B Comme Baiona
En arrivant à Baoina, dans l’effervescence d’une cité balnéaire sous un ciel d’un bleu impeccable, je me suis d’abord demandé si cette mer de Galice que nous attendions tant allait nous désenchanter. D’autant plus que le camping village où nous avons frappé, idéalement placé au bord d’une plage au calme adriatique et à deux pas de la ville, affichait complet. Si les enfants ont été très déçus, ils ne pourront pas utiliser le grand toboggan de la piscine, nous avons plutôt été soulagés, surtout après avoir mis plus de trois quart d’heure à ressortir du parking bouchonné par les nouveaux arrivants. Nous voulions trouver une Galice sauvage, pas un ersatz de la Costa Brava.
C’est à 10km au sud de la ville, en direction du Portugal, que nous avons posé nos roues au O’Muiño, une belle adresse.
Baiona est une petite cité caractéristique de la Galice. Son centre ancien est fait de pierres de granit grises, massives. Les galeries boisées et vitrées qui ornent de nombreux bâtiments, sorte de bow-windows, viennent donner un peu de finesse à l’ensemble. Quelques églises compactes et des ruelles piétonnes montent à l’assaut d’une colline qui surplombe le port, lové dans une petite anse à l’abri de la grande houle.
Sur l’un des pontons est amarré la réplique de la Pinta, l’une des caravelles de Colomb. Le 4 mars 1493, Martin Pinzon, débarqua donc dans ce petit port de Galice avec à son bord trois pauvres indiens arrachés à leur destin, un perroquet et quelques découvertes du « nouveau monde » que l’Europe ne connaissait pas encore : coton, maïs, tabac. Autant de preuves de cette découverte qui allait modifier considérablement le cours de l’Histoire. Pour la modique somme de 2 euros, la caravelle se visite. Ce qui frappe, c’est la petitesse de l’embarcation. Elle semble comme écrasée par des bateaux de plaisance ou les ferrys qui partent en balade. C’est donc à bord de ces petits navires que des aventuriers ont réussi à bouleverser un monde qui semblait figé pour l’éternité.
S’avançant dans l’Océan, une petite presqu’île, le Monte Boi, abrite une très belle forteresse dont une partie est transformée en Parador, les grands hôtels de luxe espagnol. La Fortaleza de Monterreal permet d’effectuer une belle promenade tout au long de son chemin de ronde (3km). Elle offre de très jolis points de vue sur la ville, les Iles Cies qui se détachent sur la mer et l’Océan, majestueux spectacle en soi, surtout quand les vagues viennent se briser sur les rochers en contrebas. Sophie faisant une course, nous en faisons le tour avec les gosses et leurs trottinettes.
La région autour de Baiona est un territoire farouche. La côte est une frange de rochers battue par les vents et les vagues. Ici, pas de plages de sable. Plusieurs petits hameaux se succèdent jusqu’au Rio Miño qui sépare l’Espagne de son voisin portugais. L’un des plus remarquables est Arrabal-Oïa où se situe le monastère de Santa Maria de Oia qui domine des vénérables maisons de pierres grises et une cale de pêcheurs, comme une carte postale en noir et blanc.
La route côtière, de toute beauté, s’adosse à des collines touffues. Les pénétrer, c’est changer de monde en quelques virages. L’atmosphère se fait plus montagnarde malgré les altitudes modestes (600m). Les maisons se font rares. Les sommets s’aplanissent en différents plateaux dénudés où paissent des troupeaux de chevaux sauvages dans la bruyère. Si par chance, une légère brume venue de la mer envahit ces landes, c’est la sensation assurée de se retrouver catapulté dans un paysage mystérieux digne du « Chien des Baskerville ».



























































