8429

Camping Virgen del Mar : Un arrêt en Cantabrie sur la route du retour. Un vaste camping herbeux, avec piscine, à deux pas de la Virgen del Mar, une église bâtie sur un ilot battu par les vents. Santander, ses beaux quartiers et sa sublime plage urbaine à quelques kilomètres.

 

DSCF8439

 

Camping Berrua : Retour en France sur la côte Basque. Retrouvailles avec des amis qui sont en bungalows. Le camping village typique avec famille en vacances, activités, animation, piscine etc… Une ambiance tout autre de ce que nous avons connu jusqu’ici. Nous étions à la campagne, nous sommes arrivés en ville. Mais le Pays Basque, c’est chouette.

 

DSCF8642

 

Camping Le Bout du Monde : Pour finir en beauté. Nos amis ayant loué une yourte, nous les suivons dans ce village vacances, mais cette fois-ci en pleine nature. Des emplacements immenses et immergés dans la forêt, une zone bungalow style cabane au Canada, un village de yourtes, une ferme dont on peut promener à la laisse une chèvre, une écurie qui propose balade à poney qu’on peut trimbaler dans le camping ou randonnée à chevaux, deux piscines, un lac pour la pêche, un bar à vin, une auberge dont la spécialité est la Pintade à l’Ecrevisse. Sans aucun doute le camping préféré des enfants. 

 

DSCF8727

 

25 mars 2016

C comme Carretera

La route. Combien de kilomètres avons-nous parcourus ? Pas loin de 7 000. Un premier constat, elles sont en excellent état, le réseau est rénové et il permet d’accéder vraiment partout. L’autoroute Cantabrique court de la frontière française jusqu’à Lugo, au centre de la Galice. Indispensable pour accélérer le temps. Il y a une différence entre les Autopista (AP) qui sont payantes, et les Autovia (A) qui sont gratuites. Les grosses liaisons inter cités sont souvent larges, avec des passages à double voies. Les petites routes - de montagne, de campagne, côtières - sont évidemment les plus belles. Le tour des Picos est un must, cols, défilés, points de vue se succèdent dans un décor changeant et extraordinaire. 

 

DSCF5552

DSCF5675

DSCF5827

DSCF6227

 

Dans la vallée de la Luna, c’est le sentiment d’être dans Born To Be Wild. Rien ne vaut une balade le long des routes en corniches qui épousent la côte déchiquetée pour appréhender la Galice maritime. Les plages s’enfilent comme les perles d’un collier, on s’enroule autour des Rias, des longs bras de mer qui s’enfoncent dans les terres en découvrant quelques petits ports typiques de la région. A l’intérieur, c’est la découverte d’une autre Galice, celle de la campagne, des petits hameaux isolés, des forêts d’eucalyptus ou de landes couvertes de basses végétations. Et puis, il y a la descente du Rio Sil. La route suit le lit de la rivière, en balcon, ménageant toujours de spectaculaires points de vue dans un paysage resté sauvage.

 

DSCF6320

DSCF6322

DSCF6143

DSCF6813

DSCF7349

 

Les automobilistes sont courtois et pas pressés. Il n’est pas rare en effet, de rester coincé pendant des kilomètres derrière une voiture qui est très attentive aux limitations de vitesse, voire même, ne parvient pas à rejoindre la vitesse conseillée dans les panneaux bleus carrés qui fleurissent un peu partout. Il faut d’adapter à la conduite pépère… et parfois c’est difficile. 

Pas de souci pour le ravitaillement bien entendu. Les postes à essence sont nombreux et bien indiqués. Les prix sont à peu près identiques aux nôtres, peut-être légèrement plus bas. A l’inverse, sur les autovia, pas d’aires d’autoroutes classiques, il faut souvent sortir de la voie principale pour rejoindre postes à essence ou restoroutes.

 

29 mars 2016

C comme Chevaux

Pas de voyages sans chevaux pour Louna. Ça tombe bien, l’Espagne Atlantique est le territoire des chevaux sauvages, ou plus précisément de chevaux qui vivent en liberté. On peut voir des troupeaux au bord de mer, comme sur la côte asturienne ou cantabrique. On en rencontre sur les hauteurs, dans les Picos de Europa et sur toute la cordillère Cantabrique, notamment du côté de la vallée de la Luna entre Léon et Asturies. Des hardes se baladent dans le massif du la réserve naturelle Del Sueve, dans la région de Gijon, une sierra perchée au-dessus de l’Océan qui reçoit les alizés de plein fouet. Les plus nombreux que nous avons vus paissent tranquillement sur les hauteurs de Baoïna. Mais ils sont partout en Galice. Enfin, au pays basque, du côté de la Rhune, à cheval, c’est le cas de le dire, entre France et Espagne, nous découvrirons les Potoks (prononcez Potioks).

DSCF5857

DSCF5861

DSCF5953

DSCF6188

DSCF6849  DSCF6818

DSCF6860

DSCF8571

DSCF8587  DSCF8583

 

Tous ces chevaux ont la particularité d’être courts sur pattes, plutôt massifs, leur morphologie semble parfaitement adaptée à leur environnement. Ils sont farouches, impossible de les approcher à moins de deux mètres ; ils restent toujours à distance, montrant ainsi leur méfiance vis-à-vis de l’homme. Peut-être que la tradition virile des Rapa da Bestas galicienne se transmet entre eux aussi. Une fois par an, en début d’été, les galiciens montent dans les montagnes pour regrouper les chevaux qu’ils réunissent dans des enclos nommé Curros. Devant un public enthousiaste, des trios d’hommes se ruent sur les bêtes à mains nues, et luttent contre les chevaux terrorisés afin de les immobiliser dans le but de les marquer, de leur couper (rapar veut dire raser)  la crinière et aussi, heureusement, de soigner les bêtes malades. C’est un spectacle assez ahurissant de bestialité et de sauvagerie, comme seule peut-être l’Espagne en est capable. S’ensuit alors une fête populaire avec force agapes, boissons et marché autour du cheval. Nous n’avons pas pu y assister, ces fêtes étant passées. Mais les images qu’on peut trouver sur internet donnent une idée.

RAPA DAS BESTAS EN SABUCEDO 2015

 

Au camping du Bout du Monde, Louna, enfin, a pu faire sa petite randonnée équestre. Et comble du bonheur pour elle, Léna, sa cop’s, Laurence la maman de Léna, et surtout Sophie qui montait pour la première fois, l’ont accompagnée. Le rêve réalisé.

 

DSCF8715

DSCF8724

 

29 mars 2016

C comme Celtes

Pour ceux qui ne le savent pas, l’Espagne atlantique est une terre celtique. Si la géographie est déjà, en elle-même, plus proche de l’Irlande que de l’Andalousie, les origines des premières civilisations locales sont indubitablement celtes.


Sur tout le territoire on trouve des vestiges de cette civilisation : dolmens, menhirs, idoles, tumulus funéraires, autant de liens avec la Bretagne ou la Grande Bretagne. Les plus spectaculaires se sont les castros. Ce sont des villages fortifiés qui nous ont légués les fondations de leurs maisons rondes. Il y en aurait plus de 2000 recensés rien qu’en Galice. L’un des mieux conservés est le Castro de Santa Tegra. Nous nous contenterons de celui-ci, d’autant plus qu’il est merveilleusement situé sur un promontoire deux cent mètres au-dessus de l’océan et de l’embouchure du fleuve Miño qui sépare l’Espagne du Portugal. Ce jour-là, le ciel est laiteux et les nappes de brume qui dérivent sur le fleuve créent une atmosphère particulièrement mystérieuse. Entre les maisons du Castro les enfants s’amusent à prendre des notes – Ivann gribouille – et à résoudre le mystère du pétroglyphe caché. Malheureusement, une fois trouvé, nous serons assez déçus car il n’est pas très lisible, le temps ayant fait son travail de grand effaceur – à moins qu’ils ne s’agissent des hommes trop curieux.

 

DSCF6583

 

DSCF6738  DSCF6743

DSCF6739

DSCF6746


Sur toute la côte de Galice, les pétroglyphes sont nombreux et j’en découvrirai quelques beaux spécimens à vélo. Ces inscriptions gravées dans la pierre, dont la symbolique reste encore aujourd’hui à définir, sont particulièrement émouvants. Tous ceux que j’ai pu observer sont situés sur des points de vue fantastiques, a n’en pas douter, les hommes de l’âge de bronze, savaient aussi reconnaître les plus beaux endroits. Quelques-uns sont vaguement représentatifs d’animaux, mais les plus intéressants, à mon sens, sont ces sortes de spirales cosmiques qui s’enroulent sur elles-mêmes.

 

DSCF7060

DSCF7762  DSCF7063

DSCF7066

DSCF7763



Autre aspect de la « celtitude » : la musique. L’instrument de base est la Gaita, une espèce de cornemuse qu’on entend raisonner dans certaines Sidreria mais aussi dans les fêtes populaires. Les danses traditionnelles qui les accompagnent font indubitablement penser aux bals folks des nations celtes. Il existe même à Ortigueira, dans le nord de la Galice, un des plus importants festivals du monde celte. 

DSCF7597



Les Sidreria, puisqu’on en parle, sont également un des témoins de la vivacité de la culture celte, et notamment en Asturies, où le cidre est omniprésent. Beaucoup moins mousseux que ses cousins du nord, il est servi en tenant la bouteille en l’air, le plus haut possible et le verre très bas,  pour favoriser, justement, l’éclosion des petites bulles. Autant dire que pour les non aguerris, c’est un carnage. Et au vu de quelques services - et de l’odeur - aperçu çà et là, même les pros en mettent partout.

Dernière remarque sur la celtitude. Avec le syncrétisme chrétien, sont apparues les croix celtiques qu’on remarque dans les cimetières et qui s’affichent – et se déclinent – aujourd’hui, sur tous les supports touristiques avec d’autres symboles celtiques des temps anciens comme la Triquetra, le Noeud celtique, le Triskelion, la Spirale ou la Spirale Triple.

 

26 mai 2016

S comme Santillana del Mar

Trompeuse Santillana. D’abord elle n’est pas sur la mer, certes, celle-ci n’est pas très loin, mais le village de Santillana se trouve sur une petite colline. Ensuite, Santillana, qui de loin semble figée dans son décor médiéval est le site le plus touristique de la côte Cantabre. L’un étant sans doute la conséquence de l’autre. Alors, oui, à Santillana, les pas de porte sont des magasins de porcelaine où les touristes éléphantesques sont à deux doigts de tout casser ; histoire de ramener ce fameux souvenir qui restera sur la cheminée pendant quelques mois. Oui, il y a plus de monde dans les ruelles pavées de Santillana aujourd’hui qu’il n’y en a jamais eu, même à l’époque de son apogée.

Santillana est l’un de ces villages-musée médiévaux dont on se demande s’il est tout à fait réel, ou si ce n’est pas un pastiche qu’un mégalomane plein aux as a voulu ériger pour exhiber au monde sa grandeur. Et pourtant, et bien que je ne sois pas friand de ces lieux surfaits, et peut-être parce que j’y suis arrivé sur deux roues, avec cuissard et chaussures à cales, je n’ai pas pu m’empêcher de me dire : c’est quand même beau !

Peut-être ne faut-il voir Santillana qu’au-dessus du rez-de-chaussée, là ou fenêtres, blasons, balcons de bois, ornements et tuiles rouges ne sont pas (encore) colonisés par le commerce du tourisme.

 

DSCF5168  DSCF5169

DSCF5170

DSCF5172  DSCF5175

 

25 mai 2016

S comme Santiago de Compostela

En réalité, nous ne pouvons même pas dire que nous ayons vraiment visité St Jacques, nous y sommes passés. Tout au plus, pouvons-nous dire que nous nous sommes promenés dans cette ville comme parfois il nous arrive de faire une visite de courtoisie à un ami, juste quelques minutes sur le pas de sa porte pour prendre les dernières nouvelles et fixer un rendez-vous pour une bouffe. Nous n’avions même pas prévu de venir la voir ; mais nous étions si proche, et nous avions tellement vu son nom affiché partout comme un graal, que nous avons voulu voir qui elle était. Ville de pèlerinage envahie par les hordes de chercheurs de sens – à tout point de vue – Saint Jacques pourraient être une ville martyr de son succès, une espèce de Lourdes en béton. Mais non. La ville est belle. Véritablement belle. Chaque ruelle, chaque bâtiment, chaque place dégage un charme historique venu du fond des temps. La pierre a une âme. Alors peu importe la foule, Santiago reste toute à découvrir, et bien que nous ayons passé que quelques heures, sa magie opère.

 

DSCF7814

DSCF7817

 

 

DSCF7819  DSCF7820

DSCF7829

DSCF7862

 

Pas forcément dans ca cathédrale d’ailleurs, prise d’assaut par la foule qui se presse pour embrasser le buste de St Jacques, point final officiel du pèlerinage. Tout se terminerait donc par un baiser ? Le Botafumeiro, le célèbre encensoir géant de 62kg, reste suspendu au-dessus des travées, nous n’aurons pas la chance de le voir voltiger, notre présence n’étant sans doute pas une grande occasion à célébrer. Non, sa magie opère dans ce joyeux tumulte qui mélange ces touristes particuliers, ces habitants indifférents à toute cette agitation, cette jeunesse souriante qui croise des retraités sportifs, ce sacré présent partout qui côtoie les bars à tapas et les promesses de soirées profanes et lubriques, et tout ce tourbillon vole sous les yeux attentifs de murs ancestraux qui ont vu défiler les saints et les diables depuis des lustres.

 

DSCF7835

 

DSCF7838

DSCF7854

DSCF7840

DSCF7857

DSCF7858

DSCF7861

 

10 mai 2016

M comme Monte Pindo

 

On poursuit dans les paysages exceptionnels. Le Monte Pindo s’élève dans la région de Carnota en Galice 627m au-dessus de l’océan. C’est un lieu magique, qui ne laisse pas de marbre les rares visiteurs qui s’y aventurent. Surnommé « l’Olympe celte », cette montagne de granit rose est un condensé de ce que la nature est capable de mettre en œuvre. Les formes extravagantes des rochers forment un tableau surréaliste. Chacune de ces masses granitiques prend l’apparence d’une figurine aux noms évocateurs : le guerrier, le casque, le chameau. Certaines composent des œuvres d’art, des pyramides de cailloux en équilibre posés là par la main d’un géant zen.

 

DSCF7487

DSCF7493

DSCF7505  DSCF7498

DSCF7506


Sophie s’étant fracassé le bas des reins en glissant sur le marchepied de la caravane, nous ne sommes pas allés rejoindre le Top of The Hill, nous nous sommes contentés de pénétrer le massif sur des chemins à la limite du carrossable, nous arrêtant sur un plateau du genre savane africaine. Je suis monté seul également, en appuyant sur les pédales de mon vélo, nettement plus adapté que la Picasso. Pas besoin de gagner le sommet pour profiter de la vue. D’ici on peut admirer la courbe parfaite de la plage sablonneuse de Carnota et la presqu’île du cap Finisterre qui s’élance à l’assaut de l’Atlantique.

DSCF7478

DSCF7485

DSCF7502

DSCF7791


L’idylle n’est pourtant pas tout à fait complète. Malheureusement, la région n’est pas préservée des incendies, et une bonne partie de la forêt de pins a été ravagée, laissant des bois calcinés témoigner de ce carnage.

26 mai 2016

S comme San Vicente de la Barquera

Situé à une vingtaine de kilomètres de Santillana, San Vicente est son exact opposé. Voilà un village qui a conservé son âme, qui ne se réduit pas à une galerie de belles demeures envahies par des marchands de souvenirs. Le site est déjà un enchantement en soit. Les maisons s’agglutinent sur un coteau qui descend dans une ria, sorte de bayou qui s’assèche à marée basse en levant des voiles de brumes. On dirait que le village tourne le dos à la haute mer et regarde les Picos qui surgissent à l’horizon.

Pour l’atteindre, il faut traverser la Ria sur un long pont à arches. Mais nous ne y trompons pas, les chalutiers colorés et amarrés au port font bien de San Vicente une ville de l’Atlantique. Au sommet du village, une église fortifiée, telle un phare, domine les toits et tout le paysage. Un château lui fait face. Les rues pavées et en pente, bordées de vieilles demeures, et quelques vestiges des anciennes murailles finissent par planter le décor médiéval de la ville.

Autour, les champs verts où paissent quelques vaches viennent mourir sur la grève. De l’autre côté de la Ria, s’étalent de longues plages de sable qui rejoignent le parc d’Oyambre. A San Vicente, on a l’impression de trouver une authenticité qui fait défaut à Santillana. 

 

DSCF4959

DSCF4965

DSCF4967

DSCF4960

13 mai 2016

N comme Nourriture

Sujet important s’il en est dans un voyage. Comment s’imprégner d’une région sans goûter les spécialités locales ? La cuisine est peut-être l’un des derniers bastion des identités, si elle subit les influences internationales, ses racines plongent dans les terroirs et les traditions se perpétuent. Si l’art, le commerce avec ses grandes enseignes, l’artisanat ou les loisirs se globalisent et deviennent plus ou moins identiques partout dans le monde, la cuisine continue de nourrir spirituellement ses habitants, les différenciant d’un lieu à l’autre.
L’Espagne, avec ses fameux Tapas, peut se targuer d’être avec la France ou l’Italie, une destination culinaire de premier ordre.

 

DSCF7849

DSCF5839

 

Bien entendu, sa cuisine varie suivant les régions. Au Nord, paëlla et gaspacho se font rares. Les produits de la mer garnissent les assiettes. Les poissons de l’Atlantique se taillent une grande part de la gloire, encore que les crustacés, mais surtout les fruits de mer : coques, palourdes, couteaux – les délicieux Navajas -, calamars, araignées de mer, moules, Saint-Jacques, et les pouces-pieds dont les espagnols raffolent - mais que nous n’avons pas pu goûter. Langoustes et homards sont évidemment présents sur les terrasses des cités balnéaires. Mais la star locale, surtout en Galice, c’est le poulpe. Dans les pulpeiras (restaurants spécialisés dans ce mollusque) on le sert la plupart du temps à « feira », c'est-à-dire cuit à gros bouillon dans un gros chaudron de cuivre. Une fois à point, on le découpe, souvent avec une paire de ciseaux, on le saupoudre de paprika (un peu), de gros sel (beaucoup) et d’une lichette d’huile d’olive. C’est simple et c’est divin. Pas de chichis, juste le produit. C’est ce qui caractérise d’ailleurs la cuisine locale.

 

DSCF6704

DSCF6973

DSCF7594

 

Et n’allez pas croire que les espagnols ne mangent que leurs légumes produits dans les serres andalouses et déversés par tonnes dans nos supermarchés. On trouve des produits de qualité dans les petites épiceries et même dans les supermarchés, les légumes et fruits estivaux sont moins formatés que sur les étals de la plupart de nos rayons. Si les légumes sont classiques, en Navarre, les sucrines, des petites salades douces, spécialité locale, sont délicieuses.Et puis il y a les Pimiento de Padron. C’est un tout petit piment vert qu’il faut faire revenir dans l’huile d’olive à feu vif en le saupoudrant de gros sel. Une régalade. Et malgré son aspect, qui donne l’impression qu’on va se transformer en dragon, il est très doux, voire inoffensif.

 

DSCF6699

 

Parmi les légumineuses, les haricots se taillent la part du lion. Il y en a de toutes sortes et ils constituent le plat asturien par excellence, la Fabada.C’est une sorte de cassoulet cuisiné avec des morceaux de viande, de lards ou de chorizo, ou de tout ça à la fois. Les carnivores ne seront pas privés de leur mets préférés.

 

DSCF6263

 

Les Jamon sont toujours délicieusement fondant. C’est une véritable institution. Le chorizo (sec, fort, cru, à cuire) est omniprésent. La Morcilla, un boudin dans lequel on trouve du riz, est typique des Asturies. Le Porc, le bœuf et le veau se déclinent sous toutes leurs formes. Une serveuse d’un restaurant nous a d’ailleurs dit « oui, ici, on mange tout dans la bête ».

 

DSCF6286

 

DSCF7641

 

Les nombreuses rivières sont remplies de délicieuses truites de montagne.

 

DSCF6040

 

Pour les mômes les « croquetas » font office de steak/frittes. Ce sont des croquettes panées farcies de béchamel et de jambon, poulet ou thon – entre autres. Un petit creux au creux de la journée ? Les Bocadillos (les sandwichs) sont énormes et sauront vous caler jusqu’à la tombée de la nuit.

 

DSCF4827

 

Incontournable, la Tortilla, est toujours prête pour vous offrir sa dose de protéine. Et si vous partez en montagne avec une bocadillo à la tortilla, il y a peu de chance que vous mourriez de faim, même en cas de mauvaise route.

 

 

DSCF6333

Les soirs de fêtes ou les matins classiques, vous pouvez opter pour les Churros, de préférence à prendre dans les Churreria où l’on fabrique devant vous ces beignets si caractéristiques de l’Espagne. Et tremper son churros tout frais, tout chaud, dans un bol de chocolat fondant, c’est l’un des péchés de gourmandise le plus répandu au pays de Cervantès. A se damner.

 

DSCF6887


Côté verre, ils se remplissent de Rioja, un vin rouge gorgé du soleil de sa province éponyme. Si la côte du nord n’est pas une région viticole, on retrouve des cépages de qualité en Galice, côté sud. La Ribeira Sacra est une appellation donnée à tous les vignobles qui suivent la rivière du Sil puis le fleuve Minho, frontière naturelle entre l’Espagne et le Portugal. L’albarino, donne d’excellents vins blancs qui savent se marier avec les produits de la mer. Le Mencia donne des rouges très fruités.
L’Estrella Galicia remplace avantageusement la classique San Miguel dans les bars du Nord. L’Orujo, une eau de vie de marc de raisin peut ponctuer la fin d’un bon repas. Le cidre, quant à lui, est « la » boisson phare de l’Espagne Atlantique et révèle les origines celtes de cette région.

Pour terminer, les fromages. Ils ne sont pas légion comme en France mais on découvre quelques spécialités non dénuées d’intérêts. Ils peuvent être de vaches – qui paissent sur les prairies du bord de mer, de chèvres ou de brebis – dans les régions montagneuses. Ils sont généralement à pâte filée, pasteurisé, et doux. En Galice, le plus caractéristique est la Tetilla en forme de tétine – ou de sein en poire - cousin de la Scarmoza italienne. Mais le plus singulier est le Cabrales, originaire des Picos de Europa qui ne peut pas laisser insensible – c’est le cas de le dire – les amateurs de fromages… qui en a.

DSCF7843

DSCF7851

Oui, bon, il y a Mc Do aussi....

 

DSCF7868

Publicité
<< < 1 2 3 > >>
Nos autres voyages
Retrouvez ici nos précédents voyages


Ex-Yougoslavie (2013) : WEGOSLAVIE

Albanie (2014) : L'Albanie en caravane

Publicité
Derniers commentaires
Visiteurs
Depuis la création 5 028
Publicité
Publicité